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Mondial de handball féminin : les Bleues, "une équipe qui arrive à maturité", selon Jérôme Fernandez

© Patrik Stollarz, AFP | La handballeuse française Orlane Kanor tire face à la Suède, en demi-finale du mondial 2017, le 15 décembre 2017 à Hambourg.

Texte par Valentin GRAFF

Dernière modification : 17/12/2017

Dans un entretien à France 24, l'ancien capitaine de l'équipe de France de handball, quatre fois champion du monde et deux fois champion olympique, estime que les Bleues peuvent s'imposer en finale du Mondial face à la Norvège, dimanche.

Dans le petit monde du handball, Jérôme Fernandez est certes l’actuel entraîneur du club d’Aix-en-Provence (8e de première division après 12 journées), mais il est surtout une figure historique de la discipline. L'un des visages d’une équipe de France masculine dominatrice du milieu des années 2000 à nos jours. Cette dernière a remporté avec lui, et même la plupart du temps sous son capitanat, exercé entre 2008 et 2015, les championnats d’Europe de 2006, 2010 et 2014 ; les championnats du monde de 2009, 2011 et 2015 ; et surtout, consécration ultime pour un sportif de haut niveau, deux titres de champions olympiques d’affilée, en 2008 et 2012.

Bien que les Bleus poursuivent aujourd'hui leur chemin sans lui – ils ont de nouveau remporté le titre mondial en 2017 –, il reste un observateur attentif des performances des équipes nationales masculines et féminines. Il a livré à France 24 son analyse du parcours des Bleues lors du Mondial-2017 en Allemagne, alors que celles-ci affrontent la Norvège en finale, dimanche 17 décembre à 17 h 30.

Jérôme Fernandez (en blanc) en suspension pour tirer lors de la finale olympique remportée face à la Suède, le 12 août 2012 à Londres. © Javier Soriano, AFP

France 24 : Que pensez-vous du parcours de l'équipe de France féminine lors de ce championnat du monde, qui joue dimanche la finale contre la Norvège, tenante du titre ?

Jérôme Fernandez : J'ai suivi la compétition d'autant plus que je connais bien les joueuses. À Rio, où j'étais consultant [lors des JO-2016, les Bleues avaient atteint la finale mais s'étaient inclinées face à la Russie, NDLR], j'ai pu faire connaissance avec elles. Le dernier soir, quand elles ont perdu, même si elles étaient tristes, elles étaient super contentes d’être arrivées en finale. Des joueuses comme Alexandra Lacrabère sont des filles que je connais depuis un moment maintenant. Comme je leur ai dit : si elles sont capables d’arriver au bout une compétition, il faut savoir conclure. Aujourd’hui, un an et demi après les Jeux, même si la Norvège est considérée comme favorite, elles peuvent le faire. En finale, vous savez, il n’y a plus de favori. Et les Françaises, vu ce qu’elles ont montré depuis le début du Mondial, peuvent gêner la Norvège.

Quelles sont les spécificités du jeu des Françaises ?

Elles ont gardé l’essence de leur identité : une très bonne défense, une gardienne solide, une certaine combativité, tout cela au même niveau qu’avant. C’est la meilleure équipe des championnats du monde sur le plan défensif. Et en attaque, elles ont passé un cap, donc je les vois beaucoup plus accrocher la Norvège qu’il y a un ou deux ans. Vu leur match contre la Suède [en demi-finales, où les Bleues ont livré un match haletant qu’elles ont remporté sur le fil 24 à 22, NDLR], elles peuvent limiter l’apport offensif de la Norvège et gagner le match même si elles mettent peu de buts. C’est sûr que si elles essaient de marquer beaucoup, elles vont perdre. Car les Norvégiennes excellent là-dedans. La France doit arriver à casser le rythme du match.

Est-ce qu'une joueuse française en particulier vous a impressionné lors de ce Mondial ?

C’est surtout le collectif. Il y a des joueuses qui sortent du lot, bien sûr, comme Lacrabère ou Manon Houette, qui a été aussi très bonne sur son aile gauche, mais c’est surtout l’ensemble qu’il faut mettre en avant : des valeurs collectives, des exploits en match qui sont plus compliqués à réaliser quand on n'est pas solidaire ou quand on ne s’apprécie pas. C’est un bon groupe, sain, qui a envie de se dépasser. Elles arrivent, avec leurs armes, à déjouer chaque adversaire qui se met sur leur chemin.

L'équipe de France est aujourd'hui une des équipes les plus titrées du handball mondial, vous avez raflé une quantité impressionnante de titres pendant votre carrière internationale : qu'est-ce que ça a apporté au handball français, selon vous ?

La génération des "Barjots" [surnom donné à l’équipe de France masculine entre 1993 et 1996, qui a remporté pour la France le tout premier titre mondial en 1995, NDLR] a décomplexé les générations suivantes. Quand on a eu la chance d’entrer en équipe de France à la fin des années 1990, on a mis du temps à gérer le fait de passer après eux, les Barjots [l’équipe de France a toutefois remporté le championnat du monde 2001, NDLR]. En 2006, on a finalement volé de nos propres ailes et repris définitivement le flambeau [avec neuf titres depuis, NDLR]. Les filles ont tout de même été championnes du monde en 2003, ce qui les a aussi décomplexées. Aujourd’hui, on a mis en place un très bon système de formation en France, on a des générations qui se succèdent au très, très haut niveau, et quand on voit les résultats des équipes de France jeunes, on se dit que l’avenir du handball français est plutôt sur la bonne voie.

Face à leurs homologues masculins, les Bleues affichent moins de réussite et un palmarès moins impressionnant. Comment l'expliquez-vous ?

Elles ont eu une période de flottement [après leur titre de 2003, NDLR] avec le départ des anciennes. Mais à partir de 2009, elles ont commencé à faire des podiums, à prendre confiance, un peu comme nous au début des années 2000. Aujourd'hui, c'est une équipe qui arrive à maturité, avec des jeunes qui font des bonnes performances, de la maturité et de la stabilité chez les anciennes. Elles sont sur le haut de la vague alors qu’il y a sept ou huit ans, elles commençaient seulement à monter. Nous, c’était pareil à la fin des années 1990, on a essuyé les plâtres, il a fallu laisser partir les générations d’avant. L’année dernière, les Bleues étaient 3e à l’Euro, donc quand on commence à monter le podium à chaque compétition, ça se joue ensuite à quelques détails. Parfois, entre bronze et un titre, cela ne se joue à rien.

Première publication : 17/12/2017

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