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FRANCE

"Kung-fu cop" et voiture de police brûlée : lourdes réquisitions contre les "antifa"

© AFP | Des personnes attendent d'accéder à la salle d'audience lors du procès de la voiture de police incendiée, le 20 septembre 2017 à Paris.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 22/09/2017

De lourdes peines ont été requises vendredi contre les militants "antifascistes" jugés pour l'attaque d'une voiture de police à Paris le 18 mai 2016. Quatre ans de prison ferme ont notamment été requis contre Antonin Bernanos.

Des plots transformés en projectiles, des vitres brisées à coups de pied, une barre de fer brandie, un "Kung-fu cop", et un véhicule de police en feu : les images de l’attaque d’une voiture de police survenue en mai 2016 sur le quai de Valmy dans le 10e arrondissement de Paris en marge d’une manifestation ont été vues des milliers de fois sur la Toile. Près d’un an et demi après l’incident, neuf prévenus sont devant la justice.

Le Parquet a requis vendredi 22 septembre de lourdes peines dont quatre ans de prison ferme contre Antonin Bernanos. Le procureur a décrit cet étudiant en sociologie de 23 ans, arrière-petit-fils de l'écrivain Georges Bernanos, comme "très impliqué dans des actions antifascistes". Il a souligné qu'Antonin Bernanos "contestait farouchement" être celui qui, dans la vidéo virale, frappe un policier assis dans sa voiture et fracasse la lunette arrière avec un plot métallique.

La vidéo de l'attaque devenue virale

Un caleçon incriminant

Pour le Parquet, il y a un "faisceau" d'indices qui le désignent, allant de la couleur de son caleçon aux cernes sous ses yeux, en passant par la marque de ses chaussures. Pour le ministère public, le jeune homme, qui ne "se remet pas en cause", présente "clairement un risque de réitération". En 2013 déjà il avait été condamné pour des "violences aggravées".

Le Parquet a demandé pour les huit autres personnes poursuivies des peines graduées selon leur implication dans cet événement très médiatisé, intervenu alors que la contestation contre la loi Travail s’amplifiait.

>> À lire sur France 24 : Voiture de police incendiée : reprise du procès à Paris

Contre trois jeunes hommes, dont Angel Bernanos, frère cadet d'Antonin, ont été requis un an d'emprisonnement avec sursis pour le délit de "groupement formé en vue de commettre des violences", créé en 2009 à l'initiative de l'actuel maire LR de Nice, Christian Estrosi.

Les deux représentants du Parquet qui se partagent le réquisitoire ont ensuite demandé un an de prison ferme, aménageable, contre Thomas Richaud, qui a donné des coups de pied et de poing dans le véhicule.

Interdiction de manifester à Paris

Contre Kara Brault et Ari Rustenholz, qui ont frappé le véhicule à coups de plot métallique, respectivement deux et quatre ans de prison ferme ont été requis. Le Parquet a aussi demandé que Kara Brault, Américaine transgenre, soit interdite du territoire français pendant trois ans.

Le procureur a requis cinq ans de prison dont deux avec sursis contre Nicolas Fensch, qui a frappé un policier avec une barre métallique, ce qu'il a reconnu. Le représentant du ministère public, soulignant un "acte clair de contrition" de la part de cet informaticien à l'audience, et estimant qu'il n'y avait pas de "risque de réitération", a souligné qu'en prenant en compte l'année passée en détention provisoire, cette peine était aménageable.

Reactions réquisitoire par Maître Vey

Enfin le procureur a requis la peine la plus lourde, huit ans de prison ferme, contre Joachim Landwehr, Suisse rentré en France peu avant le 18 mai 2016 et ayant pris la fuite ensuite, qui ne s'est jamais présenté devant la justice française.

L’ensemble des prévenus fait également face à une interdiction de manifester pendant trois ans à Paris.

"Des réquisitions incroyablement excessives"

Prenant la parole en premier pour la défense, Me Henri Leclerc, ancien président de la Ligue des droits de l'Homme et avocat d'Angel Bernanos, a dénoncé des "réquisitions incroyablement excessives". Il s'en est pris au délit de "groupement", s'inscrivant selon lui dans la lignée des diverses "lois scélérates" venues nier la liberté d'expression au fil de l'histoire française.

Me Leclerc a également plaidé que "la République (était) par nature antifasciste." Puis l'avocat a lancé pour la défense de son client, qui avait cet âge au moment de son interpellation : "Si à 18 ans on ne rêve pas d'un monde plus juste, quand le fera-t-on ?"

Les plaidoiries doivent s'achever mercredi matin. Le tribunal donnera ensuite la date prévue pour sa décision, qui avait été initialement fixée au 29 septembre.

Avec AFP

Première publication : 22/09/2017

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