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Amériques

Marathon de New York : "Il faut vivre, marcher, courir"

© Charlotte Oberti, France 24 | Des coureurs du marathon de New York, le 5 novembre 2017.

Texte par Charlotte OBERTI , correspondante à New York

Dernière modification : 06/11/2017

Le marathon de New York a rassemblé dimanche des coureurs venus de 120 pays différents, sous une pluie fine et constante. Quelques jours seulement après un attentat terroriste à Manhattan, la ville américaine a été inondée d’énergie et de joie.

Les foulées de Kevin n’ont pas été aussi rapides que ce qu’il aurait voulu. Ce Chinois au prénom américanisé, venu tout droit de Shanghaï, a terminé le marathon de New York en cinq heures, dimanche 5 novembre. “Je ne suis pas particulièrement un bon coureur mais je cours parce que j’aime les défis. Et je cours dans un pays étranger au mien car je veux expérimenter des choses nouvelles, voir comment les choses se font ailleurs”, explique-t-il, emmitouflé sous la cape bleue que les organisateurs de la course donnent à tous les participants qui ont franchi la ligne d’arrivée.

Kevin : "J'ai fait pleinement confiance à la police de New York." © Charlotte Oberti, France 24

Kevin a déjà tenté cette expérience à Pékin. À New York, il a voulu se frotter au “meilleur marathon du monde”, comme beaucoup le décrivent. “L’organisation est parfaite. Je faisais pleinement confiance à la police de New York, je savais que tout allait être fait pour que l’on se sente en sécurité”, ajoute Kevin, avouant avoir hésité pendant quelques minutes à maintenir son voyage, après avoir appris qu’un attentat avait été perpétré à Manhattan le 31 octobre. “J’étais en Chine à ce moment-là et j’ai eu un peu peur. Mais j’ai eu envie de courir pour les New-Yorkais.”

Quelque 50 000 personnes se sont élancées dimanche, sous les applaudissement de 2,5 millions de spectateurs, le long d’un parcours de 42,2 kilomètres sinuant entre les cinq boroughs de New York. Quelques jours après l’attentat d’Halloween, la sécurité avait été élevée à un niveau jamais atteint pour cet événement annuel. La présence policière et les snipers positionnés sur les toits ont notamment été renforcés. Cependant, l’organisation ultra-sécurisée n’a pas assombri l’esprit festif de cette journée.

“Tout ce que l’on entend, c’est du son”

Sur la 1re avenue, dans la partie est de Manhattan, un groupe de musique s’installe. La chanteuse lance au micro : “On va donner de l’amour à ces coureurs, tous ensemble. Vous qui courez, bravo ! Vous êtes fantastiques !”

Accrochés à des barricades, les spectateurs crient des encouragements, brandissent des écriteaux pour motiver leurs proches, et serrent ces derniers dans leur bras quand ils les croisent. Franck Bongiorno, un New-Yorkais de 65 ans, scrute le parcours de manière attentive. L’une de ses filles, Katie, ne devrait pas tarder à passer. Tout sourire, il brandit un panneau fait maison pour ses coureuses, indiquant “Nous sommes tellement fiers de vous”. Un autre Américain, quant à lui, a imprimé un portrait géant de son fils, qu’il exhibe au bout d’un bâton et avec lequel il fait des selfies.

Piotr : “Je viens de vivre le meilleur moment de ma vie.” © Charlotte Oberti, France 24

“L’énergie dégagée par la foule est incroyable. Le long du parcours, tout ce que l’on entend, c’est du son. J’ai adoré cette course”, commente Ricky Fernandez, venu de Chicago pour courir son énième marathon. Il ne les compte même plus. “J’en ai fait plus de 20 et moins de 30. Mais c’est ma première fois à New York. Et c’est vrai ce que l’on dit : c’est le meilleur. Il y a des gens du monde entier. J’ai rencontré des Norvégiens, des Africains. On entend plein de langues différentes.”

L’éventualité de changer ses plans en raison du contexte sécuritaire n’a pas traversé l’esprit de cet infirmier de 50 ans. “Je cours parce que cela me rend heureux. Cela me procure tellement de satisfaction.” Ce dimanche, Ricky Fernandez a plié le parcours en 4 heures et 8 minutes.

“Célébrer la vie à travers la course”

Un peu en retrait, abrité sous un arbre, Piotr a l’air rayonnant. Seul, il rit à gorge déployée à la moindre occasion. “Je viens de vivre le meilleur moment de ma vie”, explique ce Polonais. “C’est mon septième marathon mais ça a toujours été mon rêve de faire celui de New York. Et je l’ai fait vite, en 4 heures et 40 minutes !”

Cet homme de 56 ans s’est mis à la course il y a seulement six ans, après une visite chez le docteur. “J’avais une mauvaise condition physique, il m’a dit de faire du sport. J’ai commencé à courir et j’y ai pris goût”, raconte-t-il dans un anglais hésitant. “Et c’est ce qu’il faut faire, après un attentat aussi : vivre, marcher, courir.”

Satnam Singh Parhar : "Je cours parce que c’est bon pour la santé et aussi parce que je veux représenter ma communauté." © Charlotte Oberti, France 24

Avec son enthousiasme, Piotr incarne, peut-être sans le savoir, les valeurs de ce marathon. “C’est un événement sportif, certes, mais au final, ce sont des gens qui se rassemblent pour célébrer la vie à travers le fait de courir”, explique Mike Robinson, un organisateur de l’événement. Cet acteur de 40 ans lance des messages d’encouragements dans un micro. “Il y a plus de 120 nationalités ici aujourd’hui. Peu importe ce que certains disent, les gars, vous serez toujours les bienvenus dans ce pays”, lâche-t-il à la foule. En privé, il fait un doigt d’honneur en direction de l’immeuble Trump Parc, situé un peu plus loin sur la même rue. “Ce marathon c’est une manière de démontrer que l’on a tous besoin les uns des autres.”

Pour certains, cette course est en effet l’occasion de lancer un message. Satnam Singh Parhar a couru enturbané. “Je cours parce que c’est bon pour la santé et aussi parce que je suis sikh et je veux représenter ma communauté dans ce genre d’événement”, exprime-t-il. Cet homme vêtu d’un t-shirt jaune flanqué d’un “Fier d’être sikh” dans le dos veut profiter des regards des spectateurs. “Certains Sikhs aux États-Unis ont été attaqués il y a quelques années. C’est bien de se montrer, de participer, pense-t-il. Les gens m’ont acclamé, c’était super. Et je sais que ce n’était pas pour ma rapidité. J’ai mis 5 heures 30.”

Première publication : 06/11/2017

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