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FRANCE

Marine Le Pen dénonce une "fatwa bancaire" après des clôtures de comptes du FN

© Jacques Demarthon, AFP | Marine Le Pen et le trésorier du parti Wallerand de Saint-Just, lors d'une conférence de presse, le 22 novembre 2017 à Nanterre.

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 22/11/2017

Le Front national et sa présidente Marine Le Pen ont accusé mercredi le groupe Société Générale de discrimination après la clôture de plusieurs comptes du parti. La banque a, de son côté, défendu une décision de nature "exclusivement bancaire".

Le Front national (FN) et sa présidente Marine Le Pen s’estiment, mercredi 22 novembre, victimes d’une "fatwa bancaire". Les groupes Société Générale et HSBC ont récemment clôturé les comptes du parti à la flamme. Une décision de nature "exclusivement bancaire" et "donc sans aucune considération politique", argue-t-on du côté de la Société Générale.

Les responsables du FN ont d’ores et déjà annoncé leur intention de porter plainte contre la banque, l’accusant de "discrimination". "Nous déposerons plainte tant au nom du Front national contre la Société générale et sa filiale qu'à titre personnel je le ferai contre la HSBC", a déclaré Marine Le Pen, lors d'une conférence de presse au siège du parti à Nanterre. Elle a appelé les cadres, les élus, les adhérents et les électeurs du parti à en tirer toutes les conséquences.

Emmanuel Macron penché sur le dossier

"Nous sommes donc aujourd'hui privés de nos recettes. Cette situation met le Front national face à une difficulté absolument majeure et empêche le fonctionnement normal du parti", a poursuivi la présidente du parti frontiste, pour qui la banque cherche "à susciter les conditions de sa ruine et donc à terme, volonté à peine cachée, sa disparition". Elle a d’ailleurs rencontré Emmanuel Macron mardi à l'Élysée, dans le cadre de consultations sur les élections européennes, pour le saisir du "problème". Selon elle, il lui a "répondu qu'il allait se pencher sur le dossier".

L'ex-candidate à la présidentielle a en outre indiqué mercredi que "cet acharnement" touchait également "des dirigeants à titre personnel", dont elle. Elle affirme avoir reçu "ce matin un coup de téléphone de Thomas Vandeville, le président de la HSBC, qui a racheté la banque Hervet où (elle) avait un compte" depuis "25 ans" et qui, "sans aucune justification, (lui) a annoncé la clôture de mon compte personnel".

Pas le moindre incident de compte, selon le FN

Dépourvu de compte, le FN a saisi la Banque de France, qui a enjoint le Crédit du Nord, filiale de la Société Générale, d'ouvrir un compte. Mais, selon le trésorier du FN, Wallerand de Saint-Just, la banque nordiste interdit au parti de disposer de chéquier, les sorties ne pouvant se faire que par virement, et empêche que les dons puissent se faire par carte bancaire via le site Internet du parti, ne permettant les entrées que par chèques et virements.

"Un mandataire financier du Front National a sollicité la Banque de France pour bénéficier du droit au compte en tant que particulier. Le Crédit du Nord a répondu aux exigences de la Banque de France et a mis en application les services requis dans le cadre de la réglementation du droit au compte", a assuré de son côté Société Générale dans le communiqué.

Si le FN refuse de communiquer le solde actuel, selon lui positif, de son compte - "il s'agit du secret de notre fonctionnement" -, il assure qu'il n'a pas connu "le moindre incident de compte", alors qu'il revendique "plusieurs dizaines de milliers d'adhérents" et "des ressources stables".

Le FN explique en outre qu'il a contracté un prêt de 9,3 millions d'euros, mais que celui-ci arrive à échéance en 2019.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 22/11/2017

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