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Chine : Wu Rongrong, la médiatique militante des "Feminist Five" qui a fait plier Pékin

Capture d'écran de la campagne "Free the Five".

Texte par Alcyone WEMAËRE

Dernière modification : 22/09/2017

Interdite de sortie du territoire pendant 10 ans, la militante féministe Wu Rongrong a finalement été autorisée par les autorités chinoises à aller étudier à Hong Kong.

Pékin a fait machine arrière : Wu Rongrong, 32 ans, pourra finalement se rendre dès dimanche à Hong Kong, territoire chinois semi-autonome, pour y suivre un master de droit.

Fin août, la jeune femme avait relayé sur le réseau social chinois Weibo des lettres de la police de sa province natale du Shan Xi, dans le nord-est de la Chine, lui signifiant une interdiction sans précédent selon les activistes : celle de quitter la Chine continentale durant les 10 prochaines années. "Je crois que leur refus de renouveler mes documents d’identité est un acte de répression pour cibler les féministes comme moi", expliquait-elle alors.

Pour motiver leur décision, les autorités avaient fait valoir qu’elle était la cible d’une enquête en cours. Wu Rongrong fait, en effet, partie des "Feminist Five", ce groupe de cinq militantes féministes arrêtées en mars 2015 alors qu’elles s'apprêtaient à distribuer dans les transports publics de Pékin de simples autocollants pour dire "Non au harcèlement sexuel" à l’occasion de la Journée de la femme. Placées en détention pour "provocation à la querelle" et "fomentation de troubles", les militantes avaient finalement été libérées au bout de plusieurs semaines, après une forte mobilisation internationale. L’ONG Amnesty international avait ainsi lancé une campagne "Free the Five" tandis que Hillary Clinton et Samantha Power, l’ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU de l’époque, mais aussi l’Union européenne avaient appelé à leur libération.

Mais les soutiens n’étaient pas seulement venus de l’étranger : un peu partout en Chine, des activistes s’étaient fait photographier avec des masques à l’effigie des "Feminist Five".

Malgré les freins à la liberté d’expression, ces dernières années, de jeunes militantes Chinoises, peu nombreuses mais déterminées, expriment dans la rue ou sur les réseaux sociaux leur colère contre les violences domestiques, qui touchent une Chinoise sur quatre selon les statistiques officielles, mais aussi le harcèlement dans les transports publics, les inégalités professionnelles ou encore, de manière plus potache, le manque de sanitaires pour femmes. Après la condamnation à mort prononcée en 2011 contre Li Yan, une femme battue ayant assassiné son mari, des féministes avaient ainsi manifesté à Pékin vêtues de robes de mariées maculées de rouge. Une mobilisation qui s’était révélée payante : en 2014, la cour suprême chinoise avait cassé la condamnation à mort de Li Yan.

"Le destin et la chance ont fait de moi une féministe", expliquait Wu Rongrong après son incarcération en 2015. Issue d’une famille pauvre d'un petit village de montagne et dans un environnement patriarcal, son engagement n’est pas étranger à sa propre histoire : "Ma quête d’éducation a été difficile non seulement pour des raisons économiques mais aussi parce que des gens soit disant bien intentionnés ont essayé de me dissuader de poursuivre mes études", disait-elle encore dans un long texte relayé sur le site militant, China change. "Trop de fois, j’ai vu des filles prometteuses de notre village contraintes d’abandonner leur études pour aller travailler et ainsi financer le cursus de leur frère", ajoutait celle qui dit avoir forcé sa nature timide pour porter ses convictions.

Sa première action militante remonte à 2009 : alors âgée de 24 ans, elle participe à une performance artistique en faveur de Deng Yujiao, une jeune femme travaillant dans un sauna qui avait tué d’un coup de couteau un officiel chinois qui la harcelait sexuellement. "Deng Yujiao pourrait être n’importe laquelle d’entre nous. (...) Cela m’a fait penser au harcèlement que moi et mes camarades avons vécu", explique-t-elle. Lors de son incarcération en 2015, les policiers l’interrogeront longuement sur cette prise de position remontant pourtant à plus de six ans. "Je ne suis pas une conspiratrice qui cherche à perturber l’ordre social, je veux juste attirer l’attention sur la tragédie des femmes face au harcèlement sexuel et appeler à des mesures publiques pour punir les auteurs", fait-elle valoir, toujours dans la même tribune.

La levée de l’interdiction faite à Wu Rongrong de quitter la Chine continentale durant les 10 prochaines années a été obtenue, selon les déclarations de l’intéressée au Financial Times, "grâce aux efforts d’avocats et grâce à des négociations". Le rétropédalage de Pékin constitue une victoire pour elle, et pour ses soutiens.

Première publication : 22/09/2017

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