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FRANCE

L'écrivain et académicien français Jean d'Ormesson est mort à l'âge de 92 ans

© Martin Bureau, AFP | L'écrivain et membre de l'Académie française, Jean d'Ormesson, à Paris le 9 avril 2015.

Vidéo par FRANCE 2

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 05/12/2017

L'écrivain français Jean d'Ormesson est mort d'une crise cardiaque, dans la nuit de lundi à mardi, à l'âge de 92 ans. Le journaliste polémiste était membre de l'Académie française depuis 1973.

L'écrivain et académicien Jean d'Ormesson est mort dans la nuit du lundi 4 au mardi 5 décembre, à l'âge de 92 ans. Écrivain, journaliste, polémiste, le romancier est décédé d'une crise cardiaque à son domicile de Neuilly (Hauts-de-Seine), a précisé sa fille, l'éditrice Héloïse d'Ormesson. "Il a toujours dit qu'il partirait sans avoir tout dit, et c'est aujourd'hui. Il nous laisse de merveilleux livres", a-t-elle ajouté.

Élu en 1973 à l'Académie française, l'éditorialiste et qui a dirigé Le Figaro (1974-1977), est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages. Sa carrière littéraire avait explosé en 1971, avec "La Gloire de l'Empire", récompensé par le Grand Prix de l'Académie française. En 2015, il avait reçu la récompense suprême de tout écrivain français, être édité, de son vivant, dans la collection La Pléiade des éditions Gallimard.

Une amitié née d'une rivalité avec Mitterrand

L'Immortel entretenait un rapport particulier avec la politique ; en décochant, notamment, des éditoriaux fameux et cinglants dans le Figaro. En mai 1981, il avait ainsi interpellé François Mitterrand, tout juste élu, à la une du journal de droite : "Je convoque le président de la République au tribunal de l'Histoire". Les deux hommes étaient devenus amis. Jean d'Ormesson racontait en mars 2012 à l'Express : "C'est comme cela que nous avons sympathisé, Mitterrand et moi. Dans un discours, en province, il a parlé de moi en ces termes : ‘Quel dommage qu'un si bon écrivain soit si stupide politiquement’", se rappelle-t-il, se disant "enchanté".

"Il était le meilleur de l'esprit français, un mélange unique d'intelligence, d'élégance et de malice, un prince des lettres sachant ne jamais se prendre au sérieux", a salué le président de la République, Emmanuel Macron, pour qui Jean d'Ormesson avait annoncé vouloir voter au second tour de l'élection présidentielle.

Une carrière littéraire débutée en 1956

Né à Paris le 16 juin 1925, fils d'ambassadeur, Jean d'Ormesson, normalien et agrégé de philosophie, entreprend une carrière de haut fonctionnaire. Après avoir été membre de délégations françaises à plusieurs conférences internationales (1946-48), il entre à l'Unesco, où il est secrétaire général, puis président du Conseil international de philosophie et des sciences humaines. Il appartient parallèlement à plusieurs cabinets ministériels de 1958 à 1965.

Jean d'Ormesson publie en 1956 son premier roman, "L'Amour est un plaisir". Parmi ses grands succès littéraires, "Au plaisir de Dieu" (1974), sera adapté à la télévision. Suivront notamment "Dieu, sa vie, son œuvre" (1981), "Jean qui grogne et Jean qui rit" (1984).

Collaborateur dès 1949 de plusieurs journaux, Paris-Match, Ouest-France, Nice Matin, il est rédacteur en chef adjoint (1952-71) de la revue de philosophie "Diogène", avant d'en devenir directeur général en 1976. Président du directoire de la société de gestion du Figaro et directeur de ce quotidien de 1974 à 1976, il est ensuite directeur général du Figaro jusqu'à sa démission en juin 1977.

À l’Académie française, où il succède en octobre 1973 à Romain Rolland, au fauteuil 12, il s’engage dans un "grand combat", note Le Point, pour permettre l’arrivée de Marguerite Yourcenar, première femme à devenir Immortelle, en 1980.

Avec "L'Histoire du Juif errant" (1991), "La Douane de mer" (1994) et "Presque rien sur presque tout" (1996), l'écrivain, qui a reçu le prix Chateaubriand en 1994 pour l'ensemble de son œuvre, donne son explication du monde, avec l'art qui lui est propre de dire des choses graves avec légèreté.

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Ensuite, il publie notamment "Une autre histoire de la littérature française" en deux tomes (1997-1998), un nouveau roman ("Voyez comme on danse", 2001) et deux livres "testamentaires" : "Le Rapport Gabriel" (1999), "C'était bien" (2003). En 2005, paraît "Une fête en larmes".

En 2013, dans "Un jour je m'en irai sans vous avoir tout dit", il livrait sa foi en la littérature, la force des sentiments et le goût du bonheur.

Avec AFP

Première publication : 05/12/2017

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