Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

La guerre contre les mutilations génitales

En savoir plus

LE DÉBAT

Liban : la fin de la crise ? (Partie 2)

En savoir plus

LE DÉBAT

Liban : la fin de la crise ? (Partie 1)

En savoir plus

À L’AFFICHE !

"Le brio", Camelia Jordana sur la voie de l’éloquence

En savoir plus

FOCUS

Vidéo : les espoirs déçus des Tunisiens de Bir Ali, 7 ans après la révolution

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Une actrice indienne menacée de mort, à cause d'un rôle au cinéma"

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCO

Uber piraté massivement

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"TPIY, dernier acte"

En savoir plus

EXPRESS ORIENT

Émoticône hijab : la victoire de Rayouf Alhumedhi, lycéenne saoudienne

En savoir plus

Moyen-Orient

Le Premier ministre libanais, Saad Hariri, démissionne à la surprise générale

© Capture d'écran de l'allocution de Saad Hariri sur Al-Arabiya | Saad Hariri, Premier ministre du Liban, milliardaire et proriétaire de Saudi Oger.

Vidéo par Selim EL MEDDEB

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 04/11/2017

Le Premier ministre libanais, Saad Hariri, a annoncé samedi sa démission, alors qu'il se trouve en Arabie saoudite. Dans un discours retransmis par la chaîne Al-Arabiya, il a notamment justifié sa décision en expliquant craindre pour sa vie.

Contre toute attente, le Premier ministre libanais, Saad Hariri, a démissionné de ses fonctions samedi 4 novembre.

"Le Liban risque de renouer avec l'instabilité politique et sécuritaire"

En déplacement en Arabie saoudite, le dirigeant sunnite a fait savoir qu'il craignait pour sa sécurité accusant le Hezbollah chiite et son allié iranien de "mainmise" sur le Liban. Pour lui, le climat politique dans le pays ressemble actuellement à celui qui prévalait avant l'assassinat de son père, Rafik Hariri, en 2005. "Je sens que ma vie est visée", a-t-il dit durant son allocution télévisée.

Semblant donner corps aux craintes de Saad Hariri, la chaîne de télévision saoudienne Al Arabiya, citant des sources anonymes, a ensuite affirmé qu'une tentative de meurtre contre lui avait été déjouée deux jours plus tôt alors qu'il se trouvait encore à Beyrouth. Interrogé sur l'antenne d'une chaîne de télévision appartenant au Premier ministre libanais, Thamer al Sabhan, ministre saoudien des Affaires du Golfe, a précisé que les agents chargés de sa sécurité disposaient "d'informations confirmées" sur une tentative d'assassinat. Les services de sécurité libanais ont toutefois dit tout ignorer de ce complot et nié être la source de ces informations.

Sous la pression de Riyad ?

La démission de Saad Hariri, totalement inattendue, intervient un an après sa nomination à la tête d’un gouvernement qui compte des membres du puissant mouvement armé du Hezbollah. Ce parti chiite est un allié crucial du régime de Bachar al-Assad dans la guerre en Syrie voisine. Il est soutenu par Téhéran et est le seul parti libanais à avoir gardé ses armes après la fin de la guerre civile au Liban (1975-1990). Bête noire d'Israël, le Hezbollah refuse d'abandonner son arsenal, principale pomme de discorde dans le pays.

"L'Iran a une mainmise sur le destin des pays de la région [...] Le Hezbollah est le bras de l'Iran non seulement au Liban mais également dans les autres pays arabes", a dénoncé Saad Hariri, proche de Riyad. Et "ces dernières décennies, le Hezbollah a imposé une situation de fait accompli par la force de ses armes", a ajouté le Premier ministre démissionnaire, qui lisait son discours derrière un bureau, devant un drapeau libanais.

"Cette démission pourrait être une tentative de redorer son blason d’opposant au Hezbollah, estime Selim el-Meddeb, correspondant de France 24 à Beyrouth. Comme il a fait son discours depuis Riyad, on peut penser qu'il a agi sous la pression de l’Arabie saoudite, qui estime qu’il ne s’affirmait pas assez clairement contre le Hezbollah."

Moustapha Tossa, rédacteur en chef adjoint de radio MCD-Monte Carlo

Mustapha Tossa, rédacteur en chef adjoint de la radio MCD-Monte Carlo, parle d’une décision fracassante. "C’est une véritable onde de choc régionale qui a été déclenchée par la démission surprise de Hariri, onde de choc qui a été lancée depuis l’Arabie saoudite. Il l’a fait (démissionner) depuis l’Arabie Saoudite car celle-ci a décidé d’engager un bras de fer avec l’Iran et a choisi le terrain libanais pour le faire", a-t-il déclaré, avant d’expliquer : "L’armement du Hezbollah a toujours été une problématique difficile à gérer pour les gouvernements successifs au Liban, et là on arrive à une impasse majeure pointée du doigt par Hariri à travers cette démission."

Portrait de Saad Hariri

Tarek Mitri, ex-ministre libanais de la Culture a, quant à lui, expliqué sur France 24 que la décision de Saad Hariri pouvait replacer le Liban au centre des tourments régionaux. "Le Liban était relativement à l’écart des conflits de la région, en Syrie, au Yémen et dans une moindre mesure en Irak. Maintenant on voit le pays retrouver sa place au centre du conflit entre l’Iran et l’Arabie saoudite."

"Accusations sans fondement"

L’Iran a répondu aux accusations de Saad Hariri par voie diplomatique. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Ghassemi, a affirmé "regretter" la démission du Premier ministre libanais, tout en rejetant ses "accusations sans fondement" contre l'Iran qui feraient de cette démission "un nouveau scénario pour créer des tensions au Liban et dans la région".

Saad Hariri était en fonction depuis le mois de janvier dernier et avait déjà été aux affaires, à la tête d'un gouvernement d'"accord national", de 2009 à 2011. "Il n'a pas eu vraiment le temps de gouverner, rappelle à France 24 Sofia Amara, grande reporter installée à Beyrouth. Son gouvernement a été créé après deux et demi de vacance présidentielle, qui s'est soldée par l'élection de Michel Aoun. Après cette élection, cela a pris plusieurs semaines voire plusieurs mois pour créer un gouvernement d'union nationale, qui était un cadeau empoisonnée car sur certains points cruciaux comme la guerre en Syrie ou le démantèlement de l'arsenal du Hezbollah, il lui était impossible de travailler sans qu'il y ait des désaccords."

Le paysage politique libanais est en proie à de nombreuses divisions du fait de la guerre en Syrie, entre partisans et détracteurs du régime de Damas.

Avec AFP

Première publication : 04/11/2017

  • LIBAN

    Saudi Oger : Hariri s'est engagé auprès de Macron à régler le contentieux

    En savoir plus

  • ARABIE SAOUDITE

    Saudi Oger : l’empire Hariri refuse de les payer, des salariés français contre-attaquent

    En savoir plus

  • LIBAN

    Le Liban se dote d'un nouveau gouvernement dirigé par Saad Hariri

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)