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Economie

Une Américaine accusée d'avoir financé l'EI avec des bitcoins

© iStock | Zoobia Shahnaz est accusée d'avoir voulu faire parvenir 84 500 dollars en bitcoins et autres cryptomonnaies à l'EI.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 15/12/2017

Une américaine est accusée d'avoir voulu faire parvenir 85 000 dollars essentiellement en bitcoins à l'organisation terroriste État islamique (EI).

Des bitcoins pour financer l'organisation terroriste État islamique (EI). C'est ce dont est accusée Zoobia Shahnaz, une Américaine d'origine pakistanaise de 27 ans, qui a plaidé non coupable devant un tribunal new-yorkais, jeudi 14 décembre, pour fraude bancaire et blanchiment d'argent afin de soutenir à une organisation terroriste.

Zoobia Shahnaz avait été arrêtée le 31 juillet 2017 alors qu'elle s'apprêtait à prendre un vol depuis New York pour le Pakistan d'où elle comptait rejoindre la Syrie avec 9 500 dollars en poche.

Dans les mois précédant son arrestation, cette laborantine avait multiplié les fraudes pour récolter des fonds destinés à soutenir l'EI en Syrie. Zoobia Shahnaz avait ainsi produit de faux documents afin de bénéficier d'un prêt bancaire de plus de 22 500 dollars. Elle avait ensuite obtenu illégalement une douzaine de cartes de crédit dont elle s'est servie pour acheter 62 000 dollars en bitcoin et autres cryptomonnaies.

Valeur multipliée par sept

L'argent a ensuite été transféré à des sociétés écran en Turquie, au Pakistan et en Chine, d'où les fonds devaient être acheminés en Syrie pour finir dans les caisses de l'EI, d'après les enquêteurs. L'acte d'accusation ne précise pas si les terroristes ont reçu ou non les bitcoins.

Passer par des bitcoins permet de rester inaperçu, car "les cryptomonnaies fonctionnent en marge des structures bancaires traditionnelles et procurent un certain degré d'anonymat", expliquent le département de la Justice.

En outre, la valeur de cette monnaie dématérialisée a été multipliée par sept entre le moment où Zoobia Shahnaz a acquis ses bitcoins (en juillet 2017) et mi-décembre.

Une manœuvre qui risque de coûter très cher à Zoobia Shahnaz. Elle encourt jusqu'à vinhgt ans de prison pour chaque accusation de blanchiment et trente ans de plus pour les fraudes bancaires. Son avocat, Steve Zissou conteste les accusations et assure que l'argent était en réalité destiné à aider des réfugiés syriens.

Première publication : 15/12/2017

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