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Culture

Aux Rencontres d'Averroès, la liberté en question

© Lee Jeffries, Rencontres d'Averroès | Le musicien franco-libanais Bachar Mar-Khalifé s'est produit à La Criée de Marseille, dans le cadre des Rencontres

Texte par Audrey RACINE

Dernière modification : 20/11/2017

À Marseille, la 24e édition des Rencontres d'Averroès a porté sur la notion de liberté, qu'elle se conjugue au singulier ou au pluriel. Loin d'être acquise, la liberté est un questionnement perpétuel, nous rapporte Audrey Racine.

Aux Rencontres d'Averroès, qui se sont déroulées le weekend du 17 novembre à Marseille, la liberté s'est conjuguée au présent et au futur plutôt qu'au passé.

>> À lire sur France 24 : À Marseille, liberté et Méditerranée en débats aux rencontres d'Averroès 2017

Certes, des révolutions ont mis fin à des pouvoirs établis depuis des décennies. Certes, l'information n'a jamais autant circulé grâce au web et aux réseaux sociaux. Mais les crises économiques et migratoires nous le rappellent, la liberté est partout à défendre, sinon à conquérir.

Quand l'information émancipe

Le journaliste Jean-Marc Manach rappelle ainsi que le citoyen n'a jamais disposé d'autant d'outils pour s'informer, citant notamment les "darknets", des réseaux privés virtuels confidentiels et anonymes qui, en dépit de leur mauvaise réputation, permettent de contourner la censure. Le New York Times publie d'ailleurs une édition sur le darknet à destination des pays où le site du journal est bloqué.

Ces nouveaux moyens de communication ont eu un rôle dans la mobilisation des citoyens des révolutions arabes de 2011, comme l'a rappelé la politologue tunisienne Farah Hached.

Elle évoque ainsi une page qui avait été ouverte à l'époque sur Facebook afin de dénoncer une circulaire interdisant aux femmes de sortir seules dans les rues le soir. Facebook ayant été coupé pendant plusieurs jours, les gens s'étaient retrouvés pour manifester dans les rues. "C'est ainsi que tout à commencé", explique-t-elle.

Quand l'information trompe

Pourtant, loin d'être un seul outil au service de la liberté, les réseaux sociaux sont devenus un terrain de lutte pour la liberté, ont noté les intervenants. Le phénomène des "fake news", qui ont souvent un but politique, et le "ciblage" des utilisateurs grâce aux informations qu'ils ont eux-même diffusées sur ces réseaux, exposent chacun à la manipulation. Ce qui finit par réduire le champ des libertés individuelles.

Jean-Marc Manach, qui plaide pour une meilleure éducation aux outils Internet, met d'ailleurs en garde contre l'influence, inédite dans l'histoire, des multinationales qui composent l'industrie du numérique.

Aujourd'hui, grâce à Internet, tout le monde a droit à la parole publique, pour le meilleur. Mais aussi pour le pire, quand il s'agit d'incitation à la haine, ou de blasphèmes qui enflamment la toile. Faut-il alors limiter la liberté d'expression ?

La liberté d'expression peut-elle être absolue?

Le politologue turc Cengiz Aktar expose alors toute la contradiction que porte en elle la notion de "liberté d'expression".

La théologienne Anastasia Colosimo, de son côté, regrette les effets pervers d'une loi comme la loi Pleven en France, qui, d'un côté pénalise l'incitation à la haine raciale mais de l'autre, "autorise des associations communautaires à porter plainte".

On l'a vu avec la plainte d'associations musulmanes contre Charlie Hebdo en 2007, poursuit-elle. La situation aboutissait à potentiellement sommer tous les musulmans de France de prendre position dans cette affaire.

Ainsi la théologienne met-elle en garde contre le glissement vers plus de communautarisme en France, intimant au citoyen français de se définir en fonction de ses appartenances, au risque d'aliener une partie de sa liberté de conscience.

L'exemple de la Tunisie

Le juriste tunisien Yadh Ben Achour, qui a participé à la rédaction de la Constitution tunisienne, souligne le progrès fait par le nouvel État en banissant délibérément le crime de blasphème. Mais rien n'est acquis, prévient Farah Ached : la démocratie tunisienne est encore en construction et les anciens réflexes peuvent revenir.

Tous s'accordent cependant à dire que si la révolution tunisienne a réussi, c'est qu'elle est venue d'une volonté de liberté exprimée par le peuple. À l'inverse des sociétés comme l'Irak, durablement déstabilisées par l'interventionisme occidental sous prétexte de liberté, alerte la politologue Loulouwa al-Rachid.

Cette "nouvelle forme de colonisation", selon les mots de la politologue Marilena Koppa, la Grèce en a fait l'amère expérience. La mise sous tutelle du pays a conduit à une perte de souveraineté inédite pour un État dans l'histoire contemporaine.

Les libertés, que ce soit pour un pays de choisir son destin ou pour un individu de faire valoir ses droits, sont donc des territoires en pleine mutation dont il faut sans cesse interroger les frontières.

Première publication : 20/11/2017

  • FRANCE

    À Marseille, liberté et Méditerranée en débats aux rencontres d'Averroès 2017

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