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Trump affiche son soutien aux militants anti-avortement

© AFP/Archives | Défilé annuel des opposants à l'avortement, ici celle du 27 janvier 2017. Cette année Donald Trump doit s'adresser à la foule, qui compte de nombreux supporters du président

WASHINGTON (AFP) - 

Des milliers de militants contre le droit à l'avortement ont rendez-vous vendredi à Washington pour un rassemblement annuel baptisé "Marche pour la vie", au cours duquel Donald Trump interviendra par lien vidéo, une grande première.

Quelques centaines de mètres seulement sépareront M. Trump, qui s'exprimera à 17H15 GMT depuis la roseraie de la Maison Blanche, et les manifestants réunis sur l'esplanade du National Mall. Mais la parole présidentielle se fera entendre par écran géant interposé à destination de cet électorat conservateur crucial.

Trump est "le président le plus pro-life de l'histoire américaine", a assuré jeudi le vice-président Mike Pence, en utilisant l'expression revendiquée par les opposants au droit à l'interruption volontaire de grossesse (IVG).

M. Pence était devenu l'an dernier le premier vice-président américain à assister à la "March for Life", un grand défilé annuel des militants "pro-life", composés pour beaucoup de chrétiens traditionalistes.

Donald Trump, plusieurs fois divorcé et qui par le passé s'est dit en faveur du droit à l'avortement, n'est pas un leader évident pour les opposants à l'IVG. Mais ceux-ci sont bien conscients d'avoir marqué des points grâce à lui ces douze derniers mois.

Le discours vidéodiffusé de M. Trump sera le premier d'un président en exercice. De précédents présidents républicains, comme Ronald Reagan et George W. Bush, se sont adressés aux marcheurs par téléphone.

La "Marche pour la vie" marque un anniversaire considéré comme funeste par ses participants: "Roe v. Wade", l'arrêt emblématique de la Cour suprême qui a légalisé l'avortement le 22 janvier 1973 dans tous les Etats-Unis.

- Plus de 40 ans de lutte -

Chaque année depuis 1974, les militants anti-avortement marchent donc aux alentours de cette date du National Mall jusqu'à la Cour suprême, dont ils espèrent un revirement historique sur "Roe v. Wade".

Ils savent que si Donald Trump se retrouvait en position de nommer à la haute cour un deuxième juge conservateur au cours de son mandat, ce rêve pourrait devenir réalité.

En attendant, avec une Maison Blanche, des dizaines d'Etats et un Congrès contrôlés par les opposants à l'avortement, leur cause progresse à coups de petites victoires.

Le gouvernement américain a ainsi annoncé jeudi créer une nouvelle division ministérielle consacrée aux libertés de conscience et religieuse, qui soutiendra les médecins, infirmières et autres personnels médicaux refusant d'accomplir certains soins qu'ils estiment contraires à leurs convictions.

Cette division offrira notamment un appui aux professionnels de santé qui ne veulent pas être associés aux avortements ni s'occuper de personnes transgenres.

Cette initiative inquiète des associations, qui redoutent une discrimination dans l'accès aux traitements médicaux dont pourraient souffrir certaines catégories de la population.

"Personne ne devrait se voir refuser des soins, y compris un avortement sûr et légal", a réagi l'organisation de planning familial Planned Parenthood.

"Le gouvernement met les bouchées doubles pour légaliser la discrimination à l'encontre des femmes et des LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et trans), au nom de la religion", a pour sa part dénoncé Louise Melling, une responsable juridique de l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU).

© 2018 AFP