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Tentative d’attentat : "New York reste une cible de choix pour les terroristes"

© Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP | Quatre personnes ont été blessées dans une "tentative d'attentat terroriste" lundi matin près de Times Square, à New York.

Texte par Charlotte OBERTI , correspondante à New York

Dernière modification : 12/12/2017

La tentative d’attentat qui a eu lieu lundi dans le métro de New York, perpétrée par un kamikaze, rappelle que la ville reste une cible privilégiée pour les terroristes.

“Une grande première”, “un tournant” dans la lutte contre le terrorisme aux États-Unis. Sur les ondes américaines, plusieurs experts ont qualifié, lundi 11 décembre, d’inédite la tentative d’attaque terroriste survenue dans le métro de New York, au cours de laquelle quatre personnes ont été blessées dont l’auteur des faits.

“Nous n’avions jamais eu de kamikaze qui était passé à l’acte de ce côté-ci de l’océan Atlantique”, a notamment déclaré Manuel Gomez, un expert en sécurité, à CBS News, précisant que cela concrétisait les “pires craintes de la police”.

Akayed Ullah, 27 ans, a activé la bombe artisanale rudimentaire qu’il portait autour de lui dans les couloirs souterrains à hauteur de Times Square. Blessé et brûlé à l’abdomen, il a rapidement été interpellé. Si la police n'a rien dit pour l’heure sur les motivations du suspect, selon le gouverneur de l'État de New York, Andrew Cuomo, il aurait été "influencé" par les groupes jihadistes.

"On savait que cela allait se produire"

Ce mode opératoire inédit n'étonne pas Maria Haberfeld, professeur à l’université John Jay College of Criminal Justice de New York : “C’est certes la première fois qu’un kamikaze déclenche sa charge aux États-Unis, mais cela existe notamment en Europe depuis des années et en Israël depuis des décennies", déclare cette experte à France 24. "Ce n’est pas ce que j’appelle un élément qui change la donne. On savait que cela allait se produire. Cela n’était qu’une question de temps avant que ce modus operandi n’arrive aux États-Unis.”

Maria Haberfeld entraîne la police new-yorkaise en matière de contre-terrorisme depuis 16 ans. Pour elle, la méthode ne change pas. "Il faut suivre l’actualité”, dit-elle, précisant que New York reste une cible de choix pour les terroristes car "tout le monde regarde ce qu’il s’y passe". “Il y a une formule simple : événement international important + individus en colère = risque accru de tentative d’attaque. Or, en ce moment, beaucoup de choses se passent dans le monde.”

Fin octobre, la ville de New York avait déjà été frappée par une attaque terroriste - la première mortelle depuis les attentats du 11 septembre 2001 - lorsqu’un camion a foncé sur des piétons et cyclistes à Manhattan, faisant huit morts.

“Des événements comme la chute de l’organisation de l’État islamique, qui est très médiatisée, provoquent des représailles et un désir chez certains de contrebalancer cette situation", pointe Maria Haberfeld. "L’EI a des milliers de partisans très difficiles à détecter et capables de beaucoup de dégâts.” De la même manière, la spécialiste pointe la récente décision du président Donald Trump de reconnaître la ville de Jérusalem en tant que capitale d’Israël comme déclencheur potentiel de passages à l’acte.

“L’éventualité d’une attaque ratée ne dissuade plus les terroristes”

Au-delà de la méthode employée lors de cette tentative d'attaque, le fait que l'individu ait agi seul est une autre source d'inquiétude pour certains spécialistes du terrorisme aux États-Unis, qui redoutent la recrudescence de "loups solitaires". Selon des proches de l’enquête, Akayed Ullah, qualifié de “loser dans son garage” par la police, aurait agi en représailles aux actions d’Israël à Gaza. Il aurait également choisi les couloirs de métro en raison des affiches de Noël qui y sont placardées, en référence aux attentats perpétrés sur des marchés de Noël en Europe.

“Cette attaque n’est pas du tout sophistiquée”, commente à France 24 Bruce Hoffman, professeur à l’université de Georgetown à Washington et auteur du livre “Inside Terrorism”. “L’auteur était de toute évidence mal entraîné et la bombe a été fabriquée avec du matériel trouvé sur son lieu de travail.”

Malgré cet amateurisme, la menace que représente ce genre d'individus isolés n’est pas prise à la légère.

“Ces gens-là sont presque plus intéressés par la publicité que va leur rapporter leur acte que par l’acte lui-même, poursuit Bruce Hoffman. Donc l’éventualité d’une attaque ratée ne les dissuade plus. Ils restent déterminés, même s'ils savent qu’à New York, ville réputée pour sa police surentraînée, ils ont plus de chances d’échouer que de réussir. Je trouve cela très inquiétant.”

Première publication : 12/12/2017

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