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La Banque mondiale accusée d'avoir été injuste avec le Chili de Michelle Bachelet

© Christian Miranda, AFP (archives) | La présidente chilienne Michelle Bachelet a demandé une enquête sur l'intégrité du rapport de la Banque mondiale sur l'attractivité des pays.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 15/01/2018

L'attractivité du Chili aurait été volontairement abaissée par la Banque mondiale pour donner une mauvaise image de l'action économique de la socialiste Michelle Bachelet à la présidence, selon l'économiste en chef de l'institution.

La Banque mondiale aurait tapé injustement sur le bilan économique du Chili pendant des années.

Paul Romer, économiste en chef à la Banque mondiale, a affirmé vendredi 12 janvier que l'arrivée au pouvoir, en 2014, de la socialiste Michelle Bachelet avait coïncidé avec le début d’une dégringolade du Chili au classement des pays où il fait bon faire des affaires, une référence pour les investisseurs. Il est passé de la 35e à la 55e place, alors qu’il avait été en progression constante depuis 2010, date à laquelle le conservateur Sebastian Pinera avait pris les rênes du pouvoir.

Donner une mauvaise image du Chili

Qu'un gouvernement de droite réforme un pays dans un sens plus favorable aux investisseurs n'a rien d'étonnant… a priori. Mais Paul Romer attribue plutôt ce mouvement de yo-yo au classement à l’intégration, sous l'ère Bachelet, de critères économiques pensés pour donner une mauvaise image de la politique économique du Chili.

Chaque pays est, en effet, évalué à l’aune de multiples facteurs, comme la qualité des infrastructures ou encore la facilité d’obtenir des crédits. Dès lors que Michelle Bachelet est arrivée au pouvoir, le Banque mondiale a ajouté des critères, anodins en apparence, mais qui ont tous joué en défaveur du Chili. Depuis 2015, par exemple, la prise en compte des délais auxquels est soumise une entreprise pour payer ses impôts et autres taxes. Une catastrophe pour le Chili : cette simple inclusion a fait chuter le pays de la 33e place des États administrativement les plus accueillants à la 120e place.

"Je veux m'excuser personnellement auprès du Chili, et des autres pays qui auraient pu être affectés par ces changements", a déclaré Paul Romer au Wall Street Journal. Un mea culpa qui n'a pas suffi à Michelle Bachelet, qui quittera le pouvoir en mars et cédera sa place à Sebastian Pinera. La présidente s'est dite "très préoccupée", samedi 13 janvier, par ces révélations et a appelé à une "enquête approfondie" de la Banque mondiale pour rectifier les résultats du classement.

Bataille d'économistes

Ce n'est pas qu'une question de principe. Ce classement annuel a un impact économique réel. Des multinationales s’y réfèrent pour décider, par exemple, dans quel pays d’une région installer leur filiale et les investisseurs s’en inspirent pour miser sur tel ou tel pays. Le décrochage du Chili depuis quatre ans a ainsi permis au Mexique de passer en tête des pays les plus attractifs d'Amérique latine. En matière d'investissement, le premier rafle souvent toute la mise, ne laissant que quelques miettes, au mieux, au deuxième. Une multinationale qui cherche à mettre un pied en Amérique latine, par exemple, ne va y installer qu’un siège régional, pas deux. Le Chili est ainsi peut-être passé à côté de centaines de millions de dollars d’investissements étrangers.

Santiago peut être d’autant plus remonté contre la Banque mondiale que "d'après les critères qui étaient retenus avant 2014, les conditions économiques au Chili ne se sont pas du tout détériorées", affirme Paul Romer.

>> À lire aussi : "Michelle Bachelet n'a pas su répondre aux attentes des Chiliens"

Une analyse avec laquelle Augusto Lopez-Claros, responsable de l'établissement de ce controversé classement, n'est pas du tout d’accord. Il a déclaré ne rien regretter aux modifications apportées à la manière de calculer l'attractivité des pays. "La progression du Mexique et le recul du Chili n’ont rien de surprenant", affirme cet économiste chilien. Il rappelle que Mexico a voté huit réformes économiques d’envergure, tandis que le Chili n'en a adopté que deux. "Les changements à la manière de noter les pays s’appliquent à tous les pays et n’ont pas été faits avec un pays particulier en tête", a assuré Augusto Lopez-Claros.

La Banque mondiale a refusé de trancher dans ce débat entre son économiste en chef et le responsable de son très influent classement. D'un côté, elle a rappelé, dimanche 14 janvier, que ce rapport reposait sur des "données vérifiables", mais de l'autre, elle a décidé de faire un audit externe des résultats obtenus pour le Chili.

Première publication : 15/01/2018

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