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Chine: Coup d'envoi du congrès du PC, nouveau sacre en vue pour Xi Jinping

© AFP / Par Patrick BAERT | Le président chinois Xi Jinping lors de son discours pour l'ouverture du XIXe congrès du Parti communiste chinois, le 18 octobre 2017 à Pekin

PÉKIN (AFP) - 

Le Parti communiste chinois (PCC) a donné mercredi le coup d'envoi de son XIXe congrès, grand-messe quinquennale qui offrira un nouveau sacre à Xi Jinping, devenu le dirigeant le plus puissant du pays depuis au moins deux décennies.

Presque tous en costume sombre, les quelque 2.300 délégués du "plus grand parti du monde" (89 millions de membres) se sont installés studieusement dans le cadre ultra-sécurisé du Palais du peuple à Pékin, afin d'entendre le discours d'ouverture du président chinois.

Matchs de foot interdits, boîtes de nuit fermées, police omniprésente: la capitale est sous haute surveillance pour assurer un déroulement sans accroc du grand rendez-vous quinquennal du pouvoir chinois.

Sous les acclamations, Xi Jinping, souriant, a fait son entrée dans l'immense salle du congrès entouré de ses deux prédécesseurs, les anciens présidents Jiang Zemin et Hu Jintao, donnant une image d'unité à la direction du pays.

M. Xi doit présenter le bilan de ses cinq premières années en tant que secrétaire général du PCC. Le congrès, qui s'achèvera le 24 octobre, devrait lui donner sans coup férir un nouveau mandat de cinq ans à la tête du pays le plus peuplé du monde, voire lui permettre d'envisager un règne encore plus long.

La limite d'âge de 68 ans imposée aux membres du bureau politique, l'instance de 25 membres qui dirige la Chine, pourrait en effet disparaître à point nommé pour Xi Jinping, qui aura 69 ans lors du prochain congrès en 2022.

- Beaucoup d'inimitiés -

Xi Jinping "cherche à se poutiniser" en restant au pouvoir indéfiniment, observe le sinologue Jean-Pierre Cabestan, de l'Université baptiste de Hong Kong en référence au président russe Vladimir Poutine, avec qui le numéro un chinois semble partager une certaine nostalgie de l'ère soviétique et une défiance de l'Occident, servie par l'essor économique phénoménal de son pays.

Depuis son arrivée au pouvoir fin 2012, Xi Jinping a placé des fidèles aux postes-clés, aidé par une campagne anti-corruption qui a sanctionné plus de 1,3 million de cadres. S'il n'est pas revenu sur le passage à "l'économie de marché socialiste", son pouvoir s'est accompagné d'un retour de l'idéologie marxiste et d'une répression tous azimuts sur l'internet, les avocats des droits de l'homme, les dissidents ou les croyants.

"Cela ne plaît pas à tout le monde en Chine. Il y a des gens qui sont contre l'idée qu'il reste plus de 10 ans", relève M. Cabestan, qui estime que "le retour à la maoïsation suscite la perplexité dans le pays".

En luttant contre la corruption, frappant jusqu'au sommet de l'armée et au sein du bureau politique, Xi Jinping "s'en est pris à des intérêts acquis", observe le sinologue. "Tout ça lui attire beaucoup d'inimitiés. Il a pris des risques qu'il a réussi à braver jusqu'à présent".

- Xi sacré ? -

Lors d'une conférence de presse à la veille de l'ouverture du congrès, le porte-parole Tuo Zhen a annoncé la poursuite de la lutte contre la corruption, et assuré que les réformes économiques seraient poursuivies "jusqu'au bout". Il a précisé que le congrès étudierait l'ébauche d'un plan de réforme politique -- mais qui ne copiera pas les modèles occidentaux.

Signe de l'influence de Xi Jinping, son nom pourrait faire son entrée dans la charte du parti, un honneur réservé jusqu'à présent à Mao Tsé-toung, le fondateur de la République populaire, et à Deng Xiaoping, l'artisan des réformes qui ont propulsé la Chine au rang de deuxième puissance économique mondiale.

Dans les cinq années qui viennent, "l'autorité de Xi au sein du parti devrait pouvoir atteindre un niveau extrêmement élevé", prévoit le politologue chinois Chen Daoyin.

"S'il n'y a pas de gros problème économique, la société restera stable", prévoit-il. "Avec le renforcement de la gestion et du contrôle sociaux, cela garantit que la situation politique restera stable".

Par Patrick BAERT

© 2017 AFP