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FRANCE

Saudi Oger : les dettes françaises de Saad Hariri

© Ludovic Marin, AFP | Le 1er septembre, lors d'une visite en France, Saad Hariri avait promis à Emmanuel Macron de régler le contentieux l'opposant à ses anciens employés.

Texte par Romain HOUEIX

Dernière modification : 18/11/2017

240 ex-employés de Saudi Oger, l'entreprise de BTP de Saad Hariri, réclament au Premier ministre libanais démissionnaire près de 15 millions d'euros de salaires impayés. Une ardoise qui pourrait être évoquée durant sa visite en France.

Après deux semaines de feuilleton et de spéculations, le Premier ministre libanais démissionnaire Saad Hariri est arrivé à Paris samedi 18 novembre. Alors qu'il doit s'entretenir avec le président Emmanuel Macron, le milliardaire libanais risque d'être confronté à un épineux dossier : 240 ex-employés français de son entreprise de BTP, Saudi Oger, lui réclament près 15 millions d'euros d'arriérés de salaires impayés.

"Je trouve délirant qu'on déroule le tapis rouge à Saad Hariri sans exiger de lui au préalable qu'il paie immédiatement les millions qu'il doit aux salariés français, sachant qu'à titre personnel lui et sa famille sont assis sur des fortunes colossales", s'insurge Caroline Wassermann, qui défend les intérêts de quelque 75 ex-employés français, à l'AFP, vendredi 17 novembre.

>> À lire aussi sur France 24 : Saudi Oger : l’empire Hariri refuse de les payer, des salariés français contre-attaquent

De multiples requêtes ont été déposées au conseil des prud’hommes de Bobigny. "La juridiction française est compétente puisque ces employés sont munis au départ d’un contrat français, et que le siège social de Oger International, qui fait partie du même groupe, est localisé en Île-de-France", expliquait l’avocate en juillet 2017 à France 24.

Lors de sa visite à Paris le 1er septembre, celui qui était encore Premier ministre s'était pourtant engagé auprès du président Emmanuel Macron à "résoudre le problème". Pourtant, depuis, rien n'a bougé.

Une entreprise surendettée depuis 2015

Le groupe Saudi Oger est à l'origine de la fortune de la famille Hariri. Saad Hariri en a pris la direction en 1994. Cette entreprise florissante, fondée en 1978 par son père Rafic Hariri, milliardaire et ancien Premier ministre libanais assassiné en 2005, bénéficiait notamment de ses excellentes relations avec la monarchie d'Arabie saoudite.

Cependant, avec la chute du cours du pétrole et l'arrivée au pouvoir du prince héritier Mohammed Ben Salmane, tout a changé. Les commandes ont diminué et l'État saoudien a gelé de gros contrats, dont ceux de Saudi Oger.

Le groupe s'est retrouvé rapidement surendetté et s'est vu couper le robinet du crédit. Depuis, l'entreprise ne peut plus payer ses quelque 50 000 salariés, issus de 30 nationalités différentes.

5 millions réclamés par les organismes sociaux français

Outre les sommes réclamées par ses anciens employés, franceinfo révèle samedi 18 novembre l'étendue d'une autre dette du groupe, celle contractée envers les différents organismes sociaux français. Près de cinq millions d'euros seraient en jeu, selon la chaîne d'information en continu.

Franceinfo dresse le détail de ces sommes : 1 196 000 euros à la Caisse des Français de l'étranger, 962 000 euros à Axa, pour les cotisations d'assurances maladies. 2  147 000 euros à Pro BTP, qui est en charge de la retraite complémentaire de ces salariés, et enfin 720 000 euros auprès de Pôle emploi.

En plus de ces poursuites judiciaires, la filiale française n'a toujours pas résolu ses problèmes financiers. Le siège d'Oger International à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, fait aujourd'hui figure de vaisseau fantôme. Sur 700 salariés, il ne reste plus que 120 rescapés du plan social mis en place après la faillite de l'entreprise en 2017. Selon le Parisien, un projet de rachat par un homme d'affaires jordanien serait en cours.

L'enfer des salariés expatriés

Parmi les 5 000 employés du groupe laissés sur le carreau par Saudi Oger se trouvent 240 Français. En juillet 2017, France 24 avait recueilli le témoignage de l'un ces anciens employés ayant lancé une procédure judiciaire contre le groupe de BTP du Premier ministre démissionnaire. Ayant préféré conserver l'anonymat, il sera appelé Étienne dans la suite de cet article :

"Les problèmes ont commencé en 2015, et les salaires impayés se sont accumulés, mais en interne, on nous garantissait que monsieur Hariri allait faire le nécessaire, que le groupe allait récupérer l’argent auprès des Saoudiens", nous avait-il raconté. "En réalité, ils nous ont baladé pendant neuf mois en nous promettant d’être payés au fur et à mesure, et nous, naïvement, parce que le même problème s’était présenté en 2013, et qu’il avait été réglé assez vite, nous les avons crus."

Étienne a été remercié en juillet 2016 après 15 ans de bons et loyaux services au sein du groupe en Arabie saoudite. Aujourd'hui, il attend encore le versement du solde de tout compte qu'il estime à plus de 120 000 euros d'indemnités, de cotisations non reversées et de bonus

Sans revenus, certaines familles françaises ne pouvaient plus rembourser les crédits qu’elles avaient contractés en France. "Alors elles se sont endettées en Arabie saoudite pour faire face à la situation, sauf qu’ils ne pouvaient plus quitter le pays avant de rembourser la banque", expliquait Étienne. "Nous étions pris dans un engrenage à cause des montants que l’entreprise nous devait, on se disait que si l’on quittait le territoire nous ne serions jamais payés et nous perdrions tout".

L'ambassade de France en Arabie saoudite est finalement intervenue et a obtenu un dédommagement partiel de la part des autorités saoudiennes, ainsi que le rapatriement des anciens employés.

"Nous, les Français, on est bien lotis par rapport à nos collègues indiens, philippins, pakistanais, sénégalais, portugais, espagnols, marocains : eux ont été considérés comme des chiens", explique un autre ancien employé du groupe, à l'AFP, sous couvert d'anonymat

Dans l'espoir d'avancer vers le règlement du contentieux, les avocats des salariés ont rendez-vous à l'Élysée avec Emmanuel Macron jeudi 23 novembre. Chassé-croisé malheureux, ils rateront de peu Saad Hariri qui a annoncé son retour au Liban pour le mercredi 22 novembre et la fête de l'indépendance.

 

Première publication : 18/11/2017

  • ARABIE SAOUDITE

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