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EUROPE

Convoqué par la justice espagnole, Carles Puigdemont reste à Bruxelles

© Javier Soriano, AFP | Des manifestants pour l'unité de l'Espagne, le 28 octobre 2017 à Madrid.

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 01/11/2017

Le dirigeant indépendantiste Carles Puigdemont a annoncé, mardi, son installation à Bruxelles avec une partie de son gouvernement destitué, alors que la justice espagnole l'a convoqué en vue de son inculpation.

Le dirigeant indépendantiste Carles Puigdemont a tenté, mardi 31 octobre, de déplacer la crise catalane "au cœur" de l'Europe. Il a annoncé son installation à Bruxelles avec une partie de son gouvernement destitué, alors que la justice espagnole l'a convoqué en vue de son inculpation.

Sous la menace de poursuites pour "rébellion" après la déclaration d'indépendance du 27 octobre, Carles Puigdemont a expliqué, lors d'une conférence de presse à la mi-journée, qu'il comptait rester en Belgique avec quelques-uns de ses "ministres" pour "expliquer au monde les défaillances démocratiques de l'État espagnol".

Dans la soirée, pourtant, au moins deux de ces "ministres" sont rentrés à Barcelone où ils ont atterri peu après 23 h (22 h GMT), a constaté un journaliste de l’AFP. L'un d'eux, Joaquim Forn, chargé du portefeuille de l'Intérieur, a été chahuté à l'aéroport barcelonais par des opposants à l'indépendance, qui l'ont qualifié de "traître" et ont brandi des drapeaux espagnols.

Ces retours ont suivi de quelques heures la convocation par la justice espagnole de Carles Puigdemont et de 13 de ses "ministres", appelés à comparaître jeudi et vendredi en vue de leur inculpation. Une juge d'instruction de l'Audience nationale, juridiction siégeant à Madrid et chargée des affaires complexes, a été saisie lundi par le parquet, qui a requis des poursuites notamment pour rébellion et sédition, chefs passibles respectivement d'un maximum de 30 et 15 ans de prison.

Menace de détention provisoire

Depuis Bruxelles, Carles Puigdemont a assuré qu'il ne se soustrairait pas à la justice mais a prévenu qu'il ne reviendrait pas en Espagne sans l'assurance de bénéficier d'un procès impartial, accusant le parquet de nourrir un "désir de vengeance" à son endroit. Il a par ailleurs affirmé qu'il ne demanderait pas l'asile politique en Belgique.

Sans préjuger des chefs d'inculpation qu'elle retiendra, la juge de l'Audience nationale a fait valoir que, ignorant les injonctions de Madrid et les décisions de justice, le gouvernement catalan avait "continué d'engager les mesures nécessaires à la création d'un État catalan indépendant sous la forme d'une République".

Carles Puigdemont et son cabinet risquent d'être placés en détention provisoire, comme deux présidents de mouvements associatifs indépendantistes écroués à la mi-octobre pour "sédition". L'Audience nationale examinera, vendredi, le recours de ces deux militants.

La présidente du Parlement catalan, Carme Forcadell, elle aussi démise de ses fonctions, est également convoquée cette semaine, mais devant la Cour suprême, compétente pour les députés. "Ni les poursuites ni les menaces n'entraveront les institutions catalanes", a-t-elle tweeté, mardi, en prônant une action "pacifique et démocratique".

Ralentir le processus d'indépendance

Démis de ses fonctions par Madrid le 27 octobre, quelques heures après la proclamation unilatérale de la "République" catalane, Carles Puigdemont s'est rendu en Belgique, lundi, alors qu'étaient concrètement enclenchées les mesures de mise sous tutelle par Madrid des institutions catalanes. Il a déclaré que son "gouvernement" se partagerait désormais la conduite des affaires entre la Belgique et Barcelone.

Afin d'éviter des troubles à moins de deux mois des élections régionales, fixées au 21 décembre par le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, Carles Puigdemont a déclaré que les indépendantistes allaient "ralentir" leur action. "Nous avons été obligés d'adapter notre plan de travail pour éviter la violence" et "si cette attitude a pour prix de ralentir le déploiement de la République, alors il faut considérer que c'est un prix raisonnable à payer dans l'Europe du XXIe siècle", a-t-il dit.

Quant aux élections convoquées par Mariano Rajoy, Carles Puigdemont a déclaré, mardi, qu'il respecterait leur résultat. "Je veux un engagement clair de la part de l'État (espagnol). L'État respectera-t-il des résultats qui pourraient donner une majorité aux forces indépendantistes ?", a-t-il toutefois demandé.

>> À lire aussi : En Belgique pour sa "sécurité", Puigdemont respectera les résultats du scrutin de décembre

Avec AFP

Première publication : 31/10/2017

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