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Les Grammys à New York, dernier chapitre de la rivalité entre côte Est et côte Ouest

© Christopher Polk, AFP | L'artiste Logic sur la scene du Madison Square Garden, le 28 janvier à New York.

Texte par Charlotte OBERTI , correspondante à New York

Dernière modification : 29/01/2018

Après 15 ans passés à Los Angeles, les Grammy Awards ont été organisés dimanche à New York. Une preuve de plus, selon son maire, que la ville de la côte est des États-Unis est le "centre de l'univers musical". Mais l'est-elle vraiment ?

Le temps où les rappeurs Tupac et Notorious B.I.G., respectivement basés en Californie et à New York, se faisaient la guerre est révolu. Mais si il n’y a plus de querelles entre les industries musicales de la côte Ouest et de la côte Est, les autorités des deux villes américaines font, elles, toujours office de concurrentes dans le secteur de la musique.

Pour la première fois depuis 15 ans, la 60e cérémonie des Grammy Awards s’est tenue, dimanche 28 janvier, au Madison Square Garden de New York, et non à Los Angeles. Un événement dont le maire, Bill de Blasio, n’avait pas hésité à se vanter au cours des derniers mois. "Il y a une petite compétition entre nous et Los Angeles, oui, mais quand il s’agit de musique, il ne peut pas y avoir de comparaison", avait-il déclaré, triomphant, en mars 2017, au terme de deux ans de négociations pour accueillir "la plus grosse soirée de la musique". "New York est le centre de l’univers musical."

>> À lire aussi : Bruno Mars rafle six récompenses aux Grammy Awards

Toutefois, depuis 1998 – date d’une dispute entre le maire de New York de l’époque, Rudy Giuliani, et le président de l’académie des Grammys, Michael Greene –, la Grosse Pomme n’a pu accueillir la cérémonie qu’une seule fois, en 2003. "L’industrie musicale des États-Unis se trouvera toujours sur les deux côtes du pays", commente Daniel Charnas, professeur à la New York University et producteur de musique. "Mais je pense que le centre de gravité du monde de la musique s’est déplacé à Los Angeles, car c’est désormais là que se trouvent les cadres de l’industrie."

Face à cette réalité, la ville de New York craint de perdre ses raisons de fanfaronner, en même temps qu’un colossal apport financier. Selon des estimations se basant sur les répercussions financières pour Los Angeles après la tenue des Grammys, l’événement pourrait rapporter 200 millions de dollars à l’économie locale de New York en 2018. Le marché de l’industrie musicale américaine a quant à lui rapporté 7,65 milliards de dollars en 2016, selon la Recording Industry Association of America (RIAA).

"Capitale de la musique" vs "capitale de la créativité"

La mairie de New York a donc entrepris depuis deux ans de bichonner cette industrie, véritable poule aux œufs d’or. En 2016, Bill de Blasio a nommé Julie Menin à la tête de la commission des nouveaux médias et du divertissement, qui a co-créé le "New York Music Month", une série d’événements musicaux organisés chaque année en juin. Une nouvelle addition à un secteur qui emploie 60 000 personnes et rapporte 21 milliards de dollars, selon une étude du Boston Consulting Group publiée en 2017 et commissionnée par la mairie. Autre preuve de vitalité : en 2015, plus de 5 millions de tickets de concert ont été vendus à New York, plus que les villes de Los Angeles, Chicago et Nashville combinées.

Toutefois, toujours selon le rapport du Boston Consulting Group, les chiffres concernant les petites salles de concert new-yorkaises sont moins encourageants. En 15 ans, plus de 20 % de ces salles ont mis la clé sous la porte, victimes de la hausse des prix dans cette ville qui fut le berceau de genres musicaux tels que la salsa, le disco et le hip-hop. "Il faut compter 1 million de dollars pour ouvrir une salle pouvant accueillir entre 100 et 300 personnes à New York", peut-on lire dans le rapport pour expliquer ce phénomène.

La hausse du coût de la vie et des prix de l’immobilier peuvent également représenter une ombre au tableau pour certains artistes. En 2014, le chanteur Moby avait justifié, dans les colonnes du Guardian, son choix et celui de tous ses amis artistes de quitter New York lassé par son "culte de l’argent et du succès". La star s'était installée à Los Angeles, où règnait un esprit "créatif".

Un argument qui ne fait pas mouche pour Julie Menin, rapporte le New York Times. Selon elle, l'idée que l’industrie musicale est en train d’abandonner New York ne correspond pas à la réalité dépeinte dans l’étude du Boston Consulting Group. "New York est la capitale de la musique aux États-Unis et dans le monde", avait-elle répété.

Los Angeles, de son côté, a déjà conclu un contrat pour l’organisation des quatre prochains Grammys. "Nous, nous sommes la capitale mondiale de la créativité", a estimé le maire des lieux, Eric Garcetti.

Première publication : 29/01/2018

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