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Afrique

En Guinée équatoriale, la hantise du coup d’État

© Issouf Sanogo, AFP | Le président de Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema en 2012.

Texte par Florence RICHARD

Dernière modification : 17/01/2018

Dans un entretien à RFI et France 24, le président de Guinée équatoriale demande à la France son aide pour enquêter sur le coup d’État avorté dans le pays en décembre. Le dirigeant en aurait déjoué une dizaine depuis sa prise de pouvoir en 1979.

Fin décembre, la Guinée équatoriale affirmait avoir échappé à un nouveau coup d’État, mené par un groupe de mercenaires étrangers originaires du Tchad, du Soudan et de Centrafrique. Ils cherchaient à "attaquer le chef de l'État qui se trouvait dans le palais présidentiel de Koete Mongomo pour les fêtes de fin d'année", selon les autorités.

Le président Teodoro Obiang Nguema, 75 ans, vit dans la crainte permanente d’un renversement depuis son accession à la tête du pays en 1979, quand il a chassé du pouvoir son oncle, Macias Nguema, qui sera ensuite exécuté.

Une dizaine de coup d’État déjoué

Depuis, Teodoro Obiang Nguema affirme avoir déjoué au moins dix tentatives de putsch ou d'assassinat, dont quatre entre 1983 à 1988. Le plus retentissant a eu lieu en 2004 : un ex-officier des forces spéciales britanniques SAS, Simon Mann, avait été arrêté avec 61 autres mercenaires présumés en 2004 à Harare, la capitale du Zimbabwe, où il récupérait des armes avant de rejoindre Malabo. Après un procès fortement médiatisé et mis en scène par le pouvoir, l’accusé a été condamné à trente-quatre ans de prison, avant d’être gracié quelques semaines avant la présidentielle de 2009.

Interrogé par France 24, Florent Gell, responsable de la section Afrique la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) décrypte cette appréhension d’un coup d’État par "une série de facteurs". "Lui-même est arrivé au pouvoir par ce biais. Il connait la méthode, et il en a peur", affirme-t-il. "La Guinée équatoriale est par ailleurs un pays riche qui profite de la manne pétrolière, fermé, non démocratique, ce qui limite les modes d’accession au pouvoir. Ensuite, le fait que Teodoro Obiang Nguema avance en âge fait craindre une transmission héréditaire du pouvoir, jusque dans son propre parti".

>> À voir : "La tentative de coup d'État en Guinée équatoriale a commencé en France", affirme Obiang

"Il craint évidemment ce qui est arrivé à son prédécesseur", abonde Philippe Hugon, directeur de recherche à l’IRIS, en charge de l’Afrique, interrogé par France 24. "On est là face à un régime particulièrement autoritaire, un pouvoir absolu détenu par Obiang et sa famille qui captent la rente pétrolière. Dans ces conditions, dans ce pays où se côtoient une grande richesse mais aussi une pauvreté extrême, il est évidement que le régime craint un coup d’État."

Impossible pour Malabo d’affirmer pour l’heure qui a fomenté cette énième tentative de déstabilisation. "Je ne suis pas, en ce moment, en mesure de citer des personnes. Je demande la collaboration du gouvernement français pour faire l’enquête. D’après les éléments que j’ai en ce moment, le financement venait de certaines personnalités de la France", a affirmé dans un entretien exclusif accordé à France 24 et RFI, le président Teodoro Obiang Nguema, qualifiant de "terroristes" les membres du commando, dont certains ont d’ores et déjà été interpellés.

"En tirer les bénéfices"

À chaque tentative de putsch qui échoue, le régime répond par la répression, opérant une purge dans l'armée, comme en 2002, ou en accusant l'opposition d’en être responsable, comme en 2004. Concernant le coup d’État de décembre 2017, Teodoro Obiang Nguema a mis en cause des "militants de partis d'opposition radicale". Le parti CI, premier opposant dans le pays, qui a récolté 5 % des suffrages aux dernières élections et dénonce depuis des arrestations en masse, a réfuté ces accusations et dénonce un "montage".

>> À voir : l'incroyable patrimoine de Teodorin Obiang

Réel danger ou moyen de légitimer la répression ? Pour Florent Geel, la communication autour de ces tentatives de coups d’État est un moyen pour le président de s’imposer sur la scène africaine et d'exister sur la scène internationale. "D’une aventure un peu abracadabrante, Obiang cherche à en tirer un maximum de bénéfices et à dramatiser la situation en évoquant un complot terroriste mondial. Dans ce cas, il a réussi à mettre un coup d’arrêt à la libre-circulation dans la Cemac (la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale, NDLR) et à prendre ainsi le contrôle sur la frontière avec le Cameroun, en verrouillant l’accès. Il peut ainsi affirmer : 'Si je ne les contrôle pas, je m’expose à un coup d’État'."

Première publication : 17/01/2018

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