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Campagne américaine : les comptes russes ont inondé les réseaux sociaux

© AFP | Selon le renseignement américain, Moscou a payé des groupes de "trolls" pour diffuser des messages néfastes pour Hillary Clinton et favorables à Donald Trump.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 31/10/2017

Alors que des représentants de Facebook, Google et Twitter doivent témoigner mardi devant des commissions parlementaires, il s'avère que les tentatives d'interférence russe sur Internet durant la campagne américaine ont été plus nombreuses qu'estimé.

Les tentatives de manipulation politique par des intérêts liés à Moscou sur les réseaux sociaux pendant la campagne présidentielle de 2016 aux États-Unis ont été beaucoup plus vastes qu'initialement estimé.

Facebook, Twitter et Google sont dans la ligne de mire du Congrès américain, qui enquête sur une possible ingérence russe dans la campagne qui a mené à la victoire de Donald Trump et qui considère que les réseaux sociaux ont servi de plateformes pour de la propagande venue du Kremlin. Plusieurs commissions parlementaires doivent auditionner des représentants de ces trois entreprises mardi et mercredi.

Facebook avait indiqué, début octobre, qu'environ "10 millions de personnes aux États-Unis" avaient visionné des contenus sponsorisés ("ads") financés par près de 500 comptes activés depuis la Russie et qui avaient pu servir à manipuler l’opinion. Selon Facebook, ces contenus étaient financés par une entité russe appelée "Internet Research Agency".

>> À lire aussi : L'Internet Research Agency : cette usine à "trolls" russe dans le collimateur de Facebook

Des contenus non payants aussi

Selon le renseignement américain, Moscou a payé pendant la campagne des groupes de "trolls" (internautes malveillants ou provocateurs) comme l'Internet Research Agency pour diffuser des messages néfastes sur Hillary Clinton et favorables à son rival victorieux, Donald Trump. La Russie a démenti plusieurs fois avoir interféré dans la campagne américaine.

Outre les "ads", Facebook a relevé que cet organisme basé à Saint-Pétersbourg avait également diffusé des contenus non payants – des "posts" traditionnels – qui ont atteint un nombre beaucoup plus important d'utilisateurs, selon le témoignage écrit préparé par Facebook en vue de ses auditions au Congrès, et cité par le Wall Street Journal et le Washington Post, lundi.

Selon ce document, entre 2015 et 2017, l'Internet Research Agency a publié 80 000 fois sur le réseaux et 29 millions d'utilisateurs ont reçu ces publications sur leur fil d'actualité, portant ce chiffre à 126 millions en tenant compte des partages, des commentaires et des mentions "j'aime", dont ces "posts" ont fait l'objet.

Google également touché

Sur son blog officiel, Google a pour la première fois reconnu officiellement, lundi, avoir également trouvé des contenus du même genre. "Nous avons trouvé des preuves de tentatives de détournement de nos plateformes pendant l'élection américaine de 2016 par des acteurs liés à l'Internet Research Agency en Russie", a écrit Google, qui parle "d'activité limitée" sur le moteur de recherche et sa plateforme vidéo YouTube.

Sur YouTube, Google a identifié 18 chaînes (suspendues depuis par le groupe) "vraisemblablement liées" à la campagne et ayant publié environ 1 100 vidéos en anglais semblant avoir un contenu politique. Elles ont cumulé 309 000 vues aux États-Unis dans les 18 mois précédant l'élection.

Selon une source proche du dossier, Twitter a, pour sa part, identifié 36 746 comptes (soit 0,012 % du nombre total de comptes Twitter) apparemment liés à un compte russe et ayant "généré de façon automatisée des contenus liés à l'élection" dans les trois mois qui ont précédé le scrutin. Ces comptes ont diffusé environ 1,4 million de tweets liés à l'élection, qui ont produit 288 millions d'interactions sur le réseau (réponses, etc.).

Avec AFP

Première publication : 31/10/2017

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