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Les retours de Rohingyas ne débuteront pas dans les délais prévus

© AFP / Par Annie BANERJI, avec Shafiqul ALAM à Dacca | Des enfants rohingyas réfugiés au Bangladesh pêchent dans le camp de Thankhali, le 21 janvier 2018

COX'S BAZAR (BANGLADESH) (AFP) - 

Les retours de réfugiés rohingyas en Birmanie ne débuteront pas dans les délais prévus à l'origine, a indiqué lundi le Bangladesh, alimentant de sérieuses interrogations autour de ce programme de rapatriements.

En vertu d'un accord signé le 23 novembre dernier entre Dacca et Naypyidaw, qui concerne potentiellement 750.000 réfugiés au Bangladesh, les premiers rapatriements auraient dû avoir lieu "sous deux mois". Soit le 23 janvier au plus tard.

Or, côté bangladais, le processus pour respecter cette date limite était loin d'être abouti.

"Nous n'avons pas fait les préparatifs nécessaires pour renvoyer les gens à partir de demain. Il faut encore beaucoup de préparation", a déclaré à l'AFP Abul Kalam Azad, responsable du département d'aide aux réfugiés et de rapatriement du Bangladesh.

Les autorités doivent encore, entre autres, construire des centres de transit et transmettre à la Birmanie une liste de réfugiés pour vérification.

"Sans finir tout cela, nous ne pouvons pas renvoyer brusquement ces gens. Ce travail est en cours", a assuré M. Azad.

Une marée humaine a submergé à l'automne dernier le Bangladesh, pays parmi les plus pauvres de la planète, déclenchant l'une des plus graves crises humanitaires de ce début de XXIe siècle en Asie.

Près d'un million de musulmans rohingyas se trouvent actuellement dans de gigantesques camps de réfugiés du sud. Environ 655.000 d'entre eux ont fui la Birmanie depuis fin août 2017 pour échapper à une campagne militaire considérée par les Nations unies comme une épuration ethnique.

Le programme de retours de Rohingyas est considéré avec circonspection par les experts et les ONG. Ceux-ci estiment que les conditions ne sont pas réunies pour une résolution des tensions dans l'Etat Rakhine en Birmanie et demandent que les rapatriements s'effectuent uniquement sur la base du volontariat.

Nombre de réfugiés au Bangladesh ont indiqué qu'ils ne comptaient pas en l'état revenir en Birmanie, qu'ils ont fuie en apportant avec eux des récits de massacres, viols collectifs et incendies de villages.

- Camps côté birman -

Les inquiétudes portent notamment sur la situation actuelle en Birmanie, où des centaines de villages rohingyas ont été rasés par des soldats et des manifestants bouddhistes. Certains craignent que de nombreux réfugiés rohingyas ne soient durablement parqués dans des camps.

Dans un communiqué diffusé sur Twitter ce week-end, l'Armée du salut des Rohingyas de l'Arakan (ARSA), un groupe rebelle armé, a estimé que la "proposition de retour malhonnête et déloyale" aboutira à l'enfermement des Rohingyas dans des "camps prétendument temporaires (...) au lieu de leur permettre de se réinstaller sur leurs terres et dans leurs villages ancestraux".

Plus grande population apatride du monde depuis qu'ils ont été privés de la nationalité birmane en 1982, sous le régime militaire, les Rohingyas sont victimes de nombreuses discriminations dans une Birmanie à plus de 90% bouddhiste.

Ils n'ont pas de papiers d'identité et ne peuvent pas voyager ou se marier sans autorisation. Ils n'ont accès ni au marché du travail ni aux services publics comme les écoles et les hôpitaux.

Plusieurs programmes de retours de Rohingyas du Bangladesh à la Birmanie ont déjà eu lieu au cours des trois dernières décennies, sans pour autant faire cesser le cycle violences-exode qui a atteint cette fois-ci une ampleur inégalée.

Par Annie BANERJI, avec Shafiqul ALAM à Dacca

© 2018 AFP