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Moyen-Orient

Une figure du jihadisme français arrêtée en Syrie selon plusieurs médias

© Delil Souleiman, AFP | Un drapeau de l'EI sur une route de Manbij, dans le nord de la Syrie, le 23 juin 2016.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 28/12/2017

Un jihadiste français, membre d'une nébuleuse dans laquelle a gravité Mohamed Merah, qui avait tué en 2012 sept personnes dans le sud-ouest de la France, a été selon plusieurs médias français arrêté en Syrie.

Vétéran de la nébuleuse jihadiste du Sud-Ouest dans laquelle ont gravité Mohamed Merah et les frères Clain, Thomas Barnouin serait tombé à la mi-décembre aux mains des combattants kurdes en Syrie, où il était parti se battre en 2014.

Selon TF1 et LCI, qui ont révélé l'information, mercredi 27 décembre, confirmée à l'AFP par une source proche du dossier, cet Albigeois de 36 ans aurait été arrêté le 17 décembre par les Unités de protection du peuple kurde (YPG) dans la région d'Hassaké (nord-est). Celle-ci est située entre les villes de Mossoul (Irak) et de Raqqa (Syrie), ex-capitales du "califat" du groupe jihadiste État islamique (EI) tombées au terme d'offensives d'envergure.

>> À lire sur France 24 : "Irak-Syrie, combien de jihadistes français sur place, combien sont revenus ?"

D'autres jihadistes français auraient aussi été arrêtés, a indiqué cette même source à l'AFP, sans en préciser le nombre. Parmi eux : deux autres "convertis", Romain Garnier et Thomas Collange.

Barnouin avait déjà été intercepté en 2006 avec une autre figure du jihadisme français, Sabri Essid, cette fois par l'armée syrienne, alors qu'ils se rendaient en Irak pour y prendre part au jihad contre les forces de la coalition internationale.

Wassim Nasr, spécialiste des réseaux jihadistes à France 24

Déjà condamné en 2009

Barnouin et Essid ont été condamnés à Paris, en décembre 2009, à cinq ans de prison, dont un avec sursis, dans le cadre de la filière dite d'Artigat, village de l'Ariège où résidait Olivier Correl. Cet imam salafiste est souvent présenté comme le mentor de Mohamed Merah, auteur des tueries de Toulouse et Montauban en 2012, et de Fabien Clain, "voix" de la revendication par l'EI des attentats parisiens du 13 novembre 2015.

En 2014, Barnouin et Essid sont au cœur d'une nouvelle affaire de filière de départ vers la Syrie qui englobe encore une partie de la nébuleuse jihadiste du Sud-Ouest, dont le frère de Fabien Clain, Jean-Michel.

>> À voir sur France 24 : "Irak-Syrie, la France face au problème des "revenants" et de leurs enfants"

Converti à l'islam vers 2000, Barnouin s'est progressivement radicalisé en fréquentant des mosquées à Albi, Toulouse et Château-Chinon, selon une proche. En février 2014, il décidait de repartir en Syrie, avec sa femme et ses enfants, avant que les autorités ne perdent sa trace.

Six hommes, ayant pris le chemin du jihad en Syrie dans le cadre de cette filière où Barnouin est soupçonné d'avoir joué un rôle prépondérant, ont été condamnés en octobre à Paris à des peines allant jusqu'à 15 ans de prison.

Les "revenants" du jihad, hantise des autorités

Quel sort sera réservé à Thomas Barnouin ? L'Albigeois est visé par un mandat de recherche délivré par la justice française. Selon le gouvernement français, environ 1 700 Français sont partis rejoindre les zones jihadistes irako-syriennes à partir de 2014. Sur ce total, au moins 278 sont morts et 302 sont revenus en France (244 adultes et 58 mineurs).

Les autres ont été soit capturés par les forces qui combattent l'EI en Syrie et en Irak, soit tués dans les combats, soit ont fui vers les derniers territoires tenus par l'EI ou d'autres foyers jihadistes (Libye notamment). D'après les services de renseignement français, "quelques dizaines" d'adultes français, combattants jihadistes ou leurs épouses, se trouvent actuellement emprisonnés en Irak ou en Syrie.

Depuis les attentats de novembre 2015, en partie perpétrés par des jihadistes français de retour de Syrie, les "revenants" du jihad sont la hantise des autorités. Le cas des femmes accompagnées de leurs enfants est le plus épineux, et Emmanuel Macron avait indiqué en novembre que leur sort serait examiné au "cas par cas".

Ainsi trois enfants, âgés de 3 à 8 ans, d'un couple de jihadistes français partis en Irak rejoindre l'EI viennent d'être rapatriés, mais leur mère et son plus jeune enfant de moins d'un an sont restés sur place, selon ses avocats.

Avec AFP

Première publication : 28/12/2017

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