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FRANCE

Jean d’Ormesson, star de la littérature et des médias, s’est éteint

© Kenzo Tribouillard, AFP | L'écrivain et membre de l'Académie française, Jean d'Ormesson, à Paris le 17 janvier 2014.

Vidéo par FRANCE 2

Texte par Aude MAZOUÉ

Dernière modification : 06/12/2017

Le très médiatique écrivain et académicien Jean d'Ormesson est mort dans la nuit de lundi à mardi à l'âge de 92 ans. L'auteur d'"Au Plaisir de Dieu" laisse l’image d’un amoureux de la vie qui célébrait les livres. Portrait.

Un regard bleu perçant sans jamais être blessant. Un air espiègle, un phrasé au charme suranné poli par une longue descendance aristocratique, Jean d’Ormesson est décédé d’une crise cardiaque à l'âge de 92 ans dans la nuit du lundi 4 à mardi 5 décembre, à son domicile de Neuilly-sur-Seine, près de Paris. L’académicien et intellectuel que l’on finissait par croire immortel ne partagera désormais plus son amour des grands auteurs dans les médias dont il était devenu la coqueluche. Jean d'Ormesson sera entre 1975 et 1990 l'écrivain le plus souvent invité à Apostrophe. "Il a toujours dit qu'il partirait sans avoir tout dit et c'est aujourd'hui. Il nous laisse de merveilleux livres", a commenté sa fille, Héloïse, mardi 5 décembre.

Françoise Nyssen, ministre de la Culture, réagit à la mort de Jean d'Ormesson

Amoureux des bains de mer, des femmes et de la littérature, cet écrivain facétieux laisse à la postérité une œuvre littéraire féconde. L'auteur de "Au Plaisir de Dieu", signe une quarantaine de romans parmi lesquels "Dieu, sa vie, son œuvre," (1981), "Jean qui grogne et Jean qui rit" (1984) ou plus récemment "C'était bien" (2003), "Une fête en larmes’ (en 2005). Jusqu’à sa dernière œuvre aux accents testamentaires " Je dirai malgré tout que cette vie fut belle " (2016).

De la rue d’Ulm à l’Unesco

Celui qui cultivait l’art de la conversation presque aussi bien que celui de la paresse – "J'aimais beaucoup ne rien faire. Dans cette activité suprême, j'étais presque excellent. Je ne m'ennuyais jamais" – n’en est pas moins entreprenant. Normalien et agrégé de philosophie, il débute une brillante carrière de haut fonctionnaire comme membre de délégations françaises à plusieurs conférences internationales (1946-48), avant d’entrer à l'Unesco en tant que secrétaire général (1950-1992), puis président du Conseil international de philosophie et des sciences humaines. Il appartient parallèlement à plusieurs cabinets ministériels de 1958 à 1965. Mais c’est au Figaro que son nom reste le plus associé. Il en devient le directeur en 1970 et contribue dans une large mesure à relancer les ventes et le prestige du journal conservateur.

Jean d’O., tutoie parallèlement les plus grands. Au cours de sa carrière, il croise tous les présidents de la Ve République, mais c'est avec François Mitterrand, pourtant "un adversaire" politique, qu’il noue une relation particulière. Des échanges qui relèvent davantage du paradoxe que de l’amitié. En mai 1981, il lui consacre un article virulent à la une du Figaro. François Mitterrand, tout juste élu, déplore en réponse "qu'un si bon écrivain fût si stupide politiquement". "Je lui ai écrit quelques mots pour le remercier de son indulgence. La machine était lancée", se souvient Jean d'Ormesson. Divisés sur le plan idéologique, les deux hommes ne partagent ensemble qu’une même conviction : celle que la littérature est "bien au-dessus de la politique". S’il place tout en haut de son Panthéon personnel, le général de Gaulle, il ne s’engagera pourtant jamais en politique qu'il considère comme "un jeu violent et un sport de combat".

Immortel

Faux modeste, ce fils de diplomate accepte les honneurs d'où qu'ils viennent. "Les honneurs, je n'aime ça qu'au singulier. Au pluriel, ce n'est pas intéressant, même si je ne les méprise pas." Il ne dédaignera pas la grand-croix de la Légion d'honneur, remise des mains de François Hollande en 2016 dans les salons de l'Élysée. Pas plus qu’il ne renoncera à sa charge d’académicien, dont il fut un membre charismatique et influent. Entré au "jeune" âge de 48 ans sous la coupole, il livre un long combat pour permettre à Marguerite Yourcenar d'être la première femme à frapper à la porte et entrer dans le prestigieux cénacle masculin. Michel Mohrt, Maurice Rheims, Jean-Marie Rouart, Simone Veil, Erik Orsenna, Jean-Christophe Rufin ou François Weyergans lui doivent également beaucoup.

Mais c’est certainement son entrée en 2015 dans l'illustre "Bibliothèque de la Pléiade" de Gallimard – et il est l'un des rares à l'avoir été de son vivant – dont il est le plus fier. En disparaissant, l’écrivain préféré des Français laisse l’image d’un homme éloquent au charme délicieux qui aimait deviser sur les grands auteurs, le temps qui passe, la mort et célébrait par dessus tout la vie. C'est encore lui qui se résume le mieux dans "C’était bien" : "J’ai beaucoup ri. J’ai ri du monde et des autres et de moi. Rien n’est très important. Tout est tragique. Tout ce que nous aimons mourra. Et je mourrai moi aussi. La vie est belle."

Première publication : 05/12/2017

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