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Amériques

Fausse alerte au missile à Hawaï : le fonctionnaire pensait que l'île était bien menacée

© AFP | Vue de Honolulu, à Hawaï, le 13 janvier 2018.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 31/01/2018

Le fonctionnaire qui a lancé une fausse alerte au missile à Hawaï début janvier, affirme ne pas avoir entendu une mise en garde répétée qu'il s'agissait d'un exercice. Son acte a créé la panique dans l'île américaine.

Il ne s'est donc pas "trompé de bouton". Le fonctionnaire qui a lancé une fausse alerte au missile balistique, et a ainsi semé la panique à Hawaï, était en fait convaincu qu'il ne s'agissait pas d'un exercice et que l'île paradisiaque était bien visée par un vrai engin. Il a été licencié vendredi 26 janvier, a indiqué le chef des forces armées de l'État, le général Joe Logan, au cours d'une conférence de presse mardi 30 janvier.

L'employé de l'Agence de gestion des urgences de Hawaï (Hema, en anglais) affirme ne pas avoir entendu une mise en garde répétée qu'il s'agissait d'un exercice, selon un rapport préliminaire sur les faits du 13 janvier publié par la commission chargée de la régulation des communications (FCC). L'alerte avait été lancée sur tous les téléphones portables et télévisions de l'île.

>> À lire aussi : "Panique à Hawaï : une alerte au missile balistique envoyée par erreur"

Cet employé n'en était pas à sa première erreur et sa performance "était source d'inquiétude depuis dix ans", note le rapport, ajoutant qu'il "était incapable de comprendre la situation qui se présentait à lui et il avait déjà confondu la réalité avec des exercices à au moins deux reprises".

La phrase "Ceci n'est pas un exercice" avait été incluse par mégarde dans l'enregistrement lançant l'exercice, ce qui a poussé le fonctionnaire à lancer une alerte au missile balistique plutôt qu'un simple message test. "Dans les minutes qui ont suivi, des citoyens paniqués ont appelé leur famille pour partager ce qu'ils pensaient être leur dernière conversation, d'autres ont sauté dans les bouches d'égout pour se mettre à l'abri", note le président de la FCC Ajit Pai.

Message crédible

Le message était d'autant plus crédible qu'il a été envoyé à un moment où les tensions entre les États-Unis et la Corée du Nord sont très fortes. Il a fallu 38 minutes aux autorités pour envoyer un nouveau message prévenant qu'il s'agissait d'une fausse alarme. La FCC essaye aussi de comprendre pourquoi il a fallu autant de temps et s'interroge sur l'absence de procédures adéquates pour annuler une fausse alerte dans un délai raisonnable. Le chef de l'Hema, Vern Miyagi, a finalement démissionné mardi, deux semaines après l'incident.

À l'instar de toute catastrophe, celle-ci est le fruit de plusieurs facteurs : erreurs humaines, difficulté de communication et des procédures inadéquates, note la commission. Tout a commencé avec un problème de communication entre le responsable de la vacation de nuit et celui de jour, qui ne se trouvait donc pas sur place au moment de l'exercice.

Le faux message d'alerte du commandement du Pacifique, l'autorité en charge de détecter les missiles nord-coréens, commençait et se terminait par "exercice, exercice, exercice", mais contenait aussi le fameux "ceci n'est pas un exercice" qui a poussé l'un des trois fonctionnaires à l'avoir entendu à lancer une vraie alerte.

Avec AFP

Première publication : 31/01/2018

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