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Moyen-Orient

Manifestations en Iran : "L'accord sur le nucléaire n'a pas apporté la prospérité espérée"

© STR, AFP | Une jeune manifestante contre le pouvoir à l'université de Téhéran, le 30 décembre 2017

Texte par Romain HOUEIX

Dernière modification : 01/01/2018

Alors que l'Iran connaît une vague de manifestations depuis le 28 décembre, plusieurs experts estiment que le mouvement a pour origine le mécontentement social ainsi que le manque de résultats économiques rapides du président Hassan Rohani.

Les Iraniens sont dans la rue. Pour la quatrième nuit consécutive, des milliers de personnes sont sorties manifester, dimanche 31 décembre, dans plusieurs villes d'Iran pour protester contre le pouvoir et les difficultés économiques que traverse le pays. Malgré un appel au calme lancé dans la journée par le président Hassan Rohani, une dizaine de personnes sont mortes depuis le début de la contestation.

"Il y a un mécontentement économique et social très fort en Iran et ce n'est pas nouveau", analyse Thierry Coville, chercheur à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), au micro de de France 24. "Le taux de chômage officiel est de 12,4 % et touche surtout les jeunes diplômés. Il y a un sentiment de ras-le-bol contre un système injuste avec des décisions économiques et politiques qui favoriseraient certains au détriment d'autres."

Selon Esfandyar Batmanghelidj, fondateur de l'Europe-Iran Business Forum, les troubles de ces derniers jours ont été notamment provoqués par les mesures d'austérité du président Hassan Rohani depuis son arrivée au pouvoir en 2013, comme les réductions des budgets sociaux et l'augmentation du prix du carburant annoncées.

"Après une période de sanctions internationales très difficile, l'austérité ne peut qu'entamer la patience des gens", affirme Esfandyar Batmanghelidj à l'AFP. "Ces budgets d'austérité sont difficiles à faire passer pour Hassan Rohani, même s'il s'agit de mesures nécessaires face à l'inflation et aux problèmes de devise, ainsi que pour tenter d'améliorer l'attractivité de l'Iran pour les investissements."

"Il y a une déception post-électorale"

Le président Rohani a été réélu en mai 2017 en capitalisant sur son image de réformateur. Il a notamment promis de garantir la liberté d'expression et de réunion et de sortir l'Iran de son isolement avec la levée de sanctions internationales, qui avaient été imposées pour dénoncer les activités nucléaires sensibles du pays.

La levée partielle des sanctions, qui a suivi la signature d'un accord historique avec les grandes puissances sur le programme nucléaire de Téhéran, avait fait espérer aux Iraniens une amélioration rapide de la situation économique, mais les résultats se font toujours attendre.

"On a cru que l'accord sur le nucléaire allait régler tous les problèmes mais ce n'est pas le cas", note Thierry Coville. "Il y a une déception post-électorale concernant Rohani."

"La jeunesse iranienne ne soutient plus que faiblement Hassan Rohani", ajoute François Nicoullaud, ancien ambassadeur de la France à Téhéran, interrogé par France 24. "La population est déçue. L'accord nucléaire n'a pas apporté la prospérité espérée. Les choses avancent lentement, d'autant que les États-Unis freinent l'ouverture du marché iranien en empêchant les Européens d'y investir."

Un mouvement manipulé ?

Certains membres du gouvernement suspectent les conservateurs, rivaux du courant modéré dont fait partie Hassan Rohani, d'avoir sciemment saboté la politique économique du gouvernement pour déclencher ce mouvement. D'autres, tel que ce haut responsable iranien interrogé par Reuters, attribuent la responsabilité des manifestations à "des éléments hostiles" basés à l'étranger.

Le président américain, Donald Trump a d'ailleurs versé de l'huile sur le feu dimanche via Twitter. Il s'en est pris une nouvelle fois au régime iranien et a apporté son soutien "au droit du peuple iranien à s'exprimer pacifiquement et être entendu". "Grandes manifestations en Iran. Le peuple commence finalement à y voir clair dans la manière dont leur argent et leurs richesses sont volés et dilapidés dans le terrorisme. Semble qu'ils ne l'accepteront plus", a-t-il tweeté.

Le président Rohani, dans son intervention, lui a rétorqué qu'il n'avait aucun droit de venir en aide aux Iraniens car il les avaient qualifiés de "terroriste il y a quelques mois".

Quelles suites ?

Les experts interrogés doutent cependant que les manifestations puissent être une menace sérieuse pour le régime.

"C'est un phénomène de protestation économique et social sans véritable but politique. En 2009, la revendication était claire. Il demandait le revote," explique Thierry Coville. "On doit s'attendre à une vague de répressions. En 2009, c'est pour cela que ça s'était arrêté. La répression était de plus en plus féroce et les gens se sont rendus compte que l'action ne mènerait à rien."

Les slogans politiques, tels que "Mort au dictateur", sont vus comme une aubaine pour le régime, lui permettant de justifier la répression des manifestants, en les accusant d'être antisociaux et violents.

"Le système préfère les manifestations politiques plutôt que celles suscitées pour des raisons économiques car elles sont plus faciles à contrôler", souligne le politiste Mojtaba Mousavi, basé à Téhéran, à l'AFP.

Lundi 1er janvier, Hassan Rohani a d'ailleurs durci le ton déclarant que le peuple iranien répondrait aux "fauteurs de troubles" et "hors-la-loi".

Première publication : 01/01/2018

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