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EUROPE

Qu'est-il arrivé à Sophie Lionnet, la jeune fille au pair française assassinée à Londres ?

© Niklas Hallen, AFP | Une marche organisée à la mémoire de Sophie Lionnet, à Londres, le 11 octobre 2017.

Texte par Bahar MAKOOI

Dernière modification : 11/10/2017

Après l'arrestation fin septembre d'un couple de Français suspecté d'avoir assassiné Sophie Lionnet, une jeune fille au pair qu'ils employaient à Londres, des témoins racontent les maltraitances subies par la victime.

Elle a vécu l’enfer pendant dix-huit mois sans que personne ne lui vienne en aide. Sophie Lionnet, jeune fille au pair française à Londres, a fini par être assassinée. Depuis l’inculpation pour meurtre le 26 septembre de ses employeurs, un couple de Français ayant fait fortune au Royaume-Uni, les langues se délient. La famille de Sophie Lionnet découvre l’étendue des sévices subis par la jeune Française de 21 ans, qui rêvait d’apprendre l’anglais.

C'est le 20 septembre que le corps calciné de la jeune femme a été retrouvé dans le jardin de la propriété de ses patrons, Sabrina Kouider, 34 ans, et Ouissem Medouni, 40 ans, dans le quartier cossu de Wimbledon, au sud-ouest de la capitale britannique. Intrigués par une épaisse fumée en provenance de la propriété, les voisins ont fini par appeler la police. Dépêchée sur place, celle-ci a surpris le père de famille en train de brûler un corps. Quinze jours plus tard, Scotland Yard a pu confirmer qu’il s’agissait de Sophie Lionnet.

"Elle m'avait dit qu'elle était fatiguée, qu'elle voulait rentrer en France", raconte sa cousine Mélanie, venue à Londres pour participer à une marche silencieuse, organisée dimanche 8 octobre. Une manifestation durant laquelle d’autres jeunes filles au pair installées dans la capitale britannique sont venues rendre hommage à leur collègue assassinée. Mais aussi affirmer qu’elles ne sont pas des "esclaves". Car l’affaire a de fait mis en lumière les difficultés, entre isolement et exploitation, parfois rencontrées par ces jeunes, très souvent des femmes sans expérience, qui tentent l'aventure à l'étranger.

Un salaire de misère

Cloîtrée dans la riche propriété de ses employeurs, Sophie devait s’occuper de deux enfants âgés de 3 et de 6 ans, mais aussi préparer les repas et gérer les courses de la famille, le tout pour un salaire dérisoire de 56 euros par mois, qui ne lui a quasiment jamais été versé depuis son embauche en janvier 2016. "Elle nous disait que ses employeurs ne l'avaient pas encore rémunérée, qu'une fois qu'ils l'auraient fait, elle rentrerait. [...] À chaque fois, ils rajoutaient du temps, des excuses, et finalement ils ne l'ont pas laissée rentrer", explique sa cousine.

"Elle n'avait pas d'argent pour payer le retour, mais trouvait toujours des excuses à ses patrons qui avaient soi-disant des problèmes financiers", confie l’un de ses amis au Parisien. Son patron, Ouissem Medouni, travaille dans la finance à Londres, tandis que sa femme, Sabrina Kouider, se présente comme styliste et maquilleuse auprès des stars londoniennes. Un monde qui a pu séduire la jeune Sophie, dont le rêve était de travailler dans le milieu du cinéma. Sur Facebook, durant ses premiers mois de jeune fille au pair, celle-ci a posté plusieurs clichés la montrant en robe de soirée aux côtés de sa patronne et de célébrités. Par la suite, les statuts postés se sont fait plus rares, jusqu’à disparaitre en janvier 2017. Sophie, de plus en plus discrète sur les réseaux sociaux, a fini par couper les ponts avec nombre de ses connaissances.

Début août, une amie lui prête de l’argent pour s’acheter un billet vers la France mais elle n’effectuera jamais le voyage. Sa patronne appelle la mère de Sophie pour lui dire qu’"elle rentrera un peu plus tard". La famille Lionnet est restée sans nouvelle après ce dernier échange.

Des maltraitances passées sous silence

Pire encore, un restaurateur du voisinage confie au quotidien The Times, que la jeune française semblait sous-alimentée. "Elle venait ici presque tous les jours en larmes et je lui donnais à manger et à boire. Elle était très mince." D’autres témoignages recueillis a posteriori par les médias anglais laissent penser que Sophie subissait des violences physiques. "Une amie intime de Sabrina [l’employeur de Sophie] m’a raconté qu’elle l’a vue plusieurs fois en pleurs, avec des bleus", explique une voisine au journal L'Union. "Elle a assisté à une scène… pire que pour des animaux ! Sophie était dans un coin, par terre, en train de manger un bol de riz blanc [...]. Sabrina est arrivée, lui a crié dessus, lui a tiré les cheveux. Elle était maltraitée. Sophie ne s’est jamais défendue et Sabrina avait la passion de la frapper" ajoute la voisine, dont le témoignage n’a pas encore été vérifié par les enquêteurs.

Aujourd'hui, la mère de Sophie Lionnet, avec qui elle avait très peu de contact, se demande pourquoi ces témoins n'ont pas prévenu la police. D’après Franceinfo, elle compte porter plainte pour non-assistance à personne en danger.

Lors de son interrogatoire, Sabrina Kouider a clamé son innocence. Son mari, Ouissem Medouni, lui, a gardé le silence, ne manifestant aucune émotion. Leur procès doit se tenir en mars 2018 au Royaume-Uni.

Avec AFP

Première publication : 11/10/2017

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