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Grands titres, débats, éditos et histoires du jour... Nos chroniqueurs passent en revue la presse française et la presse internationale. Du lundi au vendredi à 7h20 et 9h20.

Dernière modification : 15/01/2018

Catherine Deneuve : "Je suis une femme libre"

© Capture d'écran France 24

Au menu de cette revue de presse française du lundi 15 janvier : le mouvement social en Tunisie, sept ans après la chute de Ben Ali ; la réponse de Catherine Deneuve à la polémique sur la tribune qu’elle a cosignée il y a une semaine, et une affaire de harcèlement sexuel présumé au FN, dont les victimes seraient des jeunes gens.

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À la une de la presse française, ce matin, «le retour de flamme social en Tunisie».

Sept ans après la révolution du Jasmin, et la chute de Ben Ali, près d’un millier de personnes se sont réunies avenue Bourguiba, à Tunis, là-même où s’était manifesté «un puissant mouvement populaire, mû par la soif de justice sociale et de libertés» en janvier 2011. Une mobilisation pour dire «non» au coût de la vie et à la politique d’austérité du gouvernement, qui accuse les «partis anarchiques de gauche d’inciter au chaos». Aujourd'hui encore, «la question sociale reste la faille de la transition démocratique», prévient L’Humanité, qui évoque un «malaise réel et palpable» à-travers la Tunisie. Un malaise dont témoigne aussi l’envoyée spéciale de France 24, dont vous pouvez retrouver le reportage sur notre site. Avenue Bourguiba, elle a notamment rencontré hier Ousama Najar, venu avec plusieurs dizaines de camarades plaider sa cause. Titulaire depuis 2017 du Capes, le concours d'État qui ouvre normalement la voie à l'enseignement, ce jeune-homme de 25 ans est toujours au chômage. «Certes, c'est un jour de fête aujourd'hui, nous sommes heureux, mais nous avons des choses à demander. Avec la révolution, on a beaucoup gagné au niveau politique, au niveau des libertés individuelles. Les médias sont libres, la société civile est libre, les organisations sont libres. Mais d'un point de vue économique, rien n'a changé», assure-t-il.

 

Un sentiment partagé par le spécialiste du monde arabe Gilbert Achar, interrogé par Libération. Selon lui, cette nouvelle révolte tunisienne était «tout à fait prévisible» dans la mesure où «tous les ingrédients de l’explosion de 2010-2011 sont encore là», et notamment le problème du chômage des jeunes, qui se serait même aggravé. Ce spécialiste, qui annonce «une seconde vague de protestation régionale» en Tunisie, mais aussi au Maroc et au Soudan, et même en Iran, affirme que «tous ces événements ont pour dénominateur commun l’application des mesures recommandées par le FMI : la réduction des dépenses publiques, la diminution des effectifs de l’administration, ou encore la suppression des subventions sur le carburant ou les produits de base». S’agissant de la Tunisie, il relève aussi ce paradoxe sur le plan politique : la révolution de 2011, qui fut une révolution de jeunes, a produit le président le plus vieux au monde, Béji Caïd Essebsi, 91 ans. «Il y a quelque chose qui cloche !», dit-il. «Sans même parler d’âge, c’est un homme de l’ancien régime, qui applique les mêmes méthodes, avec les mêmes cercles du passé. Avec Ben Ali, les Tunisiens ont éliminé la partie émergée de l’iceberg».

 

L’ex-président Ben Ali et ses proches ont majoritairement trouvé refuge en Arabie saoudite. Le Monde relève que l’ex-dictateur n’est pas inquiété par la justice, alors qu’un mandat d’arrêt international et deux demandes d’extradition ont été émis par Tunis contre l’ancien couple présidentiel. Une situation que le journal explique par le refus de Riyad d’extrader les ressortissants musulmans, au nom de l’hospitalité. Le Monde rappelle aussi que si aucun membre du clan Ben Ali n’a repris de fonctions de premier plan en Tunisie, un membre sur cinq du gouvernement actuel a été ministre, ou assumé une fonction dirigeante de l’ancien parti unique. Le projet de loi visant à exclure de la vie politique les personnes considérées comme des ex-soutiens de Ben Ali n’a quant à lui jamais été voté.

 

Autre grand titre du jour : la réponse de Catherine Deneuve à la polémique provoquée par la tribune qu’elle a cosignée, il y a une semaine, sur la liberté, pour les hommes, d’«importuner» les femmes au nom de la liberté sexuelle. Fine cigarette à la main, fumée aux lèvres, l’actrice pose à la une de Libération. «Je suis une femme libre et je le demeurerai», défie-t-elle. Si Catherine Deneuve «présente (ses) excuses» aux «victimes d’actes odieux qui ont pu se sentir agressées» par cette tribune, elle maintient que «rien dans ce texte ne prétend que le harcèlement a du bon», n’hésitant pas, au passage, à régler ses comptes avec certaines de ses cosignataires, dont elle fustige «l’incontinence verbale», et avec une partie des féministes, accusées implicitement de nourrir «cette caractéristique de notre époque où chacun se sent le droit de juger, d’arbitrer, et de condamner». À travers ces propos, Catherine Deneuve vise en particulier les mouvements «MeToo» et «BalanceTonPorc», dont la militante féministe Caroline De Haas est l’une des figures de proue. Un débat résumé par Le Figaro à une «guerre des féminismes» et au réveil d’une «vieille querelle autour du féminisme français, régulièrement mis en procès pour sa tiédeur».

 

Le harcèlement sexuel ne touche pourtant pas que les femmes, comme en témoigne cette affaire qui secoue actuellement le Front national. Bruno Bilde, un élu du Pas-de-Calais, est accusé de harcèlement sexuel par plusieurs anciens assistants parlementaires, dont Mickaël, qui dit l’avoir rencontré pour la première fois en septembre 2011, alors qu’il avait 20 ans. «La première chose qu’il m’a dite, c’est : 'Tu as un beau cul'. Pas bonjour, rien. Je ne l’avais jamais vu de ma vie, il ne savait même pas qui j’étais». Des propos déplacés, que l’élu aurait répétés au cours des années suivantes, alors deux autres jeunes gens disent avoir eux aussi avoir été harcelés. Mickaël n’avait pas osé parler, jusqu’en novembre dernier. «Si vous avez le malheur de l’ouvrir, vous risquez votre place. Alors, vous baissez la tête, vous fermez les yeux, et vous faites comme si de rien n’était». Aujourd’hui encore, il dit ne pas espérer grand-chose de la médiatisation de son témoignage, en l’absence de preuves et de témoignages d’autres personnes acceptant de confirmer le sien. Contacté par Libération, l’entourage de Bruno Bilde parle de «mensonges».

 

Retrouvez tous les matins sur France 24 la Revue de presse française (du lundi au vendredi, 6h23-7h10-10h40 heure de Paris) et la Revue de presse internationale (du lundi au vendredi à 9h10 et 13h10). Suivez également tous les week-ends en multidiffusion la Revue des Hebdos.

 

Par Hélène FRADE

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