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Esclavage : au-delà du cas libyen, un fléau mondial

© Shammi Mehra, AFP | Un enfant indien travaillant dans une briqueterie, le 18 septembre 2017, dans la banlieue de Jalandhar.

Texte par Aude MAZOUÉ

Dernière modification : 21/11/2017

Les images diffusées sur CNN montrant une vente d’esclaves en Libye ont horrifié le monde entier. La pratique est pourtant loin de se limiter à ce pays. Tour d’horizon des régions du globe les plus touchées par l’esclavage.

On croyait la pratique révolue, elle est pourtant bien vivace dans le monde entier. Un documentaire choc sur la vente d’esclaves en Libye, diffusé le 14 novembre par CNN, a scandalisé la communauté internationale. Le phénomène est pourtant loin d’être circonscrit à la Libye : 45 millions de personnes dans le monde étaient victimes d’esclavage moderne en 2016, selon une étude réalisée conjointement par l’Organisation internationale du Travail (OIT) et la Walk Free Foundation, en partenariat avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Une pratique en progression

L’esclavage n’est pas non plus en recul, bien au contraire. En avril, l’OIM a fait savoir que la traite d’êtres humains était devenue de plus en plus fréquente chez les passeurs. La pratique ne concerne d’ailleurs pas que les migrants, et de nombreuses autres formes d’asservissements ont vu le jour.

L’esclavage recouvre aujourd’hui un large éventail de pratiques, depuis les victimes du commerce sexuel forcées à donner leurs revenus à leurs trafiquants, jusqu'aux travailleurs du bâtiment ou aux ouvriers agricoles travaillant dur pour un salaire dérisoire, voire inexistant, sur des chantiers isolés qu’ils ne peuvent pas quitter.

L’étude montre en outre que les femmes et les filles sont plus durement touchées par l’esclavage moderne, représentant près de 29 millions de personnes, soit 71 % du total. Les femmes représentaient 99 % des victimes de travail forcé dans l’industrie du sexe et 84 % des victimes de mariages forcés. Et ce fléau n’épargne pas les enfants, qui représentent un quart des victimes d'esclavage. Par ailleurs, selon l’OIT, environ 152 millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans étaient contraints au travail en 2016.

L’Asie durement touchée

Le continent asiatique est de loin le plus touché par l'esclavage. Sur plus de 45 millions d’esclaves dans le monde, 62 % vivent en Asie-Pacifique, selon le rapport de 2016. Viennent ensuite l’Afrique (23 %), l’Europe et l’Asie centrale (9 %), l’Amérique (5 %) et les pays du Golfe (1 %). Ces chiffres sont toutefois à relativiser, précise-t-on dans l’étude, en raison de la difficulté à trouver des chiffres fiables notamment dans les pays arabes et en Amérique.

L’Inde occupe une triste première place mondiale avec plus de 18 millions de victimes. Le pays est confronté à diverses formes contemporaines d'esclavage : travail forcé, travail des enfants, prostitution, mendicité forcée ainsi que les mariages forcés – plus de la moitié des Indiennes se marient avant l'âge de 18 ans. Le pays est suivi par la Chine (3,39 millions), le Pakistan (2,13 millions) et le Bangladesh (1,53 million).

Les pays en guerre, creuset de l’esclavage

L’ONG Walk Free classe la Mauritanie en première position mondiale par le taux d’esclavage, qui touche 4 % de la population. On y pratique notamment l’esclavage "traditionnel", où l’on peut vendre et acheter des êtres humains.

L’esclavage demeure également présent dans le reste de l’Afrique, en raison des conflits qui minent le continent. "Nous constatons un lien entre l'esclavage et les situations de conflit, explique Fiona David, directrice de recherche à la Walk Free Foundation, à RFI. Par exemple, en République centrafricaine, un quart de la population est déplacée et nous avons relevé de nombreux cas d'enfants contraints à la servitude domestique, à du travail forcé dans l'agriculture ou qui sont engagés dans des groupes armés. Sur le continent africain, c'est dans la République démocratique du Congo que nous avons noté le plus grand nombre de personnes soumises à une forme moderne d'esclavage, comme le recours à des enfants soldats ou le travail forcé en général". À ces exemples, on peut ajouter les cas de la Côte d’Ivoire et du Sénégal, qui abritent 144 000 esclaves pour le premier et 80 000 pour le second.

L’esclavage en Europe

L’esclavage n’est cependant pas l’apanage des pays pauvres ou en guerre. En 2017, le risque d’esclavage moderne a explosé dans les trois-quarts des pays de l’Union européenne, comme le révèle une étude publiée le 10 août dernier par Verisk Maplecroft, un cabinet britannique de conseil en gestion des risques. En cause principalement, l’arrivée massive de migrants. Le scénario est invariablement le même : les migrants fuyant leur pays s’endettent auprès des passeurs qui leur permettent de franchir les frontières. À leur arrivée, ils se retrouvent livrés à des particuliers et à des entreprises peu scrupuleux qui les exploitent. La situation est ainsi devenue préoccupante en Roumanie, en Grèce, en Italie, à Chypre et en Bulgarie, principaux points d’entrée des plus de 100 000 migrants arrivés en Europe par la mer en 2017.

La Roumanie a même connu la pire détérioration à l’échelle mondiale : au sein de l’index qui classe les pays par ordre de risques liés à l’esclavage (le premier rang étant dévolu au plus haut risque d’esclavage), le pays a ainsi grimpé de 56 places en un an, passant du 122e au 66e rang.

Les grandes économies de l’UE et la France touchées

Le risque touche aussi les grandes économies de l’Union européenne. En l’espace d’une année, l’Allemagne et le Royaume-Uni sont ainsi passés de la catégorie "faible risque" d’esclavage à la catégorie "risque moyen".

La France n’est pas en reste. Walk Free y dénombre 8 600 personnes victimes d'une forme moderne d'esclavage. Mineurs, femmes ou hommes contraints à la prostitution, jeunes filles réduites à l’esclavage domestique, personnes vulnérables ou handicapées soumises au travail forcé, enfants obligés mendier, les cas d’esclavage moderne ne manquent pas.

De bons élèves à signaler toutefois : l'Islande et le Luxembourg se placent en bas du classement avec seulement 100 victimes chacun.

Première publication : 20/11/2017

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