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Emmanuel Macron à France 24 : "Nous devons conduire une action policière renforcée en Libye"

© France 24 | Emmanuel Macron lors de son entretien à France 24 et RFI le 29 novembre à Abidjan.

Vidéo par Roselyne FEBVRE , Christophe BOISBOUVIER

Texte par Alcyone WEMAËRE

Dernière modification : 30/11/2017

Dans une interview exclusive accordée mercredi à France 24 et RFI en marge du sommet UA-UE qui se tient en Côte d'Ivoire, Emmanuel Macron a appelé à lancer en Libye "une initiative concrète militaire et policière sur le terrain".

Lors d'un entretien exclusif accordé à France 24 et à RFI mercredi 29 novembre depuis Abidjan, en Côte d’Ivoire, Emmanuel Macron s'est exprimé sur la crise en Libye et les relations franco-africaines. Il est aussi revenu sur certaines polémiques.

  • "Ce qui se passe en Libye, c’est un crime contre l’humanité"

Juste avant de participer à Abidjan à une réunion en urgence sur la lutte contre les trafiquants de migrants vendus comme esclaves en Libye, Emmanuel Macron a plaidé en faveur d’une action policière renforcée en Libye : "Nous allons lancer une initiative concrète militaire et policière sur le terrain. Il faut aussi des sanctions", a-t-il dit à France 24 et RFI. La France, l'Allemagne, le Niger, le Tchad, le Maroc, l'ONU, l'Union africaine et l'Union européenne ont participé à cette réunion mercredi soir alors que la vente aux enchères de migrants comme esclaves en Libye est devenu l'un des sujets majeurs du sommet Union africaine-Union européenne qui se tient en Côte d'Ivoire.

"Ce qui se passe en Libye, c’est un crime contre l’humanité. Nous devons dénoncer et agir. Nous devons nous attaquer collectivement aux réseaux de passeurs", a insisté le président français lors de l'interview.

"Je souhaite aussi que nous puissions procéder à des sanctions dans le cadre de l'ONU contre ces passeurs", a encore dit Emmanuel Macron au sujet de la Libye. "Ces passeurs sont liés à des réseaux terroristes", a-t-il estimé en développant : "ce sont parfois les mêmes que ceux qui nous font la guerre et qui chaque jour font des morts dans la bande sahélo-saharienne".

  • Polémique sur la clim' : "L'humour, une relation d’égal à égal"

Alors que son apostrophe avec le président burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, mardi à Ouagadougou, au sujet d’un problème de climatisation fait polémique, Emmanuel Macron a balayé les accusations de condescendance et de racisme de ses détracteurs en fustigeant de "vrais paternalistes qui considèrent que l’on ne peut pas faire de l’humour avec un dirigeant africain".

Polémique sur la clim' avec Kaboré : "l'humour est une relation d’égal à égal"

Évoquant "l’énergie et la vitalité d’un moment", Emmanuel Macron a présenté "l'humour" comme le signe "d'une relation d’égal à égal". Aurait-il pour autant été si familier avec Angela Merkel ? Oui, répond le président français. "Ce n’est pas notre relation", a-t-il concédé en assurant qu’il aurait cependant pu avoir ce genre d’échange avec n'importe quel dirigeant européen dont par exemple Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne. "Il y aurait des sujets interdits en Afrique ? On doit pouvoir plaisanter !", a-t-il résumé.

  • Tourner la page du "paternalisme" et de "l'anticolonialisme"

Tout en concédant qu'une défiance s’était installée "à l’égard de la France et de l’Union européenne" en Afrique, Emmanuel Macron a, plaidé, dans la continuité de son discours de la veille à l’université de Ouagadougou, pour une approche "décomplexée" vis-à-vis de l’Afrique. "Je sais toutes les erreurs du passé", a déclaré le président français en rejetant à la fois "le discours paternaliste des uns" et "le discours anticolonialiste des autres".

  • "Le G5 Sahel s'organise, mais pas assez vite"

Alors que l'UE affiche son soutien au G5 Sahel, un groupe de cinq pays (Mali, Niger, Mauritanie, Burkina Faso et Tchad) qui s'efforce de mettre en place une force antijihadiste dans cette région, Emmanuel Macron a regretté que le G5 ne s’organise "pas assez vite". Seule la moitié de son budget de la force a, en effet, été réuni à ce stade… bien qu'il ait été divisé par deux, à 240 millions d'euros.

  • Assassinat des reporters de RFI : "Nous éluciderons ce qui doit être élucidé"

Interrogé sur l'assassinat des journalistes de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon, en novembre 2013 dans le nord du Mali, Emmanuel Macron a rendu hommage à "deux voix qui nous manquent". Au sujet des commanditaires de ces crimes, le président français a affirmé : "Nous les retrouverons et ils paieront". "L’engagement de la France est entier. Nous éluciderons ce qui doit être élucidé", a-t-il ajouté.

  • "J'irai en Iran en temps voulu"

"J'irai, comme je l'ai dit, en Iran en temps voulu", a annoncé Emmanuel Macron lors de l'interview, alors que les relations entre Paris et Téhéran se sont crispées ces dernières semaines. "Il faut préparer le déplacement [dans] un cadre qui est celui que j'ai donné : l'Iran n'est pas un partenaire, nous avons une relation qui est structurée à travers un accord sur le nucléaire", a-t-il souligné.

  • Corée du Nord : "Je compte sur la Chine et la Russie"

Réagissant au nouveau tir de missile balistique par le régime de Pyongyang dans la nuit de mardi à mercredi, Emmanuel Macron a appelé à "accroître les sanctions". "Et je compte beaucoup, en particulier, sur la Chine et la Russie pour prendre les sanctions les plus difficiles et les plus efficaces sur la Corée", a-t-il précisé.

Première publication : 29/11/2017

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