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Afrique

Cameroun : le procès de l’écrivain Patrick Nganang renvoyé au 19 janvier

© DR | Patrice Nganang, écrivain et universitaire camerounais, résidant aux États-Unis.

Texte par Florence RICHARD

Dernière modification : 15/12/2017

Le procès de l’écrivain camerounais Patrice Nganang a été renvoyé au 19 janvier. L’auteur est poursuivi pour "apologie de la violence", "menace" et "outrage à corps constitué", après un message hostile au président Biya publié sur Facebook.

Le procès de l’écrivain camerounais Patrice Ngagang, qui devait se tenir vendredi 15 décembre devant le tribunal de première instance de Yaoundé, a été renvoyé au 19 janvier, selon son avocat, Me Emmanuel Simh, joint par France 24. "Le ministère public a sollicité un renvoi au 19 janvier pour faire venir ses témoins", précise-t-il.

L’auteur camerounais de "Temps de chien" (prix Marguerite-Yourcenar en 2011 et Grand prix de la littérature d’Afrique noire en 2013), âgé de 47 ans et résidant aux États-Unis où il enseigne la littérature à université de l’État de New York, est poursuivi pour "apologie de la violence", "menace" et "outrage à corps constitué". Il a plaidé "non-coupable".

Patrice Ngagang a été interpellé le mercredi 6 décembre à l’aéroport de Douala, alors qu’il s’apprêtait à prendre l’avion pour Harare, au Zimbabwe, où réside son épouse. Après plusieurs jours de garde à vue, il avait été présenté au procureur de la République puis écroué à la prison centrale de Kondengui, à Yaoundé où il restera jusqu’à son procès en janvier.

"Une rancœur ancienne"

L’écrivain est appelé à s’expliquer devant les juges sur un texte publié le 3 décembre sur Facebook, dans lequel il menaçait "de donner une balle exactement dans le front de Paul Biya", le président camerounais. Pour son avocat, cette phrase relève du "pur fantasme" et du "second degré". Cela a provoqué "l’énervement du pouvoir", car "Patrice Ngagang est connu notoirement pour être opposé au régime", rappelle son avocat, qui évoque "une rancœur ancienne [entre son client] et le pouvoir".

>> À voir : l'Ambazonie, la République fantasmée des séparatistes anglophones camerounais

Au cours de son voyage au Cameroun, pays où il séjourne régulièrement, l’écrivain s’est notamment rendu dans les deux régions anglophones du pays plongées depuis un an dans une grave crise socio-politique, sur fond de velléités sécessionnistes. Son reportage avait été publié la veille de son interpellation sur le site Internet de l'hebdomadaire Jeune Afrique sous le titre "Carnet de route en zone (dite) anglophone". Critique envers la gestion de cette crise par le régime et la répression dans ces zones, Patrice Ngagang concluait son article ainsi : "Seul le changement au sommet de l’État pourra régler le conflit anglophone au Cameroun".

Pétition et appel à sa libération

Une pétition "Pour une liberté immédiate de Patrice Nganang, écrivain camerounais" a été lancée sur Internet par un collectif d’écrivains occidentaux et africains. Elle a franchi, vendredi 15 décembre, la barre des 7 000 signataires. "On peut le traiter de fou, on peut ne pas être d’accord avec lui mais il est inacceptable de continuer à traiter ainsi ceux, artistes, écrivains ou autres, qui accomplissent ce qu’ils croient être juste, un devoir citoyen de sortir son pays du marasme où il se trouve", affirment ses soutiens dans un message d'introduction à cette pétition.

À l’origine de cette initiative, Paul Astier. Joint par France 24, l’éditeur puis agent littéraire de Patrice Nganang depuis onze ans, décrit "un activiste et un combattant des libertés" qui est "toujours prêt à défendre la cause des opprimés". "Je pense qu’il a pris beaucoup de risque depuis plusieurs années. C’est un opposant très virulent dans tout qu’il écrit et dans ce qu’il dit. Il est très combatif", souligne l’ami de l’écrivain.

Le réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC) et Tribunal Article 53, une association locale de défense des droits de l’Homme, appelle également à la libération "sans condition et à l’immédiat" de l’auteur ainsi que "tous les activistes et défenseurs encore en détention dans le cadre [de la crise dans la région anglophone]".

Première publication : 14/12/2017

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