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Economie

États-Unis : la générosité en trompe-l'œil d'Apple

© Justin Sullivan, AFP | Tim Cook, lors de l'ouverture d'un Apple Store à San Francisco, le jour du lancement de l'iPhone X

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 18/01/2018

La firme à la pomme a annoncé qu'elle allait contribuer à l'économie américaine à hauteur de 350 milliards de dollars (286 milliards d'euros) sur cinq ans. Un chiffre choc qu'il convient de nuancer.

C'est une pluie de dollars qu'Apple a promis de faire tomber sur l'économie américaine dans les années à venir. Tim Cook, le PDG du groupe, a annoncé, mercredi 17 janvier, que la marque à la pomme allait injecter 350 milliards de dollars sur cinq ans dans la machine à produire américaine, ce qui permettrait de créer 20 000 nouveaux emplois.

"C'est un nouveau plan Marshall pour les États-Unis", a commenté Jim Cramer, le chroniqueur économique de la chaîne CNBC, faisant référence au plan américain d’investissements en Europe après la Seconde Guerre mondiale.

L’annonce du montant a aussi mis le président américain Donald Trump en joie. "Grande victoire pour les travailleurs américains", a-t-il déclaré sur Twitter. Le locataire de la Maison Blanche avait fait d'Apple l'une de ses cibles favorites durant sa campagne électorale, critiquant le manque supposé de "patriotisme" du créateur de l'iPhone, qui garde 96 % de son argent en dehors des États-Unis et fait fabriquer la plupart de ses produits en Chine. L'annonce de Tim Cook donne l'impression qu'il a entendu l'appel de Donald Trump – "Make America Great Again".

Opportunité fiscale

Tim Cook a d'ailleurs présenté son plan d'investissement comme un hommage "au made in America". "Notre succès n'aurait pu exister ailleurs qu’aux États-Unis et nous sommes fiers de continuer à soutenir l’économie américaine", a-t-il écrit dans un communiqué mis en ligne.

Mais, en réalité, cette promesse d’investissement correspond surtout à une opportunité pour Apple, et n'est pas aussi généreuse qu'elle paraît. L'argent provient avant tout d'un gros chèque de 38 milliards de dollars que le groupe californien va faire au fisc américain.

Apple a, en effet, décidé de saisir l'opportunité d'un cadeau fiscal que l'administration Trump va faire à toutes les multinationales américaines qui détiennent des fonds à l'étranger. Une nouvelle mesure permet à ces géants de payer une taxe unique de 15 % sur leurs avoirs en dehors du territoire pour pouvoir les rapatrier quand bon leur semble. Auparavant, ces grands groupes devaient verser un impôt de 35 % sur chaque opération de retour de fonds au bercail américain.

La "générosité" d'Apple permet à Tim Cook d'économiser, en réalité, 40,6 milliards de dollars. Le groupe américain attendait depuis longtemps une opportunité pour régler le casse-tête fiscal posé par les 252,3 milliards de dollars qu’il détient à l’étranger. Il refusait de payer un impôt de 35 %, mais les investisseurs ne voyaient pas d’un bon œil ce trésor de guerre immobilisé loin du sol américain.

Nouveau siège social et centres de données

Le reste des investissements dans l’économie américaine provient essentiellement de l’argent versé aux développeurs d’applications pour l'App Store. Apple leur paye environ 55 milliards de dollars par an et prévoit de continuer sur ce rythme dans les années à venir. Les 275 milliards de dollars qui seront ainsi dépensés en cinq ans font partie de pratiques déjà en place.

Ce qui est nouveau en revanche, ce sont les 30 milliards de dollars que le groupe compte dépenser pour construire un nouveau siège social et des centres de données, ainsi que 5 milliards de dollars qui seront versés à un fonds d’innovation industriel.

S’il ne fait aucun doute qu’Apple constitue un atout important pour l’économie américaine, l’annonce de Tim Cook n'a rien d'un "nouveau plan Marshall". Le groupe prouve simplement qu’il est adepte du précepte catholique qui veut que charité bien ordonnée commence par sa pomme.

Première publication : 18/01/2018

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