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FRANCE

Laurent Wauquiez, l’ambitieux devenu "vraiment de droite"

© AFP | Laurent Wauquiez tout juste élu à la tête des Républicains, le 10 décembre 2017.

Vidéo par Laure WAGNER

Texte par Alcyone WEMAËRE

Dernière modification : 11/12/2017

Après des débuts dans le sillage du centriste Jacques Barrot, Laurent Wauquiez n’a eu de cesse d'aller toujours plus à droite. Élu président du parti Les Républicains dimanche, il devra convaincre au-delà pour incarner l'opposition.

Une parka rouge, un perpétuel air de premier de la classe… et une ambition à toutes épreuves. Laurent Wauquiez a beau avoir raflé la présidence du parti Les Républicains dès le premier tour de l'élection dimanche 10 décembre, les Français le connaissent mal. Il faut dire que ce surdiplômé passé par Normale et l’ENA, devenu député à moins de 30 ans, ne dégage, pour l’instant, ni le charisme d’un Nicolas Sarkozy, ni la bonhommie d’un Jacques Chirac. Dans la lignée de ses prédécesseurs, l’appétence pour le pouvoir, en revanche, est bien là.

Mais si, à 42 ans, Laurent Wauquiez se rêve en principal opposant à Emmanuel Macron, il peine à l’incarner. À peine plus vieux que le chef de l’État, mais plus vieux quand même, il n’est déjà plus ce "jeune loup ambitieux". Celui qui enchaînait les portefeuilles lors de la présidence Sarkozy – secrétaire d'État (porte-parolat, Emploi), ministre (Affaires européennes, Enseignement supérieur), celui qui ravissait à la gauche, en 2008, la municipalité du Puy-en-Velay, se faisait réélire à l'Assemblée en 2012, avant de prendre la région Auvergne-Rhône-Alpes en 2015. Une ascension politique classique, presque à l’ancienne, qui a pris un sérieux coup de vieux avec l’élection, sans même passer par un mandat électif, de l’ancien ministre de l’Économie.

Contre Emmanuel Macron, Laurent Wauquiez n’a pas retenu ses coups ces dernières semaines : il a ainsi décrit le chef d'État comme un "enfant capricieux", un "adulte arrogant" porté par "un seul projet : lui-même" et "hanté par une haine de la province". Une charge un peu trop vive pour ne pas participer d’une stratégie plus vaste : celle, face au juppéiste Maël de Calan et à la filloniste Florence Portelli, de prendre le parti Les Républicains par la droite.

Ce droit de "ne pas plaire à tout le monde", quitte à cliver, et ce positionnement "vraiment de droite", jusqu’à irriter les modérés de son propre camp, Laurent Wauquiez les revendique aujourd’hui.

Rien pourtant, au début des années 2000, ne laissait présager qu’il en viendrait à incarner cette droite identitaire et conservatrice.

De Jacques Barrot à Patrick Buisson

Ainsi, c’est sous la tutelle du centriste Jacques Barrot qu’il fait ses premiers pas en politique. Le député à la fibre européenne et démocrate-chrétienne lui lèguera d’ailleurs sa circonscription de Haute-Loire en 2004. En campagne pour lui succéder, Laurent Wauquiez déclare alors sur France 3 : "Je resterai fidèle aux valeurs qui nous ont permis avec Jacques Barrot d'aller de l'avant".

Dans une interview accordée à Causeur le 7 décembre 2017, Laurent Wauquiez rejette à présent cet héritage : "En réalité, je n'ai jamais été centriste, mais j'ai succédé au centriste Jacques Barrot", fait-il valoir. "Jeune député à l'Assemblée nationale, j'ai fait le singe savant en récitant la partition qu'attendaient les médias", plaide-t-il encore. Ce virage vers une droite "qui s’assume", Laurent Wauquiez le met, toujours dans cette interview à Causeur, sur le compte d’une "libération progressive des carcans".

Le Laurent Wauquiez "vraiment de droite" sort pour la première fois du bois en 2011, lorsqu'il définit "l'assistanat" comme un "cancer de la société française" et prône parallèlement l'instauration d'un travail obligatoire pour les bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA). Nouvelle étape, en 2013, quand il défile contre l'ouverture du mariage aux couples de même sexe. En 2014, il se pose en eurocritique dans un livre, "Europe, il faut tout changer", dans lequel il préconise un protectionnisme européen. Jacques Barrot le désavoue alors publiquement en dénonçant un livre "inspiré par je ne sais quel populisme en cours aujourd'hui. "On y trouve tous les ingrédients, qui nous renvoient au siècle dernier avec un protectionnisme qui a montré ses limites en attisant la peur de l'autre", écrit encore l’ancien ministre de Jacques Chirac dans Les Échos. La même année, Laurent Wauquiez confirme au Monde qu’il consulte Patrick Buisson, le sulfureux conseiller venu de l'extrême droite. Il prendra finalement ses distances avec lui, après la parution en 2016 de son brûlot "La cause du peuple". Mais l’irrésistible poussée vers la droite de Laurent Wauquiez ne s’arrêtera pas là. "Immigration, ça suffit" et "Bruxelles, ça suffit" est-il écrit, en 2015, sur un de ses tracts de campagne pour les régionales.

Dans la dernière ligne de sa campagne pour la présidence de LR, entre deux photos aux côtés de François Fillon et Nicolas Sarkozy, Laurent Wauquiez déclarait : "L’immigration doit être réduite à son strict minimum". Une ligne décidément trop droitière pour l'UDI qui, avant même le résultat, avait d’ores et déjà pris ses distances avec lui. "Les positions de Laurent Wauquiez s’éloignent tellement de nos convictions que je ne vois pas quel centriste pourrait accepter sa main tendue", avait ainsi fait savoir le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde, en lui reprochant d’incarner "l’ultra-droite".

Des valeurs centristes à celles "clairement de droite", l’évolution du positionnement de Laurent Wauquiez sur l’échiquier politique n’est sans doute pas étrangère aux réticences qu’il suscite dans son propre camp, et au-delà. Désormais élu à la tête du parti, il aura cinq ans pour se préparer à l’ambition qu’on lui prête : affronter Emmanuel Macron à la présidentielle de 2022.

Première publication : 10/12/2017

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