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Les Saintes pansent leurs plaies après Maria

© AFP/Archives / Par Cécile REMUSAT | Un arbre déraciné recouvre une maison dans le village de Viard-Petit Bourg près de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe le 19 septembre 2017 après le passage de l'ouragan Maria

TERRE-DE-BAS (FRANCE) (AFP) - 

"Ça a fait comme un tourbillon. Quand la toiture est partie, c?est à ce moment là qu'on est allé s'abriter sous le lit". Encore choquée par "le pire ouragan" qu?elle ait connu, Nadia fait visiter sa maison à Terre-de-Bas, dans l'archipel des Saintes, au sud de la Guadeloupe.

Pendant le passage de l'ouragan Maria, Nadia, 55 ans, et son mari sont restés "près de 5 heures" sous ce lit superposé, désormais couvert de bâches comme les autres meubles.

"Ça partait au fur et à mesure. On a entendu comme si les clous s'en allaient +clouc-clouc-clouc+ et ensuite on a entendu les tôles qui s?en allaient et après c?était le désastre, la pluie ( ...) jusqu?à 4h10 l?eau coulait, on avait froid, on était mouillé on grelottait", raconte-t-elle encore.

Un peu plus loin, les larmes aux yeux, Rosa, 45 ans, a du mal à parler: "c?était très difficile, même avant minuit, c?était très dur, très dur". Une autre habitante décrit "les sirènes" entendues toute la nuit pour décrire le sifflement incessant du vent.

Dans l?épicerie de sa femme, Teddy avance entre les rayons: "on a pratiquement tout perdu, tout ce qui est surgelé, frais". Et pour les conserves "il y a de l?eau qui est passée. Si c?est mouillé il faudra aussi jeter". Sa femme Maguy s?inquiète de la reprise tardive des liaisons maritimes pour la marchandise qui devait approvisionner le magasin.

"Je pense vraiment que les choses rentreront dans l?ordre assez vite (...) et il y aura le soutien aux entreprises et aux habitants qui ont tout perdu", l'a rassurée la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, en visite sur la petite île mercredi. "Ici c?est une double insularité voire une triple insularité", reconnaît Mme Girardin, qui a voulu leur dire qu?ils n?étaient pas oubliés.

La solidarité se met en place. Patricia a donné le contenu du congélateur de son commerce : "Au lieu de jeter on va distribuer à la population, les glaces, la viande aussi puisqu?il n?y a plus d?électricité".

Les cocotiers ressemblent maintenant à des saules pleureurs. Selon le maire, Emmanuel Duval, "il y a eu plus de 40 maisons dont les toitures sont parties, plus de 30 poteaux électriques et téléphoniques à plat, il y a beaucoup de dégâts".

Pour l'instant, la commune est toujours sans réseau téléphonique. Seul un téléphone satellite au poste de police permet de communiquer avec la Guadeloupe...

-Pas d'électricité-

Les 11 militaires de la sécurité civile, fraîchement arrivés s'activent sous le commandement du lieutenant Sylvain Cheval: "nous avons déjà réalisé plus de 10 km d'ouverture d?itinéraire et on commence le toit des personnes les plus démunies".

A Terre-de-Haut aussi l?ouragan a laissé des traces. La houle a fortement abîmé certaines maisons du littoral, deux bateaux se sont échoués, le port semble désert. "Les gens sont chez eux, ils font le nettoyage", explique un homme âgé, lui aussi affairé dans sa maison du bourg. "C?était très fort (...) Quand tu entendais les bruits c?était pas agréable", se souvient-il.

Valérie, agent de sécurisation de la voie publique, semble exténuée : "Dès le lendemain on s?est mis à l'?uvre pour déblayer les chemins, déblayer nos cours malgré la fatigue". Un agent technique de la mairie raconte "les rafales en continu, le vent soufflait, les arbres penchaient de droite à gauche".

Au fond d?une ruelle, le bruit assourdissant d?un groupe électrogène, derrière la mairie, brise le silence. Louis Molinié, maire de Terre-de-Haut, attend le retour de l?électricité: "On se bat, on travaille".

Dans son point de situation diffusé jeudi, la préfecture a indiqué que "les liaisons maritimes passagers ont repris à destination de toutes les îles", avec notamment "deux navires" à destination des Saintes. L?eau coule de nouveau dans les robinets depuis mercredi soir à Terre-de-Haut, alors qu?elle était toujours attendue à Terre-de-Bas.

Par Cécile REMUSAT

© 2017 AFP