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Afghanistan: des centres de soin fermés par les talibans

© AFP / Par Mamoon DURRANI | Since January more than 200 medical centres in Afghanistan have been forced to close, most temporarily, while 13 aid workers have been killed and over 150 injured

KANDAHAR (AFGHANISTAN) (AFP) - 

Le dispensaire local a été fermé par les talibans et Haji Fazel Ahmad, un fermier du sud de l'Afghanistan, a dû emmener son épouse malade à six heures de route de leur village. Mais l'hôpital le plus proche avait également fermé à cause du conflit qui prive les populations d'accès aux soins les plus élémentaires.

Depuis le mois de janvier, près de 200 cliniques et dispensaires ont dû fermer leurs portes, au moins temporairement. Treize personnels soignants ont été tués et plus de 150 blessés, témoignant de la violence croissante à l'encontre des civils, coincés entre les forces afghanes et les insurgés, talibans et autres groupes islamistes.

Récemment, de nombreux établissements ont baissé leur rideau sous pression des talibans dans la province méridionale de l'Uruzgan, une des plus pauvres du pays. Selon le ministère de la Santé, les insurgés en font un "moyen de pression" afin d'obtenir davantage de cliniques dans les zones qu'ils contrôlent pour y faire soigner leurs combattants.

"Nous étions à la clinique quand des hommes armés ont surgi, réclamant les clés et nous ordonnant de partir", rapporte à l'AFP Ehsanullah, un médecin installé aux abords de Tarinkot, la capitale provinciale.

Dans le district de Charchino où vivent Fazel Ahmad et sa femme, les talibans ont fait fermer des dispensaires.

"Il n'y avait plus aucun service ici, j'ai dû payer 2.500 afghanis (37 dollars) pour rejoindre Tarinkot mais hélas, ce n'était pas mieux là-bas", raconte-t-il à l'AFP.

Le fermier a dû emprunter encore plus d'argent pour louer une voiture et gagner Kandahar, la principale ville du sud afghan, dans la province voisine.

- Visés de toutes parts -

Depuis le retrait de la majorité des troupes étrangères fin 2014, les combats ont gagné l'ensemble des 34 provinces, faisant chaque année un nombre record de victimes civiles et mettant les structures sanitaires sous tension.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le nombre de centres de soins fermés en 2017 dépasse déjà les 189 enregistrés l'an dernier.

Les centres de soins et leur personnel ont été visés par toutes les parties au conflit, y compris les forces de l'Otan, qu'il s'agisse de priver l'ennemi de soins, de tuer les patients du camp adverse, ou d'établir ses positions et de s'y réfugier.

A Kunduz, dans le nord, les forces américaines avaient bombardé par erreur l'hôpital régional opéré par Médecins sans Frontières en octobre 2015, faisant 42 morts parmi les patients et le personnel.

En mars dernier, une attaque coordonnée contre le grand hôpital militaire de Kaboul, revendiquée par le groupe Etat islamique (EI), a fait des dizaines de morts dans les chambres et jusque dans les salles d'opération.

- 'Pire chaque année' -

"Avant 2015, la plupart des attaques se produisaient dans les zones traditionnelles de conflit comme Kandahar ou le Nangahar (est). Mais depuis deux ans, les atteintes aux centres médicaux et à leurs personnels touchent tout le pays", indique David Lai, coordinateur de l'OMS en Afghanistan.

Le problème est même plus vaste que ce que suggèrent les statistiques, car la plupart des sites visés ne rapportent même pas les attaques, estime l'organisation indépendante basée à New York "Watchlist on Children and Armed Conflict" dans un récent rapport.

Les personnels de santé sont fréquemment menacés, enlevés ou tués. Au début du mois, une kiné espagnole travaillant pour le Comité international de la Croix rouge (CICR) a été abattue par un patient en chaise roulante dans un centre de réhabilitation de Mazar-i-Sharif (nord).

Six membres de cette organisation avaient déjà été tués en février dans une embuscade, alors qu'ils circulaient en convoi dans la province septentrionale de Jowzjan: la pire attaque contre des personnels humanitaires, attribuée par la police à l'EI.

"Chaque année est pire que la précédente", affirme Thomas Glass, porte-parole du CICR à Kaboul, dont les activités ont été considérablement réduites en Afghanistan après ces drames.

L'OMS essaie de pallier les manques avec des cliniques mobiles, mais David Lai reconnait qu'elles sont loin de répondre aux besoins. Selon lui, deux millions de civils en ont pâti cette année.

Par Mamoon DURRANI

© 2017 AFP