2017 : crises politiques et scandales de corruption en Amérique latine

Du séisme au Mexique aux élections en Argentine en passant par le lancement de France 24 en espagnol en Colombie... Retour sur les évènements qui ont marqué l'Amérique latine lors de l'année écoulée.

La Colombie vers la paix ?

Après l'accord signé en novembre 2016 avec les Farc, la Colombie continue sa marche vers la paix. La guérilla s'est transformée en parti politique et les anciens guérilleros ont été désarmés. L'autre guérilla historique, l'ELN, négocie depuis février avec le gouvernement un pacte similaire et un cessez-le-feu a été décrété le 1er octobre pour une durée de trois mois. Cependant la paix reste fragile, certaines factions dissidentes de l'ELN, des Farc et des bandes criminelles n'ont pas renoncé à la violence.

Mexique : le séisme du siècle

Le mois de septembre a été particulièrement meurtrier au Mexique, qui a subi deux séismes historiques. Le 7 septembre, un tremblement de terre de magnitude 8,2 a frappé les États d'Oaxaca et du Chiapas, dans le sud du pays. Le 19 septembre, c'est la ville de Mexico qui a subi un séisme de 7,1 degrés dans ce qui fut qualifié de "séisme du siècle". Quelque 465 personnes ont péri dans ces catastrophes.

Le Mexique au pied du mur

Les Mexicains abordaient 2017 la peur au ventre après l'élection de Donald Trump. Douze mois plus tard, le projet d'un mur à la frontière nord du pays patine, les négociations sur l'Alena sont au point mort et les usines aux capitaux américains n'ont pas fui le pays. Donald Trump aura réussi l'exploit d'unir les Mexicains contre lui. L'ensemble des anciens présidents vivants ont condamné les projets américains, Vincente Fox s'est même fendu d'un "Fuck you !".

Équateur : la révolution citoyenne se poursuit dans la division

Après 10 ans à la tête du pays, Rafael Correa a passé la main en Équateur. En avril, les Équatoriens ont élu Lenin Moreno, alors dauphin officiel du charismatique dirigeant. Mais, depuis, le torchon brûle entre les deux hommes. Rafael Correa reproche au nouveau président de dénaturer sa "révolution citoyenne" tandis que Lenin Moreno accuse l'ancien leader de vouloir garder le pouvoir par l'entremise de ses proches. Symbole de cette discorde : le président équatorien a déchu Jorge Blas, son vice-président, accusé de corruption dans le cadre du scandale Odebrecht, mais aussi d'être trop proche de Rafael Correa.

France 24 en espagnol se lance à Bogota

Depuis le 26 septembre, France 24 est disponible dans une quatrième langue. Installée à Bogotá, en Colombie, la rédaction de France 24 en espagnol veut apporter un regard français sur l'actualité internationale et notamment latino-amériaine aux téléspectateurs de la zone.

Brésil : Michel Temer sauve sa tête

En aout 2017, Michel Temer a survécu à une procédure de destitution. Sauvé par sa majorité parlementaire, il était accusé de "corruption passive" après la publication de conversations où l'on entend le président brésilien donner son accord à un industriel de la viande pour le versement de pots-de-vin. Il est à nouveau accusé en septembre d'"obstruction à la justice et participation à une organisation criminelle". Depuis son accession au pouvoir il y a un an et demi, Michel Temer met en œuvre une révolution "néolibérale" de l'économie. En octobre 2018 aura lieu l'élection présidentielle : Lula et un ex-militaire d'extrême-droite sont en tête des sondages.

Argentine : "Dónde está Santiago Maldonado ?"

La disparition de l'activiste Santiago Maldonado après la dispersion d'une manifestation en août, a réveillé dans le pays les douloureux souvenirs de la dictature militaire. Les ONG soupçonnent une "disparition forcée" orchestrée par la gendarmerie. Des milliers d'Argentins sont descendus dans la rue pour réclamer une enquête. L'affaire a pris une tournure politique : après la découverte du cadavre du jeune homme, la campagne des législatives a été suspendue, ce qui n'a pas empêché le parti libéral de Mauricio Macri de renforcer sa majorité.

Venezuela : 125 morts dans les manifestations

Englué dans une crise économique et sociale, le Venezuela a été secoué par une vague de manifestations exigeant le départ du président Maduro, accusé de s’octroyer l'ensemble des pouvoirs. Des violences récurrentes en marge des défilés ont fait 125 morts, majoritairement des partisans de l'opposition. Après l’élection d’une assemblée constituante non reconnue par la communauté internationale, Nicolas Maduro a repris la main. Les chavistes ont remporté les élections régionales. L’opposition, majoritaire dans une Assemblée nationale vidée de ses pouvoirs, s’est quant à elle s’est fracturée sur la stratégie à adopter à l’égard du pouvoir..

Le scandale Odebrecht fait trembler les gouvernements

Le géant brésilien du BTP Odebrecht est accusé d'avoir versé des pots-de-vin à des dirigeants à travers toute l'Amérique du Sud. Le PDG de l'entreprise, Marcelo Odebrecht, a été condamné à 10 ans de prison. L'ancien président du pays, Lula, a été condamné en première instance à neuf ans de prison. En Équateur, l'ex vice-président Jorge Blas s'est vu infliger une peine de six ans. Au Pérou, le président Pedro Pablo Kuczynski doit expliquer devant le Congrès ses liens avec l'entreprise de BTP. En Colombie, c'est l'ancien vice-ministre des Transports, Gabriel García Morales, qui a écopé de cinq ans de prison. Enfin, le président Nicolas Maduro et son opposant Henrique Capriles sont tous deux soupçonnés d'avoir bénéficié des largesses d'Odebrecht mais aucune procédure judiciaire n'est en cours au Venezuela.

Le Chili vire à droite

L'ancien président conservateur Sebastian Piñera est de retour aux affaires au Chili. Le milliardaire a remporté le deuxième tour de l'élection présidentielle, avec 54,57 % des voix, face au progressiste Alejandro Guiller. Au premier tour, la gauche radicale du Frente amplio avait réalisé une percée surprise, héritant de 20 % des suffrages. Cependant, ces renforts de voix n’ont pas suffi à la gauche officielle. C'est bien à la droite conservatrice que Michelle Bachelet remettra les clés du pouvoir en mars prochain.

Crise électorale au Honduras

L'annonce de la candidature de Juan Orlando Hernandez à sa propre réélection avait provoqué une polémique dans le pays, car celle-ci était contraire à la Constitution. La polémique n'a fait qu'enfler lorsque le président sortant est sorti vainqueur du scrutin devant le candidat de la gauche Salvador Nasralla, que les résultats partiels ont pourtant donné un temps victorieux. S'estimant flouée, l'

Pérou : un deal avec Fujimori qui ne passe pas

En accordant la grâce présidentielle, le 24 décembre, à l'ex-chef de l'État Alberto Fujimori, le président péruvien Pedro Pablo Kuczynski (PPK) a déclenché une belle tempête politique. Accusé de corruption, PPK n'aurait échappé (de justesse) à la destitution qu'en échange de la promesse de libérer l'autocrate de 79 ans, condamné en 2009 à 25 ans de prison pour son implication dans deux massacres de militants du Sentier lumineux. Un déni du droit, une insulte à la mémoire des victimes selon les manifestants, scandalisés par la décision du président péruvien. Abimael Guzman, l'ex-chef de la guérilla du Sentier lumineux, réclame à son tour d'être gracié.