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Moyen-Orient

Sept élus français déclarés persona non grata en Israël

© Thomas Samson, AFP | La députée LFI Clémentine Autain et le secrétaire général du PCF et sénateur Pierre Laurent.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 14/11/2017

Des élus français, qui cherchaient à rencontrer le dirigeant palestinien emprisonné Marwan Barghouthi, se verront refuser l'entrée sur le territoire israélien. Les autorités leur reprochent d'être partisans du boycott de l’État hébreu.

Le gouvernement israélien a indiqué, lundi 13 novembre, qu'il refusera l'entrée sur son territoire à une délégation d’élus français (Communistes et Insoumis) qui entendaient rencontrer le responsable palestinien Marwan Barghouthi.

Emprisonné depuis plus de 15 ans, celui-ci est considéré comme un "terroriste" par l'État hébreu qui lui a infligé cinq peines de prison à perpétuité pour meurtres et pour son rôle dans la seconde Intifada (soulèvement palestinien entre 2000 et 2005). Il est au contraire surnommé "le Mandela palestinien" par ses partisans locaux et occidentaux.

"Nous n'autoriserons pas l'accès au territoire à ceux qui appellent activement à s'en prendre à Israël, en particulier quand ils demandent à rencontrer et à conforter un fieffé meurtrier comme Barghouthi, incitant ainsi à soutenir le terrorisme", a indiqué le ministre israélien de la Sécurité publique Gilad Erdan dans un communiqué de ses services et du ministère de l'Intérieur. Les autorités israéliennes recommandent donc par avance aux élus français "de ne pas prendre l'avion du tout".

La délégation, qui entendait également rencontrer l'avocat franco-palestinien Salah Hamouri, en détention administrative en Israël depuis le 23 août, comprend notamment le secrétaire général du PCF et sénateur Pierre Laurent, quatre députés La France insoumise, Clémentine Autain, Danièle Obono, Muriel Ressiguier et Michel Larive, et des élus locaux dont les maires communistes de Gennevilliers Patrice Leclerc et celui de Stains, Azzedine Taibi.

Ils font partie d’une délégation plus large composée d’une vingtaine d’élus (dont des députés) européens, qui comptaient se rendre en Israël et dans les Territoires palestiniens du 18 au 23 novembre pour "alerter sur la situation des près de 6 000 prisonniers politiques palestiniens". Seuls les élus français sont visés par la mesure israélienne.

"Des provocateurs"

Pour justifier sa décision, le gouvernement israélien décrit les élus français comme étant des partisans du mouvement BDS "Boycott, désinvestissements, sanctions", qui milite pour un boycott mondial d'Israël jusqu'à ce que, entre autres, ce dernier se retire des Territoires palestiniens qu'il occupe. L’État hébreu a engagé la bataille contre ce mouvement, qu’il taxe d'antisémite, en adoptant au mois de mars une loi interdisant l'entrée sur son territoire aux partisans de celui-ci.

Le journal israélien Haaretz a pu consulter un document officiel émanant du ministère des Affaires stratégiques, dans lequel les élus français sont présentés comme des "provocateurs". Ils sont accusés d’avoir publiquement affiché, notamment lors de manifestations ou dans écrits postés sur les réseaux sociaux, leur soutien au boycott d’Israël, en raison de l’occupation en Cisjordanie, au cours de ces dernières années.

Dans un communiqué, La France insoumise a dénoncé un "déni de démocratie et de liberté" qui est "aussi consternant qu'inacceptable". Le mouvement appelle "le président de la République, le gouvernement et le président de l'Assemblée nationale à intervenir pour que cette menace d'interdiction ne soit pas rendue possible", estimant qu'"il en va de la démocratie et de la paix".

De son côté, l’Association des droits civils en Israël a dénoncé la décision du gouvernement, arguant que grâce à la nouvelle loi, tous ceux qui ne partagent pas sa ligne sur les colonisations israéliennes se voient interdits de pénétrer sur le territoire.

Avec AFP

Première publication : 14/11/2017

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