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Amériques

George Papadopoulos, l'homme qui murmure à l'oreille du procureur Robert Mueller

© LinkedIn, AFP | Photo de profil utilisée sur la page LinkedIn de George Papadopoulos.

Texte par Anne-Diandra LOUARN

Dernière modification : 31/10/2017

Parmi les trois inculpés dans l'enquête sur l'ingérence russe présumée lors de la présidentielle américaine, c’est peut-être George Papadopoulos qui inquiète le plus Washington : ce trentenaire collabore secrètement depuis cet été avec les autorités.

Qualifié de “bénévole de bas étage” et même de “menteur” : George Papadopoulos a réveillé le dragon Donald Trump sur Twitter. À peine sorti des bras de Morphée, le président américain a partagé sans détour, mardi 31 octobre, son opinion sur cet ancien collaborateur faisant partie des trois inculpés, dont les noms ont été dévoilés la veille dans l'enquête sur les soupçons d'ingérence russe pendant la campagne de la présidentielle américaine.

Dès lundi, la Maison Blanche avait déjà pris ses distances avec l’intéressé, sa porte-parole, Sarah Huckabee Sanders, assurant que le rôle de George Papadopoulos durant la campagne avait été “extrêmement limité” et qu’il n’occupait qu’un “poste de bénévole”. Cet avocat de tout juste 30 ans spécialisé sur les thématiques énergétiques était pourtant chargé des questions de politique étrangère durant la campagne de Donald Trump.

Ce dernier, alors candidat, avait même vanté les mérites de George Papadopoulos dans une interview au Washington Post, le décrivant comme l’un de ses “consultants en pétrole et en énergie, un gars excellent”.

>> À lire : Trois ex-conseillers de Donald Trump poursuivis

Arrêté fin juillet, George Papadopoulos a discrètement plaidé coupable, début octobre, d’avoir menti aux enquêteurs fédéraux lors d’un interrogatoire en début d’année portant sur les liens entre l’équipe de campagne de Donald Trump avec la Russie. D’après la justice américaine, il aurait ainsi minimisé des rencontres avec “un professeur” proche du Kremlin, nié avoir été présenté à “une proche de Vladimir Poutine” et dissimulé des rencontres organisées par ses soins entre des représentants du gouvernement russe et des membres de l’équipe de campagne du candidat républicain.

Photo Instagram montrant George Papadopoulos (3e gauche) lors d'un meeting de campagne sur la sécurité nationale, aux côtés de Donald Trump, à Washington le 31 mars 2016. © @realDonaldTrump/Instagram, AFP

Papadopoulos équipé de micro depuis des mois ?

Et ce n’est pas tout : selon le rapport d’accusation signé par le procureur spécial Robert Mueller (l'ex-directeur du FBI désigné en mai pour diriger cette "enquête russe"), “le professeur” a indiqué à George Papadopoulos dès avril 2016 que des informations compromettantes sur Hillary Clinton étaient disponibles sous forme de “milliers d’emails”. Quelques mois plus tard, en juillet 2016, le scandale des fuites sur la candidate démocrate éclatait.

Contrairement aux deux autres inculpés – Paul Manafort et Richard Gates – dont les accusations portent sur des actes présumés survenus avant la campagne, George Papadopoulos pourrait aisément incarner le chaînon manquant pour démontrer les liens entre la campagne de Donald Trump et la Russie. En plus d’avoir plaidé coupable, le jeune avocat coopère également avec les autorités depuis son arrestation il y a plus de trois mois. De quoi inquiéter l’administration Trump qui, pour l’heure, se contente de désavouer son ancien collaborateur.

“L’annonce de l’inculpation de M. Manafort a fait bien plus de bruit étant donné son rôle haut placé et plus exposé de directeur de la campagne de Trump. Mais le fait que M. Papadopoulos plaide coupable et le fait qu’il collabore pleinement avec les enquêteurs depuis son arrestation en juillet sont bien plus problématiques pour la Maison Blanche à moyen-terme”, commente l’éditorialiste politique de CNN, Chris Cillizza.

Pire, selon Daniel Dale, le correspondant à Washington du Toronto Star, George Papadopoulos est considéré par les autorités comme un “collaborateur proactif”, ce qui implique bien souvent le port d’un micro dissimulé afin d’enregistrer des conversations et d’obtenir ainsi des preuves de la culpabilité de l’équipe de campagne. Bien que spéculative, cette nouvelle donne a de quoi embarrasser la Maison Blanche pour les mois à venir alors que Donald Trump s’apprête à fêter le premier anniversaire de son élection.

Paul Manafort et Richard Gates assignés à résidence

Complot contre les États-Unis, blanchiment d’argent, ou encore comptes offshore non déclarés : Paul Manafort et Richard Gates font, quant à eux, l'objet de 12 chefs d'inculpation pour avoir dissimulé des activités présumées en faveur de l'ancien président ukrainien pro-russe, Viktor Ianoukovitch. Les deux hommes sont notamment soupçonnés d’avoir fait transiter plus de 75 millions de dollars via des comptes étrangers. Richard Gates a d’ores et déjà plaidé non coupable. Tous deux ont été assignés à résidence.

Sur Twitter, le président a été prompt à nier, en lettres capitales, toute collusion possible avec sa campagne. “Désolé, mais [toutes ces accusations sont liées à des faits présumés] qui remontent à des années, bien avant la campagne présidentielle”, a-t-il défendu lundi, fustigeant au passage “Hillary la crapule”, elle-même mise en cause pour collusion avec la Russie lors de la vente de la société canadienne Uranium One au groupe public russe Rosatom en 2010. “Pourquoi les démocrates ne sont-ils pas le centre de l’attention ?”, interroge le locataire de la Maison Blanche.

Mais pour Mark Warner, hors de question de détourner l’attention du vrai problème. Ce sénateur démocrate, à la tête d’un comité d’enquête au Congrès sur l’ingérence russe aux côtés du républicain Richard Burr, a rappelé lundi l’importance de “garantir à tout prix l’indépendance” de la justice dans cette affaire. Dans ce contexte, et pour que les langues puissent se délier sans être inquiétées, l’élu a prévenu qu’il serait "inacceptable" que Donald Trump fasse usage de son droit de grâce envers l’un des prévenus ou envers lui-même, comme le lui permet la Constitution.

Mark Warner et Richard Burr ont, par ailleurs, promis début octobre qu’ils feraient leur possible pour rendre les conclusions de leur enquête et leurs recommandations avant les élections de mi-mandat à l’automne 2018.

Première publication : 31/10/2017

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