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YouTube ne veut finalement plus du prédicateur islamiste Anwar al-Awlaki

© SITE Intelligence group | Anwar al-Awlaki a été tué par une frappe de drone américaine en 2011.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 13/11/2017

YouTube a décidé d'éliminer la majorité des vidéos d'Anwar al-Awlaki, le plus influent des prédicateurs islamistes anglophones. Tué par les Américains en 2011 au Yémen, ses prêches extrémistes sont longtemps restés visibles sur la plateforme.

YouTube vient de s'attaquer à l'une des armes de recrutement en ligne les plus efficaces des mouvements jihadistes : les vidéos en anglais du prédicateur américain Anwar al-Awlaki, tué en 2011 par les États-Unis au Yémen. La plateforme vidéo de Google a censuré la plupart des vidéos le concernant, a constaté le New York Times, samedi 11 novembre.

Il n’en subsiste qu’un peu moins de 19 000, alors qu’on en recensait près de 80 000 en avril 2017. Surtout, la plupart des contenus qui ont survécu à la purge sont des reportages critiques consacrés au prédicateur ou des réfutations de ses thèses extrémistes par d’autres voix du monde musulman. Auparavant, ses prêches apparaissaient dans les premières occurences lorsqu'un internaute cherchait son nom sur YouTube. Certaines de ses diatribes les plus violentes, dans lesquelles il louait le souvenir des auteurs d'attentats-suicide ou appelait à tuer des "infidèles", avaient échappé à la vigilance de YouTube durant plus de huit ans.

"Islamiste de YouTube"

Des responsables de YouTube ont expliqué au New York Times que dans le cas d'Anwar al-Awlaki, les vidéos ont d'abord été évaluées par des humains. Puis, lorsqu'un contenu était manuellement ôté du site, un algorithme entrait en jeu pour s'assurer que la même vidéo ne puisse pas être remise en ligne sans être automatiquement censurée.

Il était temps. Certaines associations, comme le Counter Extremism Project (CEP), militent depuis près de dix ans pour que le géant de l’Internet fasse preuve de la même fermeté envers les vidéos d’Anwar al-Awlaki qu'envers celles qui enfreignent la propriété intellectuelle.

Les prêches de "l'islamiste de Youtube" et figure charismatique d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) ont contribué à radicaliser plusieurs terroristes aux États-Unis, rappelle le CEP. Omar Mateen, l’auteur de la fusillade qui a fait 49 morts dans une boîte de nuit à Orlando en juin 2016, a reconnu devant FBI avoir puisé son inspiration dans les vidéos d’Anwar al-Awlaki. Djokhar Tsarnaev, l’un des deux terroristes du marathon de Boston (2013), a même tweeté qu'il avait coutume d'écouter les sermons du prédicateur.

La mort en 2011 de celui qui deviendra le premier américain tué par une attaque de drone sur ordre de Washington, n'a pas arrêté la déferlante de ses vidéos sur YouTube. Au contraire : ses "disciples" ont inondé la plateforme de contenus à la gloire de celui qu'ils ont rapidement présenté comme un martyr du jihad. Même ses discours les plus anodins, comme une série consacrée à la vie du prophète Mahomet, étaient accompagnés de commentaires violents vantant son message extrémiste.

Pressions des autorités

YouTube a longtemps résisté aux demandes de bannir totalement Anwar al-Awlaki de sa plateforme. Ses vidéos, souvent à la limite de l’incitation à la haine ou du soutien au terrorisme, se retrouvaient dans une zone grise au regard de règles de conduite de YouTube. Dès 2010 cependant, le site avait déclaré la guerre aux contenus les plus extrémistes du prédicateur. Mais cette censure de YouTube était loin d’être systématique, au grand dam des associations de lutte contre la propagande jihadiste en ligne.

Le nettoyage d'automne effectué par la plateforme doit beaucoup à la pression grandissante que les majors du Net subissent de la part des autorités, croit savoir le New York Times. Critiqués pour laisser trop de marge de manœuvre aux discours haineux, ces sites ont multiplié les initiatives pour montrer leur bonne volonté.

YouTube a été particulièrement dans la ligne de mire ces derniers mois. En mars 2017, plusieurs grandes marques (dont Verizon et Walmart) avaient même annulé leurs campagnes de publicités après avoir découvert qu’elles risquaient de se retrouver accolées à des vidéos haineuses ou jihadistes.

Mais la censure de YouTube ne fait pas disparaître l’influence d’Anwar al-Awlaki du Net. Elle le prive simplement de sa principale source de propagation. "Ceux qui veulent trouver sa propagande ne rencontreront pas trop de difficultés", assure Alexander Meleagrou-Hitchens, directeur de recherche à l’université de Washington, spécialisé dans l’extrémisme.

Première publication : 13/11/2017

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