Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Allemagne : le crépuscule d'Angela Merkel ?

En savoir plus

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

Zimbabwe : Robert Mugabe lâché par son parti

En savoir plus

LE DÉBAT

Allemagne : Est-ce la fin du règne de l'indéboulonnable Merkel ? (Partie 2)

En savoir plus

LE DÉBAT

Allemagne : Est-ce la fin du règne de l'indéboulonnable Merkel ? (Partie 1)

En savoir plus

FOCUS

Mauritanie : le typha, catastrophe écologique, se transforme en petit miracle

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Valérie Ekoumé, la nouvelle pop africaine

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Mugabe veut mourir sur scène"

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCO

Agences européennes cherchent adresse

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Angela Merkel, le camouflet"

En savoir plus

Un discours long comme le Yangtsé pour les délégués du PC chinois

© AFP / Par Becky Davis, Joanna CHIU | Une représentante des minorités ethniques au milieu des autres délégués écoutent le discours du président chinois Xi Jinping à l'ouverture du Congrès du Parti communiste chinois, le 18 octobre 2017 au Palais du Peuple à Pékin

PÉKIN (AFP) - 

Militaires, ex-présidents ou représentants des minorités ethniques en costumes chamarrés: quelque 2.300 délégués du Parti communiste chinois (PCC) ont écouté religieusement mercredi le discours-fleuve du président Xi Jinping, abondamment médiatisé dans le pays.

"Ciel, trois heures et demie, quel boulot!", a commenté, non sans une certaine ironie, un internaute sur la plateforme chinoise de microblogs Weibo, alors que s'achevait le discours du président Xi ouvrant le 19e congrès quinquennal du parti au pouvoir.

Soigneusement orchestrée sous les ors du Palais du peuple à Pékin, cette très longue intervention prononcée debout a été marquée par des applaudissements nourris et réguliers, mais aussi par le bruissement des feuilles du discours, que tournaient de façon synchrone les membres de l'assemblée.

Au premier rang, l'ancien président Jiang Zemin, 91 ans, a particulièrement attiré l'attention: équipé d'une large loupe, il scrutait les lignes du texte. Quasiment ignorée par les médias officiels, sa frêle présence était au contraire largement commentée sur internet, quelques mois après d'insistantes rumeurs faisant état de son décès.

Des informations qui s'avèrent donc très exagérées: "Il est plus jeune que jamais!", s'est exclamé un usager de Weibo. "Je serais curieux de connaître son secret de longévité", abondait un autre.

Au pouvoir entre 1993 et 2002, avant de laisser la main à son protégé Hu Jintao, Jiang Zemin a vu son influence dans l'appareil du Parti s'essouffler sous Xi Jinping, à mesure que ce dernier renforçait son autorité et installait un quasi-culte de la personnalité.

Son discours à l'ouverture du congrès, à l'issue duquel il doit obtenir un nouveau mandat de cinq ans à la tête du Parti, a été diffusé en direct par les grandes chaînes de télévision et fait l'objet d'un large battage par la propagande.

Les médias d'Etat ont diffusé des clichés montrant des publics variés, aux quatre coins de la Chine, suspendus au discours du secrétaire-général du PCC: groupes de minorités ethniques dans de lointaines campagnes; bonzes dans leur réfectoire; et même de tout jeunes écoliers assis sagement devant l'écran...

Quelques heures après la fin de l'allocution, le mot-dièse #19eCongrès cumulait déjà... 1,19 milliard de vues sur la plateforme Weibo --mais sans qu'on sache combien de messages non conformes à la ligne officielle étaient passés sous les ciseaux de la censure.

- 'Quelle jolie robe!' -

A rebours du "ciel bleu", objectif de la lutte anti-pollution vantée par Xi Jinping dans son discours, Pékin disparaissait mercredi sous une pluie battante et une âcre pollution atmosphérique, malgré la fermeture des usines autour de la capitale.

A la sortie du monumental Palais du Peuple, sur la place Tiananmen, les délégués esquivaient pour la plupart les questions des journalistes. Parmi eux, très peu de femmes. Au milieu des costumes sombres, les costumes de quelques représentants des minorités ethniques apportaient une rare note de couleur.

"Quelle jolie robe! Ah, que vous êtes jolie!", s'est exclamé, tout sourire, un délégué masculin devant une autre déléguée du Congrès, issue de la minorité Yao dans la province du Hunan (centre).

"Le discours était extrêmement bon! L'essentiel, c'est cette idée de 'nouvelle ère', que tout le monde va mieux s'en tirer avec le temps", résume à grands traits un délégué du Henan (centre) auprès de l'AFP, tout en se refusant à révéler son nom. Pour lui, c'est certain: "la pensée de Xi doit être incluse dans les statuts du Parti".

Un amendement en ce sens pourrait être adopté lors du congrès, sans certitude que son nom soit mentionné en tant que tel. Seuls le fondateur de la République populaire, Mao Tsé-toung, et le père des réformes, Deng Xiaoping, avaient eu le droit à ce privilège.

Par Becky Davis, Joanna CHIU

© 2017 AFP