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EUROPE

Bataille de communication sur le référendum : Catalogne 1- Madrid 0

© Pau Barrena, AFP | À Barcelone, 16 000 étudiants ont manifesté pour défendre le référendum sur l'indépendance de la Catalogne, le 28 septembre.

Texte par Ségolène ALLEMANDOU , envoyée spéciale à Barcelone.

Dernière modification : 30/09/2017

A la veille du référendum sur l’auto-détermination de la Catalogne, les indépendantistes ont, semble-t-il, déjà gagné la bataille de l’image. Face à une propagande catalane bien rodée, le gouvernement de Madrid a manqué de stratégie.

Jusqu’à la veille du référendum sur l’auto-détermination de la Catalogne, les séparatistes n’ont cessé d’occuper le terrain. Mobilisés samedi 30 septembre à la première heure dans les écoles de la région pour éviter que les locaux ne soient réquisitionnés par la police avant le vote, ils étaient aussi des dizaines de milliers rassemblés vendredi soir tard à Barcelone, dans le quartier de Montjuic, pour célébrer la fin de la campagne avec le président de la Catalogne, Carles Puigdemont.

Omniprésents dans les rues de Barcelone depuis que le parlement catalan a entériné, début septembre, la loi permettant la tenue du référendum, les indépendantistes ont su montrer leur sens de l’organisation. Lors de la fête nationale catalane le 11 septembre, réunissant 80 000 personnes, le gouvernement catalan avait attribué un numéro aux manifestants pour les répartir autour du carrefour du Passeig de Gracia et de la rue d’Arrago afin de former la croix du "si".

Depuis, les manifestations d’agriculteurs en tracteurs, de curés ou d’étudiants arborant fièrement leurs bannières sang font la une de la presse internationale. Outre ces rassemblements générateurs d’images choc attendues par les médias, les séparatistes ont réussi à séduire l’opinion publique avec des messages aussi simples qu’efficaces, comme "le vote n'est pas un crime" ou encore "démocratie".

"Une seule couleur politique visible dans la région"

Face à une machine de communication catalane bien huilée, "que fait le gouvernement de Mariano Rajoy ?", s’est interrogé le journaliste espagnol Casimiro Garcia-Abadillo, dans un édito daté du 25 septembre dans El Independiente. Le ministre des Affaires étrangères Alfonso Dastis a attendu la dernière semaine de campagne pour convoquer, à Madrid, les correspondants de la presse étrangère et leur expliquer la position du gouvernement dans le bras de fer qui l’oppose à la Generalitat, le gouvernement catalan. "Un effort vain", juge Casimiro Garcia-Abadillo "puisque la majorité d’entre eux sont déjà acquis à la cause des indépendantistes".

"Tous ont le numéro de portable de Raul Romeva [conseiller aux affaires extérieures de la Generalitat de Catalogne], qui reste en contact permanent avec la presse pour répondre à leurs questions ou gérer les interviews avec les membres du Parlement catalan", précise-t-il. Résultat : "Une seule couleur politique est visible dans la région", confirme Miriam Tey, vice-présidente de la Société civile catalane (SCC), organisation unioniste, alors que ceux-ci représentent plus de 50 % des Catalans.

Dans les faits, le gouvernement madrilène s’évertue à élaborer des stratégies juridiques complexes, à appeler le soutien des pays voisins et à organiser un dispositif de police imposant, en intervenant notamment dans le centre des technologies de l'information et de la communication du gouvernement catalan ou en appelant Google à bloquer une application dédiée au référendum. Le tout dans le seul but d’empêcher le vote de dimanche. "Mais il est difficile de toucher l’opinion publique ainsi quand les indépendantistes ont pris possession de la rue", constate Casimiro Garcia-Abadillo.

Titi, mascotte des séparatistes

La lutte s’est d’ailleurs également jouée cette semaine sur les réseaux sociaux avec Titi, le canari des studios Warner Bros. Peint sur l'un des navires hébergeant les officiers de la Guardia Civil dans le port de Barcelone, il a beaucoup amusé les internautes indépendantistes qui s’en sont saisi sur Twitter : "Le gouvernement donne un ultimatum à Puigdemont : s’il ne renonce pas au référendum, il laissera Grosminet manger Titi."

Le piaf est rapidement devenu la mascotte des séparatistes, au point d’embarrasser les autorités espagnoles qui ont donné l’ordre de le couvrir avec des bâches. De quoi encore plus alimenter les mots-clés #freeTweety ou #freepiolin (liberté pour Titi) qui ont connu un vif succès.

Le gouvernement ne s’est visiblement pas rendu compte que le conflit avec la Catalogne ne se résumait pas à un "problème juridique", mais à "une crise politique, donc aussi de communication", souligne Casimiro Garcia-Abadillo.

"Les médias ont fait le jeu de la Generalitat"

Sur ce point, la couverture des médias est jugée "partiale" par Miriam Tey, mais aussi par Arcadi Espada, éditorialiste pour El Mundo et auteur de "Contra Catalunya". "Les journalistes qui sont censés retranscrire l’émotion et apporter du contexte pour comprendre, n’ont pas fait leur travail jusqu’au bout, estime-t-il. Ils ont fait le jeu de la Generalitat sans prendre de recul".

Certains reporters locaux et étrangers ont toutefois dénoncé, samedi 30 septembre, les campagnes de "cyber-intimidation sur les réseaux sociaux et les pressions propagandistes du parlement catalan", par la voix de Reporters sans Frontières (RSF).

Il semblerait toutefois que le gouvernement ait pris bonne note de sa mauvaise stratégie. Un haut fonctionnaire a confié à Casimiro Garcia-Abadillo : "Nous faisons à notre façon. Rajoy aurait dû rencontrer plus tôt les directeurs des médias les plus importants pour leur faire voir que c'est une question d'État, qui se situe au-dessus des idéologies. Nous devons prendre des décisions difficiles et nous avons besoin de quelqu'un pour faire de la pédagogie." Si ce n’est pas trop tard…

Première publication : 30/09/2017

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