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FRANCE

Syrie, écologie, diplomatie… Le grand oral d'Emmanuel Macron

© Capture d'écran France 2 | Emmanuel Macron a livré la deuxième grande interview télévisée de son mandat dimanche 17 décembre.

Vidéo par Mounia KACEM

Texte par Romain HOUEIX

Dernière modification : 18/12/2017

Pour la deuxième fois de son mandat, Emmanuel Macron s'est plié dimanche à l'exercice de la grande interview TV. Guerre en Syrie, Donald Trump, écologie, réformes du travail… Le président français a balayé beaucoup de sujets.

Emmanuel Macron a accordé un entretien exclusif à la chaîne de télévision publique France 2. Diffusé dimanche 17 décembre, l'interview, menée par Laurent Delahousse, avait été enregistrée mardi en marge du One Planet Summit. Sous la forme d'une déambulation dans les couloirs de l'Élysée, le président français a balayé de multiples thématiques.

La guerre en Syrie finie "d'ici à mi-février"

Emmanuel Macron a estimé que la guerre en Syrie contre le groupe État islamique (EI) sera "gagnée d'ici à mi, fin février", mais qu'il "faudra" alors parler au président al-Assad.

"Le 9 décembre, le Premier ministre irakien [Haider al-Abadi] a annoncé la victoire face à Daech [acronyme arabe de l'EI, ndlr] et je pense que, d'ici à mi, fin février, nous aurons gagné la guerre en Syrie", a déclaré Emmanuel Macron.

"Je pense que d'ici mi fin février nous aurons gagné la guerre en Syrie. "

Le président a par ailleurs estimé qu'il "faudra[it] parler" avec le président syrien Bachar al-Assad, dont le départ immédiat est réclamé par de nombreux opposants.

"Bachar est l'ennemi du peuple syrien. Mon ennemi, c'est Daech", a souligné le président. "Bachar al-Assad sera là. Il sera là aussi, car il est protégé par ceux qui, sur le terrain, ont gagné la guerre aussi, que ce soit l'Iran, la Russie, donc on ne peut pas dire qu'on ne veut pas parler avec lui ou ses représentants", a-t-il martelé. "Donc il faudra parler à Bachar et à ses représentants", a poursuivi le président, soulignant que cela n'empêchera pas le dirigeant syrien, accusé de nombreuses exactions, de "répondre de ses crimes devant son peuple, devant la justice internationale".

Les états d'âmes de Nicolas Hulot

Interrogé par Laurent Delahousse sur les "états d'âme" prêtés à son ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, ancien militant écologiste, Emmanuel Macron a déclaré : "Je souhaite très profondément qu'il reste et qu'il agisse (…). Il est utile au pays (…), c'est un engagé (…), il a été un activiste (…). Il apprend aussi les contraintes de l'exercice politique et de la décision, c'est qu'on est tous les jours les mains dans la glaise et que ça ne peut pas être parfait du jour au lendemain".

>> À voir sur France 24 : "Nicolas Hulot : 'Il faut entraîner les acteurs privés dans la dynamique verte' "

"C'est un inquiet, c'est pourquoi je l'ai choisi, j'ai besoin de gens qui vivent dans le creux de leur ventre la nécessité de changer, de prendre les décisions, d'aller les expliquer et de faire. Je ne veux pas des gens qui soient assis et contents d'être ministre (…), lui il agit, il est inquiet, et il n'est jamais satisfait", a expliqué le président.

Emmanuel Macron a assuré que Nicolas Hulot n'était "jamais" venu le voir pour lui faire part de son désir de quitter le gouvernement.

Trump et le climat

Emmanuel Macron dit douter par ailleurs que Donald Trump remette réellement en cause le réchauffement climatique, mais regrette la double "erreur" commise par le président américain en sortant les États-Unis de l'Accord de Paris.

"Le moteur de sa décision, c'est qu'il s'était engagé à sortir (de cet accord) pendant sa campagne, il considère que c'est ce qu'il doit à ses électeurs, ça je ne peux que le respecter, c'est de la politique américaine", a-t-il analysé. "La deuxième chose, c'est qu'il considère profondément que ça détruit des emplois aux États-Unis, en particulier dans les États qui l'ont soutenu, parce que ça détruit de l'emploi industriel classique, en particulier dans les métiers liés au charbon".

"Quand on signe un accord, même s'il vient de son prédecesseur, on doit le respecter"

Mais, selon le président français, la sortie de l'Accord de Paris, auquel avait adhéré l'ancien président américain Barack Obama en 2015, heurte la "continuité de l'État". "On ne peut pas prétendre garantir en quelque sorte l'ordre international, être les puissances qui disent le droit, ce qui est un peu notre rôle historique, et nous-mêmes sortir du droit dès que ça ne nous arrange plus", a-t-il souligné, en recourant à une formule latine, "pacta sunt servanda" (les conventions doivent être respectées).

"La deuxième erreur c'est que je pense que ce n'est pas la bonne décision pour son pays et pour la planète, parce que c'est vrai que (la lutte contre le changement climatique) détruit des emplois, mais on va en recréer dans des secteurs beaucoup plus adaptés à nos objectifs", a expliqué le président français, avant de se féliciter que les autres parties à l'Accord y soient restées, et que des entités américaines, privées et publiques au niveau local, s'y soient engagées, notamment à la suite de son appel "Make our planet great again".

Des résultats "dans les cinq ans" pour la réforme du droit du travail

"Sur le sujet du chômage, j'ai pris mes responsabilités. J'ai fait tout de suite la réforme la plus importante qui avait été évitée en France depuis vingt ans", a assuré le président de la République, faisant référence à la réforme par ordonnances du code du travail.

"Les décisions que nous avons prises en début de quinquennat n'ont pas d'impact immédiat", a-t-il ajouté.

"Cette réforme produira des résultats, c'est sûr. Dans les cinq ans. Mais après, je dis, il faut attendre deux ans pour qu'elle commence à avoir ses pleins effets, mais je ne suis pas là pour faire des pronostics, je suis là pour agir", a promis le chef de l'État.

Avec AFP

Première publication : 17/12/2017

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