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FRANCE

Migrants : opération déminage pour Emmanuel Macron à Calais

© Andreas Solaro, AFP | Emmanuel Macron, jeudi 11 janvier 2018, à Rome.

Texte par Romain BRUNET

Dernière modification : 16/01/2018

Vivement critiqué depuis plusieurs semaines pour sa gestion des migrants, le président de la République se rend à Calais, mardi, dans le but de reprendre la main avant la présentation, fin février, du projet de loi asile et immigration.

C’est un déplacement particulièrement attendu pour Emmanuel Macron. Afin d'éteindre un début d'incendie au sein de la majorité provoqué par une politique jugée trop dure vis-à-vis des migrants, il s’agira essentiellement, mardi 16 janvier à Calais, de faire de la communication.

Le chef de l’État est en effet critiqué sur sa gauche et dans son propre parti pour avoir mis en place une politique très stricte en matière de gestion des migrants. La "circulaire Collomb" du 12 décembre organisant le recensement des migrants dans les centres d’hébergement d’urgence a particulièrement été visée. Le secteur associatif a ainsi déposé le 11 janvier une requête au Conseil d’État pour réclamer l’annulation de cette circulaire, Médecins du Monde prenant notamment à partie Emmanuel Macron sur Twitter, tandis que la une de L’Obs du 10 janvier, titrée "Bienvenue au pays des droits de l’homme", enflammait un peu plus le débat.

"C'est un devoir moral, politique et je ne cèderai rien", a affirmé le chef de l’État au sujet du droit d’asile, lors de ses vœux du 31 décembre. Avant de toutefois préciser que "nous ne pouvons accueillir tout le monde et nous ne pouvons le faire sans qu'il y ait des règles".

Alors que le projet de loi asile et immigration sera présenté en conseil des ministres fin février, c’est donc ce "discours d’équilibre" entre "humanité" et "efficacité" qui sera répété mardi, selon l’Élysée.

Dernière étape avant de franchir la Manche pour rallier le Royaume-Uni, la ville de Calais est emblématique de la crise migratoire en Europe depuis une vingtaine d’années et est devenue un passage obligé pour tout président de la République, et ce quelle que soit son étiquette politique.

Pour L’Auberge des migrants, "un alibi pour des projets déjà bien établis"

Emmanuel Macron rencontrera les différents acteurs du dossier : élus locaux, forces de l’ordre, acteurs économiques et associations humanitaires – même si deux associations très actives sur le terrain, L’Auberge des migrants et Utopia 56, ont décliné l’invitation, y voyant "juste un alibi pour des projets déjà bien établis", selon François Guennoc, de l’Auberge des migrants.

Mais pour répondre aux critiques sur l’accueil des migrants, l’objectif sera surtout, mardi, de mettre en valeur le volet "humanité". Ce n’est donc pas un hasard si le chef de l’État se rendra dans la matinée à Croisilles, dans l’un des trois Centres d’accueil et d’examen de situation (CAES) mis en place dans la région depuis la fin de l’été. Ces CAES permettent, selon l’Élysée, de proposer "à chaque migrant une solution d’hébergement" et le traitement administratif de leur dossier. Cette visite avec caméras devrait offrir les images d’un Emmanuel Macron humain, discutant avec des migrants et un personnel pleinement investi.

>> À voir : Les associations dénoncent la "circulaire Collomb"

Le discours à l’Hôtel de Ville de Calais sera une autre occasion pour Emmanuel Macron de tenter de rassurer son aile gauche. Il ciblera notamment les forces de l’ordre, régulièrement mises en cause par les ONG pour une utilisation excessive de la force. "Le président de la République leur dira qu’ils doivent être exemplaires dans leurs interventions et dira qu’il souhaite des sanctions en cas de faute", affirme son entourage.

Côté "efficacité", l’Élysée assure que la situation s'est "améliorée à Calais ces derniers mois" même si elle "n'est pas encore stabilisée". Les migrants ne sont plus qu'"entre 350 et 500", essentiellement venus de la Corne de l'Afrique (Éthiopie, Érythrée) et d'Afghanistan, contre près de 8 000 avant le démantèlement de la Jungle il y a quatorze mois. "Il n'y a plus de bidonville et les forces de l'ordre ont l'ordre de procéder systématiquement au démantèlement des campements sauvages", ajoute l’entourage du chef de l’État. Par ailleurs, "la frontière est mieux contrôlée" avec 115 000 tentatives d'intrusion en 2017, soit 50 000 de moins que l'année précédente, selon la présidence.

>> À voir : Circulaire sur les migrants, malaise dans la majorité ?

Enfin, le timing de la visite du président français à Calais a été soigneusement étudié. Celle-ci intervient deux jours avant le sommet franco-britannique de Sandhurst, au sud du Londres, prévu jeudi 18 janvier. Emmanuel Macron compte demander à Theresa May une révision des accords du Touquet, qui fixent depuis 2004 la frontière à Calais. La France souhaite obtenir "des mesures concrètes" pour une meilleure prise en charge des mineurs isolés et pour le financement de la sécurisation du terminal transmanche et du port de Calais, selon l'Elysée.

Première publication : 15/01/2018

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