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Démission de Hariri : "Une insurrection contre la mainmise du Hezbollah au Liban"

© Anwar Amro, AFP | Le Premier ministre libanais, Saad Hariri, a annoncé sa démission le 4 novembre.

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 05/11/2017

Au lendemain de la démission du premier ministre Saad Hariri, le ministre libanais de l'Éducation, Marwane Hamadé, évoque une "mainmise" croissante du Hezbollah et de l'Iran sur le Liban pour expliquer cette décision.

La départ du Premier ministre libanais, Saad Hariri, ouvre une nouvelle période de crise politique au pays du Cèdre. Dans son allocution prononcée, samedi 4 novembre, depuis l’Arabie saoudite, le chef du gouvernement démissionnaire a justifié sa décision en expliquant craindre pour sa vie, tout en accusant le Hezbollah chiite et son allié iranien de "mainmise" sur le Liban.

Interrogé par France 24, le ministre libanais de l’Éducation, Marwane Hamade, parle lui aussi d’un contrôle de plus en plus accru du mouvement chiite armé sur le paysage politique libanais. "J’étais parmi les ministres qui mettaient en garde depuis longtemps le Premier ministre contre ce glissement vers l’hégémonie iranienne au Liban, affirme-t-il. Et je pense que ce qu’il [Saad Hariri] a fait hier, c’est plus qu’une démission, c’est l’annonce d’une sorte d’insurrection contre cette mainmise progressive qui amène le Hezbollah à prendre le contrôle du Liban et de ses institutions, et qui nous ramène dans le giron de la Syrie de Bachar al-Assad et de l’Iran des mollahs."

"Personne ne remet en doute l’appartenance arabe du Liban"

La démission du dirigeant sunnite, proche de Riyad, intervient un an après sa nomination à la tête d’un gouvernement qui compte des membres du puissant mouvement armé. Allié crucial du régime de Bachar al-Assad dans la guerre en Syrie voisine, le Hezbollah est soutenu par Téhéran et est le seul parti libanais à avoir gardé ses armes après la fin de la guerre civile au Liban (1975-1990).

Considérée comme une véritable onde de choc régionale, la décision de Saad Hariri pourrait replonger le pays dans une crise d’identité nationale. "Le Liban est très divisé entre les différentes communautés, constate Marwane Hamade. La communauté chiite est largement sous l’influence du Hezbollah, mais elle est aussi en train de constater que les sanctions américaines [imposées à l’Iran] risquent de l’affecter sérieusement sur le plan économique […] Les chrétiens sont, eux, très perplexes devant ce nouvel épisode de la lutte entre sunnites et chiites dans la région. Mais l’appartenance arabe du Liban, personne ne le remet en doute. Il n’y a pas de majorité au Liban qui souhaite une sortie de l’orbite arabe vers une orbite iranienne."

>> À lire : "Hariri ne voulait pas donner de couverture politique au Hezbollah"

Première publication : 05/11/2017

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