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Le gouvernement irlandais en pleine crise après une motion de défiance

© AFP/Archives / Par Julien LAGACHE | Michéal Martin alors ministre des Affaires étrangères à Dublin le 16 janvier 2011

DUBLIN (AFP) - 

Le gouvernement irlandais était plongé dans la crise vendredi après le dépôt d'une motion de défiance contre la vice-Première ministre, à trois semaines d'un sommet sur le Brexit au cours duquel sera notamment évoquée la question de la frontière avec l'Irlande du Nord.

Cette motion, déposée par le Fianna Fail, principal parti d'opposition, pourrait en effet aboutir à la chute du gouvernement et à l'organisation de nouvelles élections, moins de deux ans après celles de 2016, si elle était votée mardi.

Micheál Martin, le chef du Fianna Fail, exige la démission de Frances Fitzgerald, accusée d'avoir menti sur ce qu'elle savait au sujet d'une campagne de dénigrement supposée menée par la direction de la police contre un de ses officiers, Maurice McCabe. Et promet de retirer sa motion si elle quitte son poste.

Or, le Premier ministre et chef du parti Fine Gael, Leo Varadkar, a fermement exclu cette démission, tout en espérant pouvoir aboutir d'ici à mardi à un compromis qui permettrait d'éviter un scrutin anticipé.

"Je pense que nous avons encore l'opportunité (...) au cours du week-end d'éviter des élections générales", a déclaré M. Varadkar sur la chaîne de télévision irlandaise RTE, à l'issue d'une rencontre d'une heure avec M. Martin, vendredi à Dublin.

"Je ne souhaite pas d'élections générales. Je pense que Micheál Martin non plus", a-t-il ajouté.

Si la motion de défiance était votée au Parlement mardi, cela contreviendrait à l'accord qui lie le Fianna Fail à son rival historique, arrivé en tête des dernières élections de 2016 mais sans une majorité suffisante pour gouverner.

Cet accord veut que le Fianna Fail vote le budget et qu'il s'abstienne pendant les votes de confiance.

Pour que l'accord soit valide, le Fianna Fail "doit avoir confiance en ce que le gouvernement lui dit", a déclaré vendredi Micheál Martin. Ce qui n'est pas le cas selon lui.

- Avant Noël -

Si des élections anticipées devaient être organisées, Leo Varadkar a indiqué sur RTE qu'elles devraient se tenir dans la semaine précédant Noël, estimant peu opportun de les reporter jusqu'à mi-janvier.

La motion de défiance a provoqué la colère du ministre des Finances Paschal Donohue, pour qui "la perspective d'élections ou d'une absence de gouvernement pour affronter ces défis est impensable".

A son arrivée à Bruxelles pour une réunion des dirigeants de l'UE et de six pays issus de l'ex-URSS, le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, a estimé quant à lui que "le Fianna Fail agi(ssait) de manière inconséquente" et affirmé que l'exécutif ne lâcherait pas la vice-Première ministre "sur la base d'accusations aussi fragiles".

Malgré une volonté affichée de part et d'autre de maintenir le dialogue et d'éviter des élections, les deux partis campent sur leur position respective.

Aux yeux de certains analystes, des élections anticipées aboutiraient à un équilibre des forces similaire à l'actuel et donc à une prolongation de la crise.

Et parmi les élus, peu se montrent enthousiastes à l'idée d'entamer une campagne avant les fêtes de fin d'année.

"La dernière chose que je souhaite, c'est aller frapper aux portes de ma circonscription et faire concurrence aux chanteurs de Noël", avait déclaré dès jeudi soir le député du Fianna Fail Willie O'Dea. Mais s'il devait y avoir un nouveau scrutin, "qu'il en soit ainsi", avait-il ajouté, résumant la position de son parti.

Outre le Brexit, les inquiétudes étaient déjà en train de naître au sujet d'autres travaux législatifs. Ainsi, les militants pro-avortement s'alarment d'une éventuelle dissolution de l'Assemblée qui planche depuis plusieurs semaines sur le projet de référendum concernant un accès plus large à l'IVG.

Le parti nationaliste Sinn Féin a aussi déposé de son côté une motion de défiance, pour réclamer également la démission de Frances Fitzgerald, toujours dans l'affaire Maurice McCabe.

Considéré comme un lanceur d'alertes pour avoir signalé certaines pratiques au sein de la hiérarchie policière, cet homme avait été accusé à tort dans la foulée d'agressions sexuelles sur des enfants.

L'affaire, qui remonte à 2006, a pris une tournure plus politique en 2014, avec la démission depuis de deux chefs de la police nationale, le départ d'un ministre de la Justice et le remplacement en juin du Premier ministre Enda Kenny par Leo Varadkar.

Par Julien LAGACHE

© 2017 AFP