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FRANCE

Les féministes poings levés contre la rétrospective Polanski à la Cinémathèque de Paris

© GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP | Rassemblement devant la cinémathèque de Paris contre le réalisateur Roman Polanski.

Texte par Sarah LEDUC

Dernière modification : 31/10/2017

Une centaine de personnes ont manifesté lundi soir devant la Cinémathèque de Paris pour protester contre la rétrospective consacrée au cinéaste franco-polonais Roman Polanski, accusé par plusieurs femmes de viols et d'agressions sexuelles.

On ne peut pas dire que la Cinémathèque française ait bien choisi son moment. En pleine affaire Weinstein et alors que les hashtags #balancetonporc et #metoo font encore pleuvoir des milliers de tweets chaque jour pour dénoncer le harcèlement sexuel dont les femmes sont victimes, l’institution phare du cinéma français a programmé une rétrospective de l'œuvre de Roman Polanski, cinéaste  franco-polonais accusé de viol par cinq femmes.

Inaugurée lundi 30 octobre à Paris, l'exposition a attiré les foudres des féministes françaises. "Apprécier un artiste ne signifie pas taire ses crimes", lance une femme devant la Cinémathèque. Le public, trié sur le volet, qui venait assister en tenue de soirée à la projection du dernier Polanski, "D'après une histoire vraie", a dû faire la queue sous la protection de la police et au son des slogans féministes. Une petite centaine de personnes s’étaient donné rendez-vous dans le XIIe arrondissement de Paris pour dénoncer une "provocation sexiste de plus".

Intervention des Femen

“Stop agresseur”, “Si violer est un art, donnez à Polanski tous les Cesars”, “Femmes dans la rue, le patriarcat se pisse dessus”, pouvait-on lire sur les pancartes tenues à bout de bras par une assemblée, majoritairement féminine et issues de différents mouvements féministes tels que “La Barbe”, “Osez le féminisme” ou les Femen. Résolument pacifiste, une groupe entame en chœur l'hymne du Mouvement de la libération des femmes (MLF), groupe militant qui revendiquait dans les années 1970 le droits des femmes à revendiquer la liberté de leur corps.

Deux militantes Femen sont intervenues à l'intérieur de bâtiment. "Pas d'honneur pour les violeurs" ont scandé les féministes aux seins nus au passage de Roman Polanski. Les deux femmes, portant dans le dos l'inscription "Very Important Pedocriminal", ont été rapidement évacuées de l'entrée de la Cinémathèque et ont continué à manifester à l'extérieur du bâtiment.

Les manifestants ont plusieurs fois réclamé que le cinéaste soit extradé vers les États-Unis pour y être jugé. “C'est important que certaines personnes viennent crier leur révolte face à Roman Polanski après tant d'années pour rappeler qu'on n'oublie pas les victimes, qu'on n'oublie pas non plus qu'il est un agresseur et qu'on continuera à combattre l'impunité dont il bénéficie jusqu'alors”, explique à France 24 Raphaëlle Remy-Leleu, porte-parole d'Osez le féminisme.

“Censure pure et simple”

Malgré une pétition lancée le 25 octobre sur Change.org et signée par près de 28 000 personnes pour demander l'annulation de l'événement, la Cinémathèque française n'a pas cédé et elle a défendu son choix de programmation jusqu'au bout. "Fidèle à ses valeurs et à sa tradition d'indépendance, la Cinémathèque n'entend se substituer à aucune justice", a informé l'institution présidée par le réalisateur Costa-Gavras, dénonçant une demande de "censure pure et simple".

Face à l’ampleur de la manifestation, la ministre française de la Culture s’était également sentie obligée de défendre l'œuvre du réalisateur multirécompensé de "Rosemary's Baby" et du "Pianiste". "La rétrospective Polanski est prévue depuis très longtemps", a dit vendredi Françoise Nyssen. "Il s'agit d'une œuvre, il ne s'agit pas d'un homme, je n'ai pas à condamner une œuvre", a-t-elle affirmé.

Une distinction qui n'a pas lieu d'être, selon les manifestantes féministes. Pour toute réponse, Claire Camille, militante de 31 ans, brandit une pancarte affichant : “On ne dit pas d'un boulanger : il viole quelques enfants derrière son fournil, mais il fait de bonnes baguettes.”

Cinq femmes accusent

Le cinéaste a été inculpé en 1977 aux États-Unis pour le viol d'une adolescente de 13 ans, Samantha Gailey. Alors âgé de 43 ans, Polanski avait reconnu avoir eu des relations sexuelles illégales avec une mineure. Le juge avait accepté de ne pas retenir d'autres incriminations, dont le viol. Après avoir passé 42 jours en prison, Roman Polanski s'était enfui des États-Unis en janvier 1978, redoutant d'être lourdement condamné, contrairement à un accord à l'amiable.

Depuis, et dans le sillage de l’affaire Weinstein, plusieurs femmes sont sorties de l’ombre. Charlotte Lewis, Renate Langer, et plus récemment Marianne Barnard, ont révélé avoir subi des agressions sexuelles de la part du réalisateur. La dernière en date, Marianne Bernard, a raconté avoir été agressée à l'âge de 10 ans, en 1975. L'avocat du cinéaste a estimé que ces accusations étaient "sans fondement".

Première publication : 30/10/2017

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