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Combattue par Coca et Pepsi, la taxe sodas essuie un gros revers aux Etats-Unis

© GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives / Par Luc OLINGA | Combattue par Coca et Pepsi, la taxe sodas essuie un gros revers aux Etats-Unis

NEW YORK (AFP) - 

La lutte contre l'obésité et les maladies cardiovasculaires aux Etats-Unis vient de connaitre un sérieux revers avec la décision d'une collectivité locale près de Chicago (nord) d'annuler une taxe sur les boissons sucrées.

Le 11 octobre, le comté de Cook, qui comprend la ville de Chicago, a annulé une taxe soda en place seulement depuis deux mois, portant un rude coup à cet outil préconisé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour combattre l'obésité et les maladies cardiovasculaires qui affectent de façon disproportionnée les milieux défavorisés aux Etats-Unis, en particulier les Noirs et les Latinos.

"C'est un revers qui va clairement inciter certains comtés qui examinaient ou envisageaient des taxes sodas à réfléchir par deux ou trois fois", accuse le coup Jim O'Hara de l'ONG Center for Science in the Public Interest.

"C'est un pas en arrière dans le combat pour encourager les populations à réduire la consommation de boissons sucrées", renchérit l'American Heart association. "Nous allons continuer à nous battre", affirme toutefois sa présidente Nancy Brown.

Soutenue par l'ancien maire de New York Michael Bloomberg, qui a dépensé des millions de dollars en spots publicitaires, l'American Heart Association a jeté toutes ses forces pour le maintien de cette taxe, consciente que l'issue de la bataille aura des répercussions au-delà de cette seule région.

- Changement de culture -

Les ventes de sodas sont tombées en 2016 aux Etats-Unis à leur plus bas niveau en 30 ans. Les géants du secteur Coca-Cola et PepsiCo accusent une baisse de leurs ventes, le chiffre d'affaires du premier ayant même plongé de 16% au deuxième trimestre.

Environ 20% des filles américaines sont obèses et plus de 23% des garçons le sont, selon une récente étude de l'OMS.

De nombreuses villes comme Boulder dans le Colorado, San Francisco, Oakland, Albany, Berkeley (Californie) et Seattle (Etat de Washington) ont adopté une taxe soda.

Jim O'Hara préconise de "continuer à expliquer clairement à quel usage sont destinés les fonds levés par la taxe".

Après avoir été prise de court par le succès des pro-taxes, l'industrie des boissons gazeuses s'est remobilisée et a lancé la riposte sur deux fronts.

D'un côté, elle finance à coup de millions de dollars des associations de commerçants locaux, notamment les supérettes, opposées à la taxe, et, de l'autre, apporte des contributions financières aux campagnes des élus.

Résultat, après la Virginie Occidentale et le Michigan, la ville de Santa Fe au Nouveau Mexique a refusé d'adopter la taxe sur les sodas.

"Les gens commencent à réaliser que cette taxe est une mauvaise idée car elle va à l'encontre des intérêts des classes ouvrières", défend William Dermody, porte-parole de l'American Beverage Association, qui comprend notamment Coca-Cola et Pepsico.

- 'Can The Tax' -

A Cook County, le lobby, via l'association Can The Tax Coalition (un jeu de mot sur "can" qui veut dire à la fois interdire et cannette), a basé sa campagne sur le leitmotiv que les élus locaux pro-taxe étaient déconnectés du quotidien des "petites gens".

"J'ai du mal à joindre les deux bouts (...) Je ne peux pas supporter une taxe supplémentaire. Ce serait simplement le coup de grâce", témoigne Detrice, une afro-américaine, dans un spot du groupe de pression.

Dans son quartier, la taxe soda, qui touche également les boissons "light" utilisant des édulcorants, a entraîné une hausse de 60% des prix des sodas, affirme l'American Beverage Association.

La bataille se déplace désormais à Philadelphie (Pennsylvanie, est) où les géants des sodas espèrent user des mêmes recettes -- pertes potentielles des emplois, hausse du coût de la vie pour les plus pauvres -- pour faire abroger une taxe soda mise en place depuis janvier.

En face, l'American Heart Association va mettre en avant que les fonds récoltés par la taxe ont permis de financer l'expansion des maternelles (Pre-K), un point important selon le nutritionniste Keith Ayoob, qui prône, lui, "un changement de culture".

"Il faut encourager et motiver les consommateurs pour qu'ils effectuent de bons choix diététiques et moins se focaliser sur la législation", recommande ce professeur émérite en pédiatrie à l'Albert Einstein College of Medicine à New York.

Sur ce terrain, les militants pro-taxes ont déjà obtenu d'importantes avancées car les géants des boissons non-alcoolisées ont accru leurs investissements dans les boissons avec de faibles taux de calories. Coca vend ainsi depuis cet été aux Etats-Unis sa boisson "Coke Zero Sugar".

"Les préférences et les besoins des consommateurs ont changé", reconnaît William Dermody.

Par Luc OLINGA

© 2017 AFP