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Asie - pacifique

Cambodge : l'UE suspend son assistance après la dissolution du principal parti d'opposition

© Tang Chhin Sothy, AFP (archives) | Le Premier ministre cambodgien Hun Sen devant ses partisans, le 2 juin 2017.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 12/12/2017

Après la dissolution du principal parti d'opposition au Cambodge en novembre, l'Union européenne a annoncé mardi suspendre son assistance financière à la commission électorale chargée de l'organisation des législatives en 2018.

Le scrutin ne sera pas "crédible". C'est ces termes que, quelques semaines après les États-Unis, l'Union européenne a justifié, mardi 12 décembre, sa décision de suspendre l'assistance financière qu'elle comptait apporter à l'organisation des législatives de 2018 au Cambodge. Cette décision, rare, intervient après la dissolution, mi-novembre, du principal parti d'opposition, le Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP).

"Un processus électoral dont le principal parti d'opposition a été arbitrairement exclu ne peut être considéré comme légitime, critique la représentation européenne. Dans ces circonstances, l'Union européenne ne pense pas qu'il y ait la possibilité d'un processus électoral crédible", poursuit l'UE dans une lettre adressée à Phnom Penh.

La dissolution du CNRP a été le point d'orgue d'une longue série d'attaques orchestrées par l'homme fort du pays, Hun Sen, contre son seul adversaire crédible dans les urnes. Le principal parti d'opposition avait fait un score remarqué, de plus de 40 %, aux législatives de 2013, une percée confirmée lors des municipales de juin 2017.

Début septembre, le chef du CNRP Kem Sokha avait été emprisonné et inculpé pour "trahison et espionnage" en faveur de Washington, des accusations passibles de 30 ans de prison. Et le fondateur du parti, Sam Rainsy, est en exil en France pour échapper à des poursuites.

L'UE emboîte le pas aux États-Unis

Washington tente aussi de son côté de faire pression sur le Cambodge. Mi-novembre, les États-Unis avaient déjà annoncé leur suspension de toute aide à l'organisation des élections, qui "ne seront pas légitimes", avait alors souligné la Maison Blanche. Dernière mesure de représailles par Washington : les personnes qui "sapent la démocratie" au Cambodge seront interdites d'entrée sur le territoire américain.

Après l'annonce de non-assistance électorale de Washington, Hun Sen et la commission électorale avaient assuré que les élections se tiendraient comme prévu, même sans aide ni observateurs internationaux. Mais cette menace ne semble pas avoir ébranlé le gouvernement cambodgien qui pourrait organiser les élections avec "son propre argent", a indiqué un de ses porte-parole, Phay Siphan. L'Union européenne et le Japon sont les principales sources de financement de la commission électorale. "Les équipements, budgets, aspects techniques et ressources humaines sont déjà prêts", a également réagi Som Sorida, secrétaire général de la commission, interrogé par l'AFP.

Hun Sen n'a quant à lui pas commenté la décision européenne, mais s'est félicité de la dissolution de l'opposition. "Nous devons les garder à l'œil car nous connaissons leurs plans pour une révolution de couleur au Cambodge", a-t-il insisté lors d'une réunion avec l'armée. Hun Sen ne cesse de brandir la menace, à l'occasion de ces élections d'une "révolution de couleur", comme en Libye ou en Égypte, soutenue par Washington.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 12/12/2017

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