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Ouverture du 100e Congrès des maires, en attendant Macron

© AFP/Archives / Par Dominique CHABROL | François Baroin (LR), président de l'Association des maires de France (AMF) à Paris, le 11 juin 2018

PARIS (AFP) - 

Le 100e Congrès des maires s'ouvre mardi matin à Paris après des mois de tension entre l'exécutif et les élus, qui attendent d'Emmanuel Macron qu'il clarifie ses intentions pour rétablir le dialogue entre l'Etat et les collectivités.

Le chef de l'Etat interviendra jeudi après-midi en clôture de ce rendez-vous historique, auquel quelque 15.000 maires et une quinzaine de ministres sont attendus sur trois jours de débats.

Treize milliards d'euros d'économies imposés aux collectivités sur cinq ans, baisse des APL, diminution des emplois aidés, exonération de la taxe d'habitation... Les sujets de friction ne manquent pas entre collectivités et gouvernement, six mois après l'entrée en fonctions de l'exécutif.

"Le président a une occasion unique de remettre tout le monde autour de la table, de fixer un cap général vers plus de décentralisation", a estimé lundi François Baroin (LR) dans une interview au Figaro. Un "pacte de confiance" est selon lui possible, "mais le président de la République doit, d'urgence, reprendre la main sur ce dialogue", fait valoir le président de l'Association des maires de France (AMF).

Les signes d'apaisement et de durcissement ont alterné ces derniers jours entre l'exécutif et les élus. Le gouvernement sera représenté en force Porte de Versailles et Emmanuel Macron recevra 1.500 maires mercredi soir à l'Elysée.

Mais Matignon a aussi fait savoir lundi qu'il n'était "pas question" pour l'exécutif de "revenir sur la baisse des APL", les aides personnalisées au logement, à laquelle les élus locaux sont vivement opposés.

L'AMF dénonce pour sa part les mesures "exclusivement d'inspiration budgétaire" proposées depuis six mois et envisage de saisir le Conseil constitutionnel sur les contraintes budgétaires imposées par le gouvernement qu'elle juge contraires à la Constitution.

- 'Un bruit de fond qui n'est pas bon' -

"S'il n'y a pas d'avancées substantielles jeudi, il est clair que je ne vois pas comment nous pourrions participer à la conférence nationale des territoires" mi-décembre, martèle le vice-président de l'AMF, André Laignel (PS).

Au-delà de la dramatisation habituelle à la veille d'un congrès, des sensibilités différentes se font entendre parmi les maires.

Jean-Luc Moudenc (LR), président de France Urbaine, qui regroupe les maires des grandes villes et présidents d'intercommunalité, met ainsi en garde contre "des postures excessives qui oublient les avancées obtenues". Le maire de Toulouse attend d'Emmanuel Macron qu'il installe, "avec des garanties fortes", un "dialogue permanent, systématisé" avec les collectivités, "ce qui n'était pas le cas jusqu'ici".

Avant l'intervention du chef de l'Etat jeudi, le Premier ministre Edouard Philippe s'adressera aux élus dès mardi après-midi.

Signe de l'importance que l'exécutif accorde à ce rendez-vous avec les élus locaux, la moitié des membres du gouvernement participera aux débats. "Le président de la République est conscient qu'il porte une vision de transformation de la France qui ne peut pas se faire avec un bruit de fond qui n'est pas bon dans le pays", soutient François Baroin.

Tout en ménageant l'exécutif, l'AMF demande à l'Etat de rompre avec une politique de baisse des dotations entamée il y a sept ans. Le gouvernement maintient quant à lui son objectif de maîtrise des dépenses publiques.

La limitation envisagée par le gouvernement de la hausse des dépenses de fonctionnement des principales collectivités à 1,2% par an est l'une des mesures les plus contestées par les élus. "Avec le président de la République, nous allons veiller cette semaines à faire bouger les lignes", a avancé lundi le président du Sénat Gérard Larcher (LR) dans Les Echos.

Egalement attendu, le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, participera jeudi matin à un débat sur les finances locales.

Par Dominique CHABROL

© 2017 AFP