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La pilule a une place plus importante en France qu'ailleurs (étude)

© AFP | Des pilules contraceptives photographiées le 28 janvier 2013 à Lille, France

PARIS (AFP) - 

La pilule reste le contraceptif le plus utilisé en France en dépit des controverses, alors qu'elle n'est qu'en troisième position à l'échelle mondiale derrière la stérilisation et le stérilet, selon une étude de l'Ined publiée mercredi.

A l'approche des 50 ans de la loi Neuwirth sur la légalisation de la contraception, promulguée le 28 décembre 1967, l'Institut national d'études démographiques (Ined) a comparé la situation française à celle des autres pays.

La méthode de contraception la plus utilisée dans le monde est la stérilisation, celle-ci étant plus souvent pratiquée sur les femmes que sur les hommes, souligne l'Ined.

Parmi les femmes d'âge reproductif en union qui utilisent une contraception, 54% avaient recours à la stérilisation - sur elles-mêmes ou leur partenaire - au Mexique en 2015, 43% aux Etats-Unis en 2006, 39% en Chine en 2006 et 32% au Brésil en 2013. Dans tous ces pays, il s'agit en majorité de stérilisations féminines.

En France, seules 5% des femmes en union avaient recours en 2010 à la stérilisation à visée contraceptive, encadrée par la loi du 4 juillet 2001.

Après le stérilet, la pilule est la troisième méthode contraceptive la plus utilisée dans le monde. Si les femmes d'âge reproductif en union y ont massivement recours en Algérie (75% en 2012), en France (50% en 2010) ou au Brésil (43% en 2013), elle tient une place marginale au Mexique (4%) et en Chine (1%).

L'injection hormonale, peu employée en France, est utilisée par 45% des femmes d'âge reproductif en union au Kenya en 2015, 44% au Mozambique en 2011 et 24% au Pérou en 2014.

En Espagne, le recours à des méthodes considérées comme masculines (stérilisation masculine, préservatif et retrait) représente près de 53% des usages contraceptifs, contre 15% en France et 37% aux Etats-Unis.

En France, le retrait est resté, du XVIIIè siècle aux années 1970, la méthode la plus couramment utilisée. La pilule, parce qu'elle donne aux femmes la possibilité de gérer elles-mêmes, et efficacement, leur fécondité, était à cette époque le symbole de leur émancipation, note l'Ined.

Mais depuis la crise de 2012/2013 déclenchée par la révélation des risques cardio-vasculaires accrus liés aux pilules de 3e et 4e génération, le recours à la pilule a décliné: -18% entre 2010 et 2013, -9% entre 2013 et 2016. Les femmes se sont reportées sur le stérilet, le préservatif ou le retrait.

"La France semble être passée à une nouvelle étape, celle du partage plus égalitaire de la responsabilité contraceptive" entre hommes et femmes, selon l'Ined.

© 2017 AFP