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EUROPE

Andrej Babis, milliardaire, magnat des médias, bientôt Premier ministre tchèque

© Michal Cizek, AFP | Le milliardaire tchèque Andrej Babis au siège de son parti, l'ANO, le 21 octobre 2017 à Prague.

Texte par Rémi CARLIER

Dernière modification : 22/10/2017

En dépit de soupçons de fraude aux fonds européens, le milliardaire tchèque Andrej Babis, deuxième fortune du pays, a remporté une large victoire aux législatives de vendredi et samedi, avec un discours anticorruption et eurosceptique.

Donald Trump aux États-Unis, Khaltmaa Battulga en Mongolie, et maintenant Andrej Babis en République tchèque. 2017 a vu fleurir le nombre d’hommes d'affaires à la tête de gouvernements. Magnat de l’agroalimentaire et des médias, deuxième fortune du pays, le milliardaire tchèque a fait une percée aux législatives de samedi 21 octobre, en arrivant nettement en tête avec 29,6 % des voix. Sa campagne contre l'approfondissement de l'intégration européenne et contre l'adoption de l'euro, couplée à ses promesses d’une politique plus "propre" dans le pays, a payé. Le président tchèque Milos Zeman a annoncé dimanche son intention de le nommer au poste de Premier ministre.

Surnommé "le Trump tchèque" par les médias du pays, Andrej Babis, 63 ans, est avant tout un homme de pouvoir. Ex-communiste qui aime distribuer des beignets à ses supporters, il a bâti sa fortune avec son entreprise Agrofert, un groupe de plus de 200 entreprises opérant dans l'agroalimentaire et la pétrochimie, et aujourd’hui le premier employeur du pays. Le magnat a accumulé, selon Forbes, une fortune de 4,1 milliards de dollars, dépassant celle de Donald Trump (3,1 milliards de dollars).

"Berlusconi tchèque"

Né le 2 septembre 1954 à Bratislava, Andrej Babis fréquente, grâce à son père diplomate, l'école primaire à Paris et secondaire à Genève. Ce francophone, diplômé d'économie, se lance dans le commerce extérieur. Il franchit alors régulièrement le Rideau de fer avant la chute du régime totalitaire en 1989.

Représentant commercial de la Tchécoslovaquie au Maroc de 1985 à 1991, il y retourne au moment de la partition de 1992, et choisit la République tchèque comme patrie. Il y bâtit son groupe, Agrofert, avant d'être attiré par la politique.

Dès 2011, il lance son mouvement de centre-droit ANO, qui signifie "oui" en tchèque, mais aussi "Association des citoyens mécontents". Un an plus tard, il investit dans les médias et récupère le groupe Mafra, qui édite certains des journaux les plus lus du pays. Le "Trump tchèque" a plutôt les allures d’un "Berlusconi tchèque". Mais lui préfère se référer au milliardaire américain Warren Buffet, arguant qu’il n’a "jamais fait faillite", "ne coopère pas avec la mafia" et "ne se livre pas à des aventures sexuelles".

>> À lire : "Législatives en République tchèque : large victoire pour le milliardaire Andrej Babis"

Soupçons de transactions douteuses

Depuis que les législatives de 2013 ont fait d'ANO la deuxième force politique du pays, Andrej Babis, dont la lutte contre la corruption est pourtant un cheval de bataille, est accusé d'affaires et de transactions financières douteuses. Ministre des Finances à partir de janvier 2014, il est limogé trois ans plus tard après un conflit avec le Premier ministre social-démocrate Bohuslav Sobotka, ce dernier voyant d'un mauvais œil ses possibles fraudes fiscales et conflits d'intérêt.

Andrej Babis fait aussi l'objet d'une inculpation de fraude aux fonds européens d'un montant de 2 millions d'euros, destinés à financer la construction en 2007 de sa ferme "Nid de Cigogne", avec un complexe hôtelier. Enfin, la Cour constitutionnelle slovaque a fait ressurgir les soupçons de sa collaboration d'avant 1989 avec la police secrète communiste StB. "Il n'y a aucune preuve, je n'ai rien signé, je n'ai pas collaboré avec la police secrète", répète-t-il depuis. L'accusation doit faire l'objet d'une nouvelle instruction. Selon le milliardaire, toutes ces affaires ne visent qu'à torpiller la popularité d'ANO.

Avec les 78 sièges sur 200 qu'ANO a obtenus à la chambre basse, le nouveau Premier ministre devra former un gouvernement de coalition. Cependant cette tâche pourrait s'avérer difficile, huit autres partis entrant au Parlement, dont certains, comme les sociaux-démocrates et chrétiens-démocrates refusent de cohabiter avec quelqu'un qui fait l'objet d'une procédure judiciaire.

Avec AFP

Première publication : 22/10/2017

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