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#balancetonporc : après l'affaire Weinstein, les témoignages de harcèlement déferlent sur Twitter

© Geoffrey Van der Hasselt, AFP | Une manifestante porte une pancarte "Les droits des femmes sont les droits humains", lors d'une manifestation à Paris, le 13 juillet 2017.

Vidéo par Laure MANENT

Texte par Sarah LEDUC

Dernière modification : 16/10/2017

Lancé après l'affaire Weinstein, le hashtag #balancetonporc est devenu viral sur le Twitter français en quelques heures. Incitant les femmes à dénoncer ceux qui les ont harcelées, il leur offre une tribune tout en posant la question de la délation.

Au départ, c'est un simple hashtag, comme des milliers en sont créés chaque jour. Mais en quelques heures, #balancetonporc devient viral. Sandra Muller, journaliste à la Lettre de l'Audiovisuel, a donné le coup d’envoi, vendredi 13 octobre au soir, en invitant toutes celles et ceux ayant subi une forme de harcèlement sexuel à le dénoncer sur le réseau social Twitter. Elle donne l’exemple dans la foulée, une remarque que lui avait faite un ancien patron de chaîne : "Tu as de beaux seins, tu es mon type de femme, je vais te faire jouir toute la nuit".

L'initiative n'est pas isolée mais est lancée en pleine affaire Weinstein – ce producteur hollywoodien accusé de viol et harcèlement sexuel par des dizaines d'actrices en France et aux États-Unis. Outre-Atlantique, les Américaines ont d’ailleurs appelé à briser le silence avec le hashtag #myharveyweinstein puis avec #metoo, un mot-clé lancé dimanche par Alyssa Milano. "Si vous avez été harcelée ou agressée sexuellement, écrivez 'moi aussi' en réponse à ce tweet", a tweeté l'actrice américaine pour tenter de démontrer l'ampleur du phénomène.

#metoo fait le buzz aux États-Unis, tandis que #balancetonporc déclenche une avalanche de tweets en France. Les témoignages déferlent, notamment dans le milieu des médias.

Des journalistes mettent en cause des grands patrons de télévision ou de radio, des rédacteurs en chef, des présentateurs. Mais elles ne sont pas les seules. Sous le hashtag #balancetonporc, des femmes de tous milieux dénoncent des éditeurs, des profs, des parents, des collègues ou juste des quidams dans la rue.

À regarder tomber les tweets comme une pluie sans fin, le harcèlement semble être partout, tout le temps. Mais #balancetonporc brasse large. On y trouve de tout : des dénonciations de harcèlement sexuel, d’agressions verbales ou physiques, de tentatives de viol. Beaucoup racontent aussi les attouchements dans les transports, les injures dans la rue, ou les marques quotidiennes de sexisme dont les femmes peuvent faire les frais. Difficile de faire le tri entre l’illégal et l’indécent, entre le préjudiciable et le sexisme.

Christophe GINISTY, fondateur d’Agorep, étude d’opinion sur les réseaux sociaux

Appel à la délation ?

Ces dénonciations génèrent en retour des manifestations de solidarité masculine, mais aussi des réactions haineuses, sous le hashtag inversé #balancetatruie. Le choix du mot-clé lui-même fait couler de l’encre, car #balancetonporc, comme son nom l’indique, est un appel à "balancer", soit à dénoncer.

Sandra Muller, l’initiatrice du hashtag, s’en est expliqué lundi matin sur Europe 1 : "Il n'y a pas de risque de délation. Sinon, ça risque de tomber sur le dos de la personne. Il y a très peu de réactions négatives sur Twitter. On ne voit pas beaucoup de noms. Les gens qui agissent sont assez responsables et agissent avec du bon sens", développe-t-elle. Le but, selon elle, n'est pas de faire de la délation, mais bien de faire prendre conscience de ce phénomène de grande ampleur.

La majorité des femmes a en effet préféré ne pas nommer ceux qu'elles accusent. Mais des noms tombent quand même sur le réseau social, au risque de diffamations et de dénonciations calomnieuses, des faits punis par la loi. En France, un individu est innoncent tant qu'il n'est pas prouvé coupable.

Il n’en reste pas moins que le succès de #myharveyweinstein, #metoo ou #balancetonporc témoigne d’un grand besoin de parler, de partager ses expériences. Ces hashtags mettent en lumière un dysfonctionnement sociétal. Pour rappel, en France, une femme sur cinq dit avoir été confrontée au harcèlement sexuel au cours de sa vie professionnelle tandis que 100 % des utilisatrices de transport en commun disent avoir subi du harcèlement au moins une fois dans leur vie.

 

Première publication : 16/10/2017

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