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Trump accuse son ex-conseiller Bannon d'avoir "perdu la raison"

© GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives / Par Jerome CARTILLIER, Cyril JULIEN | Stephen Bannon, ex-conseiller du présient américain Donald Trump, s'exprime lors d'une réunion politique le 5 décembre 2017 à Fairhope (Alabama, sud)

WASHINGTON (AFP) - 

Donald Trump a accusé mercredi son ancien conseiller Steve Bannon d'avoir "perdu la raison", dans une cinglante déclaration qui marque une rupture avec celui qui fut l'un des stratèges de sa spectaculaire victoire de 2016.

Cette attaque d'une extraordinaire virulence fait suite à la diffusion d'extraits d'un livre à paraître la semaine prochaine dans lequel Steve Bannon affirme que le fils du président américain, Donald Trump Jr., a commis une "trahison" en rencontrant une avocate russe qui offrait des informations compromettantes sur Hillary Clinton.

"Steve Bannon n'a rien à voir avec moi ou ma présidence. Quand il a été limogé, il n'a pas seulement perdu son travail, il a perdu la raison", a réagi le 45e président des Etats-Unis dans un bref communiqué.

"Steve n'a eu qu'un rôle très limité dans notre victoire historique", ajoute-t-il, accusant son ancien proche conseiller d'avoir passé son temps à la Maison Blanche "à faire fuiter de fausses informations aux médias pour se rendre plus important qu'il n'était".

La changement de ton est spectaculaire vis-à-vis de cet "ami" que Donald Trump qualifiait il y a moins de cinq mois d"'homme bien" traité injustement par la presse.

L'entourage de M. Trump est au centre d'une enquête menée par le procureur spécial Robert Mueller sur une possible collusion avec la Russie en vue d'influencer l'élection de novembre 2016.

Donald Trump et Moscou nient toute entente mais un rapport du renseignement américain affirmait en janvier que le Kremlin a clairement cherché à affaiblir Hillary Clinton.

Quatre membres de la campagne Trump sont poursuivis dans cette affaire, dont Paul Manafort, ex-directeur de la campagne, inculpé le 30 octobre notamment pour blanchiment d'argent. Le général Michael Flynn, conseiller à la sécurité nationale du président républicain avant de démissionner, a également plaidé coupable d'avoir menti au FBI sur ses conversations avec l'ambassadeur de Russie aux Etats-Unis, Sergueï Kisliak.

Les enquêteurs s'intéressent notamment à une rencontre entre le fils aîné de M. Trump, Donald Jr., accompagné de Jared Kushner, gendre et proche conseiller de M. Trump, ainsi que Paul Manafort, et Natalia Veselnitskaya, le 9 juin 2016. Selon le clan Trump, cette rencontre n'a duré que "quelques minutes" et l'avocate présumée liée au Kremlin n'a donné "aucune information de valeur" pour incriminer la candidate démocrate.

"Les trois personnes les plus importantes de la campagne ont pensé que c'était une bonne idée de rencontrer un gouvernement étranger dans la Trump Tower, dans la salle de conférence du 25e étage, sans avocats. Ils n'avaient pas d'avocats", explique M. Bannon à Michael Wolff, auteur du livre "Le feu et la fureur, dans la Maison Blanche de Trump", cité mercredi par le quotidien The Guardian.

"Même si vous pensez que ce n'était pas une trahison, pas anti-patriotique ou pas une connerie, et moi je pense que c'est tout cela, vous auriez dû appeler le FBI tout de suite", affirme-t-il dans ce livre à paraître la semaine prochaine.

- 'Melania en larmes' -

Selon lui, l'équipe du procureur Mueller se concentre sur "le blanchiment d'argent" et "leur chemin vers Trump passe directement par Paul Manafort, Don Jr. et Jared Kushner". L'enquête s'intéresse aussi aux énormes prêts consentis par la banque allemande Deutsche Bank à Jared Kushner, à la tête d'un empire immobilier. "Le truc de Kushner sent mauvais. Ils vont aller directement vers cela", dit-il.

Stephen Bannon représentait le pôle nationaliste et populiste de la campagne du candidat républicain et a souvent été dépeint comme l'artisan de la victoire de M. Trump.

Mais ses relations avec Jared Kushner et son épouse, Ivanka, se sont dégradées jusqu'à son éviction de la Maison Blanche en août. Il continue de défendre la politique présidentielle depuis qu'il a repris la tête du très droitier site d'informations Breitbart News.

Dans d'autres extraits publiés par le New York Magazine, Michael Wolff dévoile un candidat républicain qui ne souhaitait pas remporter l'élection alors que son équipe ne croyait pas à la victoire jusqu'au jour du scrutin. Ce soir-là, "Don Jr. a dit à un ami que son père (...) ressemblait à quelqu'un ayant vu un fantôme. Melania (Trump) était en larmes - mais pas de joie", écrit-il.

La porte-parole de la présidence, Sarah Sanders, a fustigé un livre "rempli de compte-rendus faux ou fallacieux de la part d'individus sans accès ou influence à la Maison Blanche".

Michael Wolff, auteur notamment d'une biographie sur le magnat des médias Rupert Murdoch, dit s'être entretenu avec M. Trump et plus de 200 proches collaborateurs pour son livre.

Par Jerome CARTILLIER, Cyril JULIEN

© 2018 AFP